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X

2 juillet 2007  |  Par Zak  |  Publié dans Critiques  |  8 commentaires  |  lu 710 fois

xlogo1.jpgImmense réalisateur de japanime auquel on doit des chefs-d’œuvre tels que Ninja Scroll ou Vampire Hunter D : Bloodlust, Yoshiaki Kawajiri s’est essayé en 2001 à la série télévisée avec X, l’adaptation du célèbre manga fleuve de CLAMP. Débuté en 1992, le manga s’est arrêté dix ans plus tard au bout de 18 volumes sans jamais avoir eu de conclusion (20 ou 21 volumes furent prévus à l’origine). Cela n’a pas empêché le réalisateur Rintaro (Metropolis) d’adapter une première fois l’œuvre de CLAMP en long-métrage de cinéma sous le titre X 1999 en 1996 et donc Kawajiri, cinq ans plus tard sous la forme d’une série animée de 24 épisodes chez Madhouse Studios (+ un épisode 0 qui a servi de présentation de la série avant sa diffusion à la télévision japonaise). L’Apocalypse selon Kawajiri, c’est maintenant sur AnimeFr !

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Un jeune garçon de 15 ans, Kamui Shirô, revient à Tokyo après six années d’absence. Dès son arrivée, il retrouve ses amis d’enfance, la jeune Kotori et son grand frère Fûma. Mais à leur grand étonnement, il se montre distant et froid. Afin d’accomplir les dernières volontés de sa mère récemment décédée dans des circonstances atroces, Kamui se rend au Temple Togakushi pour reprendre l’épée divine qui lui revient de droit, mais le gardien du temple la lui refuse. Rapidement, Kamui se retrouve la proie de mystérieux agresseurs et fait la rencontre de Sorata, un jeune moine du Mont Kôya. Celui-ci le conduit à la Princesse Hinoto, liseuse de rêves qui participe grâce à ses dons de voyance aux décisions politiques du Japon. Hinoto lui annonce que le jour de la fin du monde est proche et qu’il doit accomplir sa destinée : devenir l’un des sept Dragons du Ciel (ou Sceaux) et sauver l’humanité, ou bien l’un des sept Dragons de la Terre (ou Anges) et participer à sa destruction… Débutant telle une banale histoire de lutte du Bien contre le Mal, X se distingue dès les premiers épisodes par de saisissants portraits des principaux protagonistes (7 de chaque côté). Ainsi, Kawajri préfère opter pour une description détaillée de tous les personnages que de les lancer dans la bataille sans que l’on puisse s’attacher à eux (à l’inverse du film qui, faute de temps oblige, les esquissent à peine). En effet, qu’il soit du côté des Dragons du Ciel ou de la Terre, on découvre que chacun à une motivation particulière dans cette guerre. Bien loin d’être des Anges de la destruction, les Dragon de la Terre veulent éliminer l’humanité pour sauver la planète. Le message écologique est radical : les humains détruiront la Terre d’eux-mêmes, il faut donc éradiquer ce mal. Le manichéisme n’est donc pas de mise dans X, rendant ainsi cette guerre nettement plus complexe qu’elle le laissait paraître au départ.

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Lorsque Kamui revient à Tokyo, il n’est plus le même. Kotori et Fûma ne reconnaissent plus celui qui fut leur ami jadis. Kawajiri sublime l’arrivée de son héros, notamment lors de la scène du rêve prémonitoire de Kotori (le visage démoniaque de Kamui est réellement effrayant !). Refusant la compagnie des autres et complètement indifférent au conflit qui se prépare, Kamui ne pourra pourtant pas contrer son destin : devenir le leader d’un des deux camps. De même, il cache au plus profond de son cœur (noircit par un passé douloureux), un amour fraternel envers ces deux amis d’enfance. Certaines scènes, comme celle à la bibliothèque avec Kotori ou lors du match de basket-ball de Fûma, nous montrent que malgré les apparences, Kamui garde une affection évidente envers eux. Si la série a été fortement critiquée pour sa première partie (très lente et où les enjeux principaux paraissent quasiment secondaires), c’est pour mieux basculer vers la seconde. Kamui doit faire un choix, c’est irrémédiable.

