Witchblade
2 juillet 2008 | Par Zak | Publié dans Critiques | 3 commentaires | lu 1 191 fois
Faisant parti de la mauvaise cuvée 2006 des séries Gonzo (année où le studio fut plus préoccupé par les productions cinématographiques que télévisuelles), Witchblade est l’adaptation du comic-book de Marc Silvestri. Cet ex de la Marvel, connu pour être l’auteur du spin-off de X-Men intitulé Wolverine, a créé en 1992 la Top Cow, sous laquelle sortira The Darkness (1996) et bien sûr Witchblade (1995). Jamais adaptée en série animée (mais en série live si, en 2001 avec Yancy Butler dans le rôle titre), Witchblade passe des USA au Japon sous la bannière du studio Gonzo pour 24 épisodes avec à la tête de l’entreprise le réalisateur Toshimitsu Ohashi (Galaxy Angel, Bakumatsu Kikansetsu Irohanihoheto). La transposition est-elle fidèle ? N’espérez même pas !

Il y a six ans, la ville de Tokyo fut ravagée par un gigantesque séisme. Une catastrophe qui laissa toutefois deux rescapées, Masame Amaha, que l’on retrouva inconsciente en compagnie de sa fille Rihoko à l’épicentre du tremblement de terre. Elles n’ont aucun souvenir de cette période et vivent désormais au jour le jour poursuivies par l’Agence de Protection de l’Enfance, qui veulent enlever Rihoko à sa mère et lui donner une vie stable. Masame est la porteuse de la Witchblade, un bracelet qui la transforme en guerrière assoiffée de sang. Pour maîtriser son pouvoir, Masame accepte de travailler pour la société Dôji et ainsi combattre les X-Con, des armes biomécaniques devenues incontrôlables qui sèment la terreur en ville… Hormis le concept de base et la licence, la série n’entretient que peu de rapport avec la bande dessinée d’origine. Désolé pour les fans, mais il faudra faire avec. Pour les autres, Witchblade est une série de science-fiction se déroulant dans un futur proche. L’univers se rapproche pas mal de celui d’un Solty Rei ou Darker than Black, deux séries déjà fortement inspirées par les comics (bien plus que par le manga). Une grande partie de l’animé se concentre sur la relation mère/fille avec d’un côte une Masame un peu cruche et maladroite et de l’autre sa fille, “Riko” obligée de prendre le rôle de l’adulte devant l’irresponsabilité de sa mère. Généralement, la Witchblade n’intervient qu’en fin d’épisode pour tuer le “monstre de l’épisode”. Une progression classique dans sa première partie avant que l’intrigue principale s’étoffe durant la seconde.

Évidemment, le script de Yasuko Kobayashi (Claymore, Death Note) ne s’attarde pas qu’uniquement sur le duo. Outre les séquences dites “familiales” avec les occupants de l’hôtel où vivent Masame et Rihoko, il est aussi question d’une guerre entre deux entreprises, la Dôji et la NSFW. Chacune travaillant dans le domaine de l’armement et ayant sa propre conception du champ de bataille. Pour la première, il faut créer des “drones” et ainsi éviter les pertes humaines (sauf que ces armes sont créées à partir de restes humains et ça, les gens ne le savent pas). Tandis que la seconde cache ses véritables activités en se faisant passer pour une société respectable. La NSFW, dirigée par Furumitsu, surnommé “Le Père”, opte pour la création de super soldats spécialement entraînés pour le combat : les Sœurs, des guerrières porteuses de Cloneblade, des copies artificielles de la Witchblade. Masame intégrera la Dôji et fera la connaissance de Reiji Takayama, le directeur grognon de Dôji. La relation entre les deux personnages est indéniablement ce qu’il y a de mieux dans la série (faut bien contrebalancer avec des scènes d’actions molles…) même si l’aboutissement de leurs sentiments respectifs reste prévisible. Toutefois, la fin, mélancolique à souhait, surprendra, bien que les derniers combats soient expédiés en quelques minutes (avec un remake de X au sommet de la tour de Tokyo). Après Stellvia et Love Hina, on retrouve le trait du chara designer Makoto Uno qui a adapté son style à celui du studio Gonzo. Ainsi, Masame, se traîne une poitrine de vache à lait. Dommage car le design de la Witchblade est superbe, bien que nettement moins détaillé que celui du comic-book. On notera aussi un très bon score de Masanori Takumi (Claymore, Suzuka) et une direction artistique soignée de Junichi Hagashi (Blood+, Bakumatsu Kikansetsu Irohanihoheto) même si elle manque de personnalité.

Si l’on excepte les trous dans le scénario comme le fait qu’on ne saura jamais comment Masame est devenue la Witchblade, la série reste un divertissement correct. Une œuvre certes empêtrée dans des impératifs commerciaux typique du studio Gonzo mais réalisée avec un certain savoir faire. Pas une série marquante donc, mais tout à fait consommable. Reste à savoir maintenant si un éditeur français verra dedans un certain potentiel. Rien n’est moins sûr. En tout cas, aujourd’hui on apprend que la bande dessinée de Marc Silvestri devrait connaître bientôt son adaptation cinématographique à Hollywood. Preuve qu’on n’a pas finit d’entendre parler de Witchblade…
3 juillet 2008 à 01:28 (#)
Une triste nouvelle a été fournit par le site officiel de l’exceptionnel dessinateur américain Michael Turner (co-créateur avec Marc Silvestri du comic-book Witchblade mais aussi de plusieurs autres succès notamment Tomb Raider), annonçant que celui-ci vient de décéder le 27 Juin dernier. Nos plus profondes condoléances aux proches de Michael Turner.
3 juillet 2008 à 11:36 (#)
Oui,je salue l’artiste moi aussi,surtout qu’il est parti jeune. Pour l’adaptation animée, c’est assez moyen pour moi aussi.Gonzo aurait pu faire mieux.
5 juillet 2008 à 03:45 (#)
Je dirais plutôt que l’anime manque de dynamisme , des scènes répétitives , peu de scènes d’action ,a mon avis , il était juste mal exploité , Gonzo aurait du faire plus d’efforts!!