Gurren Lagann
5 décembre 2007 | Par Zak | Publié dans Critiques | 4 commentaires | lu 1 452 fois
Gurren Lagann est en quelque sorte un évènement puisque, cette série de 27 épisodes diffusée cette année, marque le retour sur le devant de la scène de la mythique Gainax. En perdition depuis quelques temps, le studio qui fut responsable de quelques œuvres majeures de l’animation japonaise (Neon Genesis Evangelion en tête) revient avec l’intention de faire une série mécha relevant du jamais vu sur le petit écran. Pas question d’avoir un contenu métatextuel aussi riche que dans Evangelion, non, Gurren Lagann est avant tout une authentique claque visuelle à vous retournez les globes oculaires. Pour cela, la Gainax a débauché Hiroyuki Imaishi, le réalisateur du bordélique Dead Leaves pour Production I.G mais aussi animateur clé sur Evangelion, Mahoromatic et le 6ème film One Piece.

Dans un futur lointain, l’humanité a été forcée à vivre sous terre dans des villages isolés par des envahisseurs nommés Humanoïdes. Simon, un jeune garçon de 14 ans, vit dans un de ses villages et fait parti de l’équipe d’excavateur, chargée d’agrandir le village en creusant dans le sol. Son meilleur ami, qu’il considère comme son grand frère est Kamina, un idéaliste qui rêve d’aller à la surface comme son père jadis. Un jour en creusant, Simon découvre une étrange clé. S’apprêtant à la monter à Kamina, il se retrouve embarqué dans un énième essai voué à l’échec de son ami pour rejoindre la surface. Kamina est alors arrêté et mis en prison, tandis que Simon retourne creuser des galeries et tombe une nouvelle fois sur un objet hétéroclite : un robot pilotable en forme de visage. C’est alors qu’un énorme tremblement de terre perce le plafond et fait tomber un Ganmen, un mécha piloté par un Humanoïde. Kamina décide d’utiliser le robot trouvé par Simon pour combattre l’ennemi… Avec après défait son adversaire, Kamina déclare la guerre contre les Humanoïdes, créé une armée avec les Ganmen piqués à l’ennemi et part botter le derrière de Roi Spiral, chef des Humanoïdes. Rien de transcendant dans ce pitch qui semble photocopié de n’importe quel autre titre du genre. Le schéma est simple tout le long de la série : à chaque épisode un nouvel ennemi à battre, à chaque fois plus balèze que le précédent. Pourtant, le scénario de Kazuki Nakashima (Re : Cutie Honey) s’avère d’une solidité évidente, quand il ne fait pas preuve d’audace en envoyant dans la tronche du spectateur des rebondissements auxquels il ne s’attendait pas forcément. Le 8ème épisode a dû en calmer plus d’un, tandis que le climax final intervient dès le… 15ème épisode. Un choix surprenant qui permet à Nakashima de relancer complètement l’histoire vers des horizons bien plus intéressants et surtout, plus tragiques (je laisse la surprise pour ceux qui n’ont pas vu la série).

Si d’un point de vue narratif Gurren Lagann ne révolutionne rien, c’est bien visuellement que la série de Gainax ridiculise toute la concurrence. Alors que des studios comme Satelight ou Gonzo essayent de plus en plus d’intégrer des CGI (souvent foireuses), Hiroyuki Imaishi et son équipe repousse littéralement les limites de l’animation 2D traditionnelle. Si bien qu’une foule de soit disant fans ne se sont pas privés pour conchier le travail de Imaishi dès le début de la diffusion de la série, entraînant des remous internes au sein de la Gainax et la démission d’un des co-fondateurs du studio (plus d’infos ici). Un accouchement dans la douleur qui n’a pas empêché le réalisateur de mettre à l’écran toute la virtuosité de son équipe d’animateurs. Gurren Lagann enchaîne ainsi des scènes d’action démentielles les unes après les autres, laissant toutefois la psychologie des différents protagonistes en arrière plan (ça reste le gros point faible de la série). Cela n’empêche pas la série de bénéficier des personnages haut en couleurs, tel Kamina, véritable caricature (dans le bon sens) du héros ne reculant jamais devant l’ennemi. Katsuyuki Konishi, le seiyuu s’amuse comme un fou a donné vie et charisme à cette tête brûlée attachante. Mais le vrai héros de Gurren Lagann, c’est Simon, le protégé de Kamina, son petit frère, même s’ils ne sont pas du même sang. Plutôt peureux et timide, Simon devient le pilote du Lagann, la tête de mécha qui peut fusionner avec n’importe quel autre mécha. Enfin, le troisième personnage principal est Yoko, une tireuse d’élite qui n’est pas du genre à jouer le rôle de la demoiselle en détresse. À cela se joint une bande de joyeux lurons sympathiques que l’on dirait plus sorti d’un One Piece que d’un Evangelion. La série joue beaucoup sur l’utilisation des clichés du genre mécha, voir du shônen en général (fan-service, évolution en puissance du héros…) tout en les assumant totalement. Pas question d’être cynique, Gurren Lagann est, en outre, une pure série geek où l’on fait référence à Albator et Goldorak, sans jamais pour autant se moquer d’eux !

Au final, les délires visuels et jusqu’au-boutiste de Tengen Toppa Gurren Lagann rappellent ceux de Gunbuster d’Hideaki Anno. Si la série de Hiroyuki Imaishi ne marquera pas autant les mémoires, elle a le mérite d’aller au bout de ses idées et d’offrir un spectacle quasi-intégral (il suffit de voir le combat final où les deux adversaires se balancent littéralement des planètes dessus). Une chose rare parmi les temps qui courent…
5 décembre 2007 à 09:54 (#)
Merci pour le GROS spoiler à la fin !!
5 décembre 2007 à 10:10 (#)
Je n’appelle pas ça véritablement un spoiler…
10 décembre 2007 à 10:42 (#)
Gurren lagan c’est tous simplement LA grosse claque de cette année avec code geass ! Que vous soyez fan de mécha ou pas, je vous conseille vivement de regardez la série, de plus l’ost et vraiment excellent (ah libera me from hell >_<) Et certaint épisodes vont vous laissez littérallement sur le cul ! (Entre autre 8,25,27 =])
Voila gurren c’est du bon mangez en !
7 janvier 2008 à 02:17 (#)
Sympathique série avec du punch et une qualité graphique certaine.
Mais je trouve que c’est moins interessant après l’épisode 8 et l’absence donc de ce qui me plaisait durant les 8 premiers épisodes…
La troisième et dernière partie de la série (à partir de l’épisode 20 surtout) part trop en live aussi au point que ça n’en est plus du tout aussi plaisant.