Attention, il est fortement conseillé d’avoir vu la série avant de continuer cet article.

Logiquement, Kamui choisi le camp des Dragons du Ciel car il veut protéger ceux qu’il aime. Ce qu’il ne savait pas en revanche, c’est que cela entraînerait la naissance du second Kamui, caché au plus profond de l’âme de son meilleur ami, Fûma. L’autre Kamui devient alors le leader des Dragons de la Terre. La bataille peut enfin débuter. Le X du titre fait bien évidemment référence au jour de l’Apocalypse. En effet, la religion tient une importance fondamentale dans le récit. On retrouve dans plusieurs religions l’année 1999 comme étant celle du jugement dernier. Le chiffre 7 revient systématiquement dans la Bible. De même, Kamui est l’Élu, celui qui tient le destin du monde entre ces mains. Les différents Dragons, viennent de temples existants réellement. Je vous ferai grâce aussi des multiples symboles christiques (le plus évident étant la crucifixion de Kotori) qui prouve définitivement que X est une histoire totalement ancrée dans les années 90 (la peur du nouveau millénaire).

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Toute la seconde partie est réservée à la guerre entre les Sceaux et les Anges. Le rythme s’accélère et l’on retrouve le Kawajiri des grands jours avec des combats furieux rappelant les meilleures œuvres de son auteur (les explosions de gore en moins). En premier lieu, c’est à Subaru et Seishirô de régler leurs comptes. Les deux personnages importés de Tokyo Babylon, l’autre œuvre phare de CLAMP, entretiennent une relation ambiguë, quasi sadomasochiste. Bien que Seishirô ait tué la sœur de Subaru, ce dernier l’aime encore et désire mourir de sa main. Les différentes interactions qu’ont les personnages de X sont souvent complexes et fortes. Je pense notamment au fabuleux couple Sorata/Arashi, au destin forcément tragique. Sorata sait dès le départ qu’il va mourir pour elle et que sa mort figurera comme une des plus belles jamais réalisée pour une série animée. On s’aperçoit rapidement que la notion de couple/dualité revient souvent dans l’œuvre de CLAMP (au même titre que la notion de destin). Nous avons bien sûr le couple Kamui/Fûma, mais encore celui Yuzuriha/Kusanagi. Bien qu’ennemis, la jeune fille et le militaire expérimenté vont pourtant s’attacher l’un à l’autre. Kusanagi abandonnera en cours ses convictions écologiques pour protéger Yuzuriha, faisant de lui un traître aux yeux des Dragons de la Terre. D’autres couples se montrent très intéressants, comme celui Seiichirô/Karen et surtout celui entre Yûto, « celui qui n’avait aucune attache » et Satsuki, « celle qui ne voulait aucune attache ». Il est regrettable en revanche que le film de Rintaro exploite à peine, voir quasiment pas (Kusanagi n’est qu’un vulgaire bourrin) ces couples, pourtant indispensables pour impliquer émotionnellement le spectateur dans cette bataille (mais encore une fois, difficile de résumer X en une heure et demi).

