Xenosaga : The Animation

22 mai 2006  |  Par Zak  |  Publié dans Critiques  |  lu 27 fois

Shigeyasu Yamauchi à la réalisation et Nobutero Yuki au chara design sur une même série, ça donne clairement envie non ? Pourtant Xenosaga : The Animation, première production de la Toei Animation pour l’année 2005 (studio mythique auquel on doit Saint Seiya ou Dragon Ball) n’est pas la réussite espérée. Non pas que ce soit un ratage total, l’animé garde de très beaux restes (et un dernier épisode qui rattrape presque le tout !), mais venant d’une adaptation de l’univers du célèbre jeu vidéo Xenosaga : Der Wille Zur Macht par une équipe aussi compétente, on était en droit d’avoir bien mieux.

T.C. 4767, une flotte de la Fédération ramène un artefact précieux, Zohar, mais elle est attaquée par les Gnosis, des monstres quasi invincibles. Malgré la résistance désespérée de la 117ème division de marines, le combat semble perdu. C’est alors que KOS-MOS, une androïde et arme anti-Gnosis mise au point par la société Vector, qui était en période de tests sur le croiseur Woglinde, s’éveille d’elle-même brisant ses chaînes de restriction pour venir au secours de son créateur Shion Uzuki. En lisant le pitch de départ, tout peut sembler clair comme de l’eau de roche. Pourtant Xenosaga : The Animation possède un scénario brouillon à la progression laborieuse, voir incompréhensible par moment et laissant au final bien trop de questions en suspens (Gné Zohar ? Gné les origines de KOS-MOS ? Gné tout en fait ?). J’exagère peut être mais condenser une telle saga de science-fiction en seulement 12 misérables épisodes n’aide pas à rendre la narration simple. Étant totalement étranger aux jeux vidéo (Xenogears sur PSone, puis sur PS2, Xenosaga : Der Wille Zur Macht, sa suite Xenosaga 2 : Jenseits Von Gut Und Böse et bientôt Xenosaga 3 : Also Sprach Zarathustra), il est difficile de s’imprégner de l’histoire facilement (mais est-ce que les fans s’y retrouvent au moins ?). Qui plus est, le scénario part dans tous les sens sans véritablement développer une seule chose correctement (la psychologie des personnages ou tout simplement l’histoire racontée à l’écran). Les moins combatifs auront sûrement abandonné avant la fin.

Pourtant ce serait une erreur car l’univers reste indéniablement attrayant. En effet, l’animé s’inspire mutuellement de diverses sagas de science-fiction telles que Star Trek ou Star Wars (le rase motte sur la station spatiale de l’épisode 11 est clairement une référence à l’attaque de l’Étoile de la Mort) tout en essayant de ne pas être une vulgaire copie de ses aînés. Comme dans les deux sagas citées plus haut, Xenosaga : The Animation se permet un design général à la fois soigné et complètement kitch. Les méchas, vaisseaux et même les Gnosis en CGI sont de toute beauté. La séquence de poursuite dans l’hyperespace de l’épisode 4 se révèle être un grand moment de SF. Mais à côté de cela, les costumes des personnages aux couleurs pétantes sont à hurler de rire. Les auteurs se permettent même d’exploiter jusqu’à la moelle ce concept de “kitch attitude” lors de l’épisode 7 où nos héros se retrouvent à l’intérieur d’un monde virtuel et s’amusent à balancer des attaques dignes de Cutie Honey ou Card Captor Sakura (le lapin géant qui tire des lasers des yeux étant le pompon, au moins on ne pourra pas dire que l’humour est absent). Pour en revenir à l’intrigue, celle-ci prend véritablement forme lors des tous derniers épisodes, comme si Yamauchi avait enfin décidé de se concentrer sur une intrigue linéaire (parce qu’avant ça part dans tous les sens sans rien raconter de concret). Notre groupe de héros se retrouve confronté à Albedo, un mégalomane ridicule qui n’arrête pas de rire (plutôt chiant comme toc). Les enjeux sont classiques (détruire de moooonde) mais ils ont le mérite de tenir la route. Parmi les personnages, nous retrouvons Shion, la véritable héroïne dont la psychologie sommaire ne la rend pas particulièrement intéressante (hormis l’ambiguïté de sa relation avec KOS-MOS).

Heureusement, les personnages secondaires rattrapent le tir, tels que KOS-MOS qui malgré une voix impersonnelle, arrivera à nous émouvoir (son entrée dans l’atmosphère à la fin du dernier épisode, LA scène de la série) et dont les aptitudes au combat nous offrent des scènes d’actions vertigineuses. De même, le lieutenant Virgil possède une personnalité plus complexe qu’il n’y paraît. Ce soldat baroudeur qui ne semble avoir peur de rien et qui voue une certaine haine aux Realian (des êtres artificiels), oubliera ses préjugés idiots au combat et démontrera à de multiples reprises son statut de héros. Xenosaga : The Animation est une adaptation imparfaite, c’est évident. Mais la densité de l’univers était impossible à retranscrire en aussi peu d’épisodes. Autre problème, l’animation subit une baisse de qualité en milieu de série, ce qui nous confirme bien que la Toei se fout littéralement de la gueule des spectateurs ces derniers temps (il suffit de voir la suite de Saint Seiya : chapitre Hadès pour s’en convaincre définitivement). Quoi qu’il en soit, la fin étant ouverte, on peut espérer une suite qui corrigera tous les défauts cités ici. Pendant ce temps, Yamauchi a besoin d’argent (sic !) et s’est occupé d’une nouvelle série pour mioches : Kabutomushi Ouji Mushiking, une adaptation d’un jeu d’arcade SEGA destinée aux gamins (qui vient de se terminer au Japon). C’est n’importe quoi !

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