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Xam’d: Lost Memories

19 mars 2009  |  Par Zak  |  Publié dans Critiques  |  7 commentaires  |  lu 3 685 fois

Dernière bombe en date de chez Bones, Xam’d: Lost Memories ou Bônen no Xam’d dans sa version d’origine, n’aura pourtant pas fait grand bruit parmi les otakus (trop occupés par Soul Eater). La faute à une distribution limitée, via un service de diffusion payant uniquement accessible aux détenteurs de PS3 et PSP. Une série réservée à un cercle restreint qui a aussi permit au réalisateur Masayuki Miyaji de garder toutefois une pleine emprise sur son œuvre. L’intégrité artistique est devenue la marque de fabrique du studio Bones au fil des ans, véritable usine à génies. Composée de 26 épisodes, la série fut diffusée entre le mois de juillet 2008 et février 2009. Et si les personnages, le cadre ou le design général évoquent immédiatement Eureka Seven, c’est tout simplement parce qu’une grande partie du staff participe à Xam’d Lost Memories. Masayuki Miyaji, aussi scénariste et storyboardeur, était d’ailleurs l’assistant de Tomoki Kyoda. Toute l’expérience qu’il a pu glanée sur Eureka Seven se retrouve dans sa première réalisation. Au final cela donne… un coup de maître !

Akiyuki Takehara est un jeune lycéen menant une vie tranquille avec sa mère sur l’île de Sentan. Ses parents sont séparés et son père consacre son temps à soigner les habitants dans son cabinet. Bien qu’un conflit fasse rage entre le Gouvernement du Nord et la Zone Libre du Sud, l’île de Sentan n’est guère concernée par les évènements. Un jour, alors qu’Akiyuki se rendait à l’école en bus en compagnie de ses amis Haru et Furuichi, ils sont surpris par un attentat. En effet, une jeune fille au teint pâle et aux cheveux blancs qui se trouvait dans le bus semble en être la cause. L’explosion transmet un étrange pouvoir à Akiyuki qui le transforme en une créature nommée Xam’d. Désormais recherché par l’armée, Akiyuki est contraint de fuir le pays en compagnie d’une étrange jeune femme aux cheveux rouges qui semble avoir un lien étroit avec les Xam’d… Dès les premières notes entraînantes de l’opening Shut up and Explode de Boom Boom Satellites, on se dit que ce Xam’d: Lost Memories va être bien. Qu’une fois encore, les surdoués de chez Bones vont nous emmener dans un monde riche et complexe en compagnie de héros attachants. D’autant plus que le scénario est l’œuvre de pointures : Yûichi Nomura (Mobile Suit Gundam Seed, Eureka Seven, Code Geass) et Megumi Shimizu (Soul Eater, Eureka Seven, Mars Daybreak), auquel on notera aussi les participations d’Hiroshi Ohnogi (Fullmetal Alchemist 2, Eureka Seven, Mobile Suit Gundam Seed) et du réalisateur Masayuki Miyaji. Seulement voilà, une autre sensation, nettement moins positive, nous imprègne dès les premiers épisodes. Le spectre d’Eureka Seven plane tout autour. Le point de départ est quasi identique, avec un jeune héros embarqué dans une histoire qui le dépasse totalement. Comme Renton (voir Gram River de Mars Daybreak), Akiyuki intègre l’équipage d’un vaisseau et il va devoir prouver sa valeur pour se faire accepter. Ainsi le début se consacre à la présentation de l’équipage de la vie au sein de cet appareil chargé de délivrer le courrier à travers le pays. Le capitaine est Ishû Benikawa, une femme solitaire, caractérielle, « bad ass » et adepte de la réplique cinglante (ses échanges avec Raigyo sont irrésistibles). Notre héros fait aussi et surtout la connaissance de Nakiami, la jeune femme qui l’a sauvée alors que sa forme Xam’d était entrain de le consumer.