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Le film se distingue de la série par une approche résolument plus sombre de l’histoire. Le côté apocalyptique de cette guerre se ressent davantage et le Kamui des Dragons de la Terre est une véritable ordure qui n’hésite pas à tuer quiconque se trouve sur son chemin, même si c’est ceux de son propre camp. La fin du film et de la série sont toutes deux différentes aussi. Désespéré chez Rintaro et au contraire, rempli d’espoir chez Kawajiri, les deux conclusions divergent totalement (et encore, celle du manga devrait être encore différente !) évitant ainsi à la série d’être une vulgaire version rallongée du long-métrage. Mais dans les deux versions, on remarque que la ville de Tokyo est un authentique personnage à part entière (elle remplace la population bizarrement absente, d’où une impression de ville fantôme). Sur la série, le travail du directeur artistique Yuji Ikeda pour mettre en images la mégapole est remarquable. D’ailleurs depuis X, il n’a censé d’impressionner par ses travaux, notamment sur Gungrave, Monster, ou dernièrement Death Note, faisant de lui un des meilleurs techniciens de Madhouse Studios. Techniquement, c’est simple, X n’a absolument pas vieillit depuis 2001, confirmant ainsi le talent irréprochable de l’équipe engagé (les CGI, comme les plumes ou feuilles de cerisiers traversant le cadre régulièrement, sont superbes). Ainsi, le chara design de Yoshinori Kanemori (aussi au poste du directeur de l’animation) surpasse celui, pourtant déjà très réussit, de Nobuteru Yuki (Vision d’Escaflowne) sur le film. Tandis que Naoki Sato (Eureka Seven, Heroic Age) s’est fait un nom avec ses partitions lyriques dont l’excellent Sadame (thème utilisé un peu trop n’importe comment soit dit en passant…). Enfin, on soulignera l’implication des seiyuu Kenichi Suzumura (Kamui), Junichi Suwabe (Fûma) et surtout Mitsuaki Madono qui a su apporter toute la jovialité de Sorata à l’écran. Le tout emballé avec maestria par la mise en scène de Yoshiaki Kawajiri et on obtient un titre majeur de ces dernières années.

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X est bien sûr disponible en France depuis déjà quelques années dans plusieurs éditions chez Déclic Images (pour la série) et Kaze (pour le film). Le collector de la série est évidemment fortement conseillé même s’il vaudrait mieux éviter le pitoyable doublage français (sur le film c’est encore pire !). Tandis que le film est vendu dans une superbe édition comprenant le premier tome du manga. Mais qu’en est-il justement de l’œuvre de CLAMP ? Occupé sur d’autres titres, le célèbre collectif laisserait entendre dernièrement que le manga pourrait reprendre (une info à prendre avec des pincettes toutefois). Quoi qu’il en soit, la série X (le film un peu moins) reste une œuvre indispensable à voir pour tout fan de japanime. En espérant que Kawajiri revienne sur le petit écran, au lieu de se fourvoyer dans des productions américaines sans grandes envergures (la déception Highlander : The Search for Vengeance).

Commentaires

  1. Zak dit :

    2 juillet 2007 à 10:25 (#)

    Enorme la version podcast !

    Néanmoins ça manque un peu de vie, trop robotisé (et les mots non français sont marrants).

  2. Lokthare dit :

    2 juillet 2007 à 10:36 (#)

    Petite correction :
    La princesse ne possède pas le don de lire les rêves mais bien celui de prédiction, elle voit l’avenir en rêve.

  3. Zak dit :

    2 juillet 2007 à 11:13 (#)

    Oui, c’est ce qui est dit dans mon court résumé.

    (j’ai pas tout saisi là ?)

  4. Shino dit :

    2 juillet 2007 à 11:36 (#)

    Zak> j’expérimente ! ;)

  5. Xanatos dit :

    2 juillet 2007 à 11:51 (#)

    Très belle critique pour un très bel anime…
    Au premier abord, on pourrait croire effectivement que l’histoire est simple, voire simpliste, mais ce n’est pas du tout le cas et elle est très recherchée. La grande force de l’intrigue principale, c’est qu’elle prend à contre pied tous les clichés inhérents à ce type de série.
    Tou(te)s les personnages aussi bien les Dragons du Ciel que les Dragons de la Terre (sans oublier les personnages secondaires) sont attachants et chacun d’entre eux a une psychologie fouillée. Aucun(e) d’entre eux n’est stéréotypé ou tout blanc/tout noir.

    Mon couple préféré est sans hésitation celui de Yuzuhira/Kusanagi et les épisodes qui leur sont dédiés font partie des plus exaltants de la série.
    Kusanagi est un homme intelligent, sensible et sage, et il se remet en question sur la légitimité de la cause pour laquelle il se bat, ce qui démontre comme l’a dit Zak dans son article que l’oeuvre est dénuée de manichéisme.
    De plus sa relation avec Yuzuhira est belle et très touchante…
    J’adore aussi Yuzuhira qui est une fille craquante, joviale et pleine d’entrain.