Si Akiyuki est le personnage central de l’histoire et celui envers lequel le spectateur pourra s’identifier, il n’en est pas le plus important. Le vrai héros, ou plutôt héroïne, c’est Nakiami, nom dérivé de « naki yame » ( »ne pleure plus ») qu’Ishû lui a donnée lorsqu’elle l’a recueillie enfant. C’est avec elle que Xam’d: Lost Memories va totalement se détacher de l’influence d’Eureka Seven. Notamment par le biais d’une approche poétique et spirituelle de ses thèmes évoquant singulièrement les travaux d’Hayao Miyazaki. Nakiami est à la fois Nausicäa et Mononoke. Pas seulement parce qu’elle pilote un aéronef rouge ou à cause de des tatouages sur le visage, mais plutôt pour sa maturité et ses convictions. D’origine Tessik, un peuple opprimé qui subit de plein fouet une guerre qui ne les concerne pas, Nakiami est la protectrice des Hiruko, pouvoir qui, une fois assimilé à un être vivant, le transforme en Xam’d ou en Humanform (pour un Hiruko synthétisé). Durant la première moitié, Nakiami apparaît comme un personnage assez froid, qui n’a que très peu d’estime pour le genre humain (qui ne pense qu’à détruire). Elle va peu à peu s’humaniser au contact d’un garçon, Yango, qu’elle rencontre en voyage. Un rapport maternel s’installe entre les deux, qui rappellera celui entre Balsa et Chagum dans Seirei no Moribito (autre série très marquée par les films de Miyazaki). À contrario de sa relation distante mais profonde avec Ishû, Nakiami va vraiment ouvrir son cœur envers Yango, jusqu’à une dernière réplique bouleversante lors des retrouvailles de l’épisode 25. Nakiami est aussi un personnage qui aura vouée sa vie à préserver celle des autres. Un rôle sacrificiel qui trouvera son apogée lors d’un final qui lui permet sans nul doute de rentrer dans le panthéon des héroïnes majeures de l’animation japonaise (forcément aux côtés des ses sœurs miyazakienne). Le studio Bones prouve ainsi une nouvelle fois, qu’ils savent créer de vrais personnages féminins forts, bien loin des clichés que l’on veut bien attribuer aux mangas ou animés. Nakiami et Ishû ne sont pas les seules puisqu’il faut aussi compter sur Haru, l’amie d’enfance d’Akiyuki. Au lieu d’attendre sagement le retour d’Akiyuki, elle s’engage dans l’armée avec Furuichi.

Durant la première partie de l’animé, le script suit les parcours parallèles des trois amis avant une inéluctable confrontation où Furuichi et Akiyuki vont régler leurs comptes (à commencer par le cœur d’Haru…). À ce titre, la fin glaçante du 14ème épisode s’avère être d’une surprenante noirceur dont seules les productions Bones osent encore aujourd’hui faire cela. Un ton adulte général, accentué par le background de la guerre (ville détruite, charnier humain, génocide), qui devient un gimmick chez Bones (voir Fullmetal Alchemist, RahXephon, Eureka Seven…). Mais aussi par le regard extérieur des parents d’Akiyuki sur les divers évènements. C’est tellement rare de voir des parents dans une série animée (séparés en plus !), que cela force immédiatement le respect. La progression linéaire du premier arc disparaît alors pour se scinder en deux multiples chemins. En somme, tout le monde est séparé et les intrigues secondaires s’accumulent… au détriment d’un fil rouge de plus en plus obscur et dont les tenants et aboutissants ne sont pas toujours clairs. Normal alors que les principaux reproches fait à Xam’d: Lost Memories viennent des nombreuses questions restées en suspens à la fin (le rôle de Dame Sannova, la chambre d’accélération, l’Empereur Hiruken ou tout simplement les origines des Xam’d). Des points pas forcément bien exploités (Hiruken joue le rôle du boss de fin) et qui auraient mérités un développement plus appondis. Xam’d: Lost Memories aurait gagné à avoir quelques épisodes supplémentaires à la manière d’un Darker than Black. On aurait aussi aimé en savoir plus sur Ishû et Raigyo, voir plus de scènes d’action (à l’image de l’exceptionnel affrontement de l’épisode 2 ou de l’attaque du vaisseau dans l’épisode 11), être davantage impliqué dans cette obscure guerre que l’on suit toujours de loin… Xam’d: Lost Memories est au final tellement ambitieux sur le papier que les auteurs se perdent quelque fois en route. Dommage, on n’est passé pas loin du chef-d’œuvre…

Xam’d: Lost Memories reste une formidable série animée d’aventures, intimiste et épique à la fois, qui a le mérite de suivre avec succès les enseignements d’Hayao Miyazaki. De son amour pour la nature, des créatures bizarres (les Ongoro !), aux quêtes initiatiques passant par le passage à l’âge adulte et l’acceptation d’une réflexion spirituelle (le métaphorique « les mots arrivent toujours à destination »), tout dans l’animé respire l’influence du maître. Franchement, pour arriver à nous émouvoir sur la mise à mort d’un Humanform (épisode 7), il faut une sacrée dose de talent. Et chez Bones, il y a en a assurément. On n’avait d’ailleurs pas vu telle maîtrise technique depuis Eureka Seven (animation et chara design digne d’un long-métrage). Dommage que le score de Michiru Oshima (Fullmetal Alchemist, Le Chevalier D’Eon) soit si transparent. À l’image du mélancolique épilogue et du dernier échange entre Haru et Akiyuki, on ressort de Xam’d: Lost Memories les larmes aux yeux et le sourire aux lèvres. Un titre indispensable à découvrir.

Commentaires

  1. lasyan3 dit :

    20 mars 2009 à 12:21 (#)

    Et voilà, encore une fois nous avons un anime potentiellement sympathique mais gâché semble-t-il par une « non-fin »…
    Pour moi désormais, LE critère qui me fera regarder un anime est de savoir s’il y a une VRAIE fin (Code Geass, par exemple, dont nombre de studios devraient s’inspirer question final).
    Alors, d’accord, je passe certainement à coté de bonnes productions, mais le plus important pour moi est le scénario, l’intrigue… Et j’ai vraiment l’impression que le but premier du studio, dans ce genre de cas, est d’attirer de l’audience ( »tant pis si la fin est bâclée, l’objectif est rempli ! »).

  2. Lu-sama dit :

    20 mars 2009 à 04:59 (#)

    Techniquement parfait, il n’y a vraiment rien à reprocher au visuel et au sonore.
    En revanche, le résultat est mitigé, l’intrigue met beaucoup trop de temps à démarrer et les mystères des différents personnages ne sont toujours pas révélés, du coup, je me suis vite lassée et cet anime reste en suspens le temps que je retrouve la motivation de continuer.

    Dommage parce qu’il y avait là un énorme potentiel, on est réellement passé à côté du chef d’œuvre.

  3. Rixou dit :

    20 mars 2009 à 06:15 (#)

    C’est une série que j’ai très très bien apprécié j’aurais voulu avoir autant d’épisodes que pour Eureka Seven. Effectivement on reste un peu sur sa fin mais rien a envier sur l’ensemble qui intéressant riche en émotion.
    Je suis rester scotché sur cette série qui est excellente scénario + animation et chara design.

    Allez on prend les même on recommence une nouvelle série :D

  4. Zak dit :

    20 mars 2009 à 07:11 (#)

    Attention, Xam’d possède une vraie fin (magnifique en plus). Il y a une différence entre finir sans conclusion et finir en laissant des éléments secondaires en suspens ! C’est vrai que peu de séries peuvent se targuer d’avoir une fin satisfaisante. Code Geass est un bon exemple d’ailleurs. C’est souvent le gros défaut des séries animées en général (défaut que long retrouve aussi dans les shows américain au passage). Mais cela n’enlève pas forcément toute la qualité de l’œuvre, faut être moins intransigeant et critique. Claymore est quasiment uniquement jugée sur sa fin alors qu’il y a une vingtaine d’excellents épisodes juste avant… D’un point de vue personnel et même si je suis déçu si la fin est bâclée, ce n’est pas cela qui va me faire changer d’avis sur une série.

  5. kakashi89 dit :

    20 mars 2009 à 10:41 (#)

    N’ayant pas vu Eureka Seven, cela m’a évité de faire tout rapprochement avec Xam’d. Ce dernier a en tout cas été l’un de mes coups de cœur de cette année, une animation impeccable (on dirait un long-métrage en effet), un scénario qui nous tient en halène jusqu’à clore la partie avec une fin en apothéose. Que demander d’autre !

  6. Angous dit :

    28 mars 2009 à 01:21 (#)

    Je pense que FMA saison 2 vous comblera puisque cette seconde saison repart 0 et suivra le manga.

    Le manga est écrit d’une main de fer par Arakawa et le scénario en devient halluciant tellement il fourmille de détails en arrières plans qui deviennent important par la suite etc…

    FMA arrive et montre enfin son coté que l’on attendait tous: le coté thriller compte a rebours du manga.

  7. fred dit :

    9 mai 2009 à 10:22 (#)

    bonsoir oui je souhaites laisser un commentaire
    j’ai 37 ans ,j’ai visionne pas mal d’anime je ne peux plus les comptes sincerement ce n’est pas de la vantardise ou lie a l’age ou a je ne sais quoi , J’aime les animes, c’est l’esprit imaginatif , evasif ou de fureur de passion de romantisme qu’ils ont sur moi
    j’Avoue je viens de finir l’animee a l’instant et celui ma laisse sur place cette anime est tout simplement superbe
    je suis encore en haleine pour la fin qui a mon gout a ete inacheve .
    un mot tout simplement slpendide

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