    X a de nombreuses grandes qualités: un scénario passionnant, une réalisation magistrale, un graphisme magnifique, des musiques somptueuses, des scènes d’action d’anthologie, de beaux passages contemplatifs…

    Le reproche que je ferai à cette série, c’est qu’elle souffre de quelques longueurs (dans la deuxième partie plus que la première) et elle a trop tendance à abuser des flash backs.
    Je ne parle évidemment pas des flash backs nous permettant d’en apprendre plus sur le passé des protagonistes, ceux ci sont captivants.
    Ce sont plutôt les scènes extraites des épisodes précédents qui sont employées excessivement, je pense en particulier à la scène ou Kamui découvre que Fûma a cédé à sa deuxième personnalité "Kamui", elle a été réemployé 4 ou 5 fois, à la longue, c’est un peu saoûlant.
    De plus l’épisode 17 qui est essentiellement un récapitulatif des épisodes n’apporte pas grand chose à l’histoire.
    L’épisode zéro (à voir en priorité après la série) est plus intéressant et nous permet de voir l’histoire sous un angle différent.

    Mais enfin, ces faiblesses ne sont qu’une petite tâche dans un océan de félicité.
    La série TV de X est un grand classique de l’animation japonaise à découvrir absolument.
    C’est l’une de séries animées les plus émouvantes qu’il m’ait été donné de voir ces dernières années avec L’Autre Monde, Fruits Basket et Chrno Crusade.

    J’ai aussi beaucoup aimé le long métrage X de Rintarô que j’ai vu avant la série.
    Je l’ai pris comme ce qu’il est, un très bon film d’action apocalyptique, mené tambour battant du début jusqu’à la fin.
    Il n’a certes pas la profondeur de la série, mais il reste un divertissement soigné et de haute volée.

  6. Zak dit :

    3 juillet 2007 à 12:03 (#)

    Oui bien sûr la série est loin d’être parfaite. Les longueurs m’ont plus gêné au bout de quelques visionnages en fait. C’était passé très bien la première fois. Là j’avais envie d’avancer avec la télécommande (mais pas autant que dans les animes Bee Train ^^). Le rebondissement sur *SPOILER* la double personnalité d’Inoto est aussi franchement naze et finalement assez inutile au bout déroulement de l’intrigue.

  7. Lokthare dit :

    4 juillet 2007 à 09:58 (#)

    Spoil inside :
    @Zak : Désolé, je pensais que tu parlais de la capacité que possède certains personnages de la série a visité les rêves des gens.

  8. hana dit :

    8 août 2007 à 10:10 (#)

    je trouve que l’idée de depart est bien et l’ambiance gothique vraiment interressante avec la mort et les drame qui plan,ent mais plus on avance et plus les clamp s’en lisent et puis elles font des references yaoi s’en vraiment assumé leurs sous entendu et ça devient lassant à lafin on ne sais toujours pas si kamui aime fuma ou kotori ou si seishiri aime subaru vu qu’il creve avant de le dire ça devient franchement lourds de mettre autant d’espoir pour rien savopir au final…sinon, l’animation de l’anime est loin d’être extra il y a trop de plans fixes à mon gout même pour l’epoque et puis des eclairs blancs à travers l’ecran pour simuler un coup d’épé c’est un peu simpliste!!Le budjet de cette série devait être limité!escaflowne ou des série comme evangelion ou même certains episodes de fushigi yuugi qui datent tout droits de 1996 sont bien mieux animés je trouve…sinon j’ai préféré le film vraiment sublime graphiquement avec une animation rarement égalé je trouve même à l’heure actuelle mais bon le problème c’est qu’il est trop anecdotique mais il faut vraiment le coup pour son graphisme vraiment etonant et puis j’ai préféré tomokazu seki dans le role de kamui^_^

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