Tsubasa Chronicle (saison 1)

13 décembre 2005  |  Par Zak  |  Publié dans Critiques  |  lu 83 fois

Comme en témoigne cette citation, la mémoire et les souvenirs sont au cœur de Tsubasa Chronicle, adaptation de la dernière œuvre de CLAMP. Mais avant de parler en détail de la série, revenons rapidement sur ce collectif de quatre femmes mangakas (Nanase Ohkawa, Mokona Apapa, Mick Nekoi et Satsuki Igarashi) crée à la fin des années 80. Tokyo Babylon, Card Captor Sakura, Chobits et surtout leur manga fleuve X, tous sont l’œuvre de CLAMP, généralement spécialisé dans le shôjo. Or, leur dernier succès est un authentique shônen avec tous les clichés qui vont avec. Commencé en 2002, Tsubasa Chronicle compte actuellement 11 tomes et est toujours en cours de parution. C’est le studio Bee Train qui prit en charge l’adaptation animée par le biais de son réalisateur attitré, Koichi Mashimo (Noir, Madlax, .hack//SIGN ou encore Avenger). Avril 2005, la diffusion commença…

Un oiseau qui a perdu ses ailes ne peut plus voler dans ce ciel que l’on appelle souvenir. Mais, je crois encore qu’aussi longtemps que je vivrai dans le présent mes souvenirs seront comme le temps qui passe, ils renaîtront.

Dans le pays de Clow, vivent Sakura et Shaolan qui s’aiment secrètement. Shaolan, simple citoyen, vit au sein de la famille royale depuis que son père archéologue est mort. Il reprend le travail de son père en explorant les ruines du pays. Un soir, les deux amis découvrent un étrange blason et subissent une attaque ennemie. Une force mystérieuse fait perdre la mémoire à Sakura et les plumes qui matérialisent son âme se dispersent. Pour la sauver, le prêtre royal Yukito envoie Shaolan et Sakura dans un autre univers pour rencontrer la Sorcière des Dimensions Yûko. Lorsqu’ils arrivent sur place, deux autres personnes les rejoignent : Kurogane, un guerrier en exil et Fye, un puissant mage. Yûko explique alors à Shaolan qu’il doit voyager d’un monde à un autre afin de collecter les fragments de mémoire de Sakura. Néanmoins, même si celle-ci retrouve sa mémoire, elle ne pourra pas se souvenir de Shaolan, c’est le prix à payer. Accompagné de Fye, Kurogane et d’une créature magique du nom de Mokona, Shaolan part à l’aventure, à travers l’espace et le temps. Tsubasa Chronicle est un cross-over, c’est-à-dire une histoire regroupant des personnages n’appartenant pas au même univers. Bien sûr, ceux-ci sont issus des œuvres de CLAMP : Shaolan, Sakura, Yukito, Tôya et Tomoyo viennent de Card Captor Sakura, Yûko la Sorcière des Dimensions de XXXHOLiC, Primera, Mokona et Masayoshi de Magic Knight Rayearth, tandis que Sorata, Arashi, Shôgo, Kusanagi, Yuzuriha et Seishirô (toujours à la recherche de Subaru) sont tout droit sortis de X. Seuls Kurogane et Fye sont des créations originales. L’animé est donc un pur shônen avec son lot de dépassements de soi et de sacrifices (Shaolan veux devenir plus fort pour protéger Sakura, un classique chez les héros de shônen). Pourtant, la touche féminine apportée par CLAMP est indéniable. Les quatre jeunes femmes s’intéressant davantage aux sentiments de leurs personnages qu’à l’action en elle-même.

Je vois déjà tous les anti-Bee Train venir avec leurs gros sabots criant leur désespoir. Que nenni, Tsubasa Chronicle est très loin des productions habituelles du studio (qui sont généralement très “contemplatives et poétiques” diront les fans ou “mou du derrière” diront les plus vils). La série reste très ludique tout au long des épisodes et l’alchimie entre action-humour-romance fonctionne à merveille même si le scénario se révèle souvent répétitif (le véritable défaut de la série). L’animé possède également un petit côté jeu de rôle fort appréciable. En effet, nos héros forment un groupe d’aventuriers, voyageant de monde en monde à la recherche de trésors et de légendes. Chaque personnage ayant ses propres caractéristiques (guerrier, magicien, etc.). L’aspect RPG est encore plus accentué lors de l’arrivée dans le monde d’Outo, univers virtuel rappelant fortement les MMORPG (jeu en ligne massivement multi-joueurs) avec la présence de plusieurs joueurs, de PNJ (personnages non joueur) ou de règles (les monstres n’attaquent pas les civils). Shaolan, le petit héros de l’histoire possède des traits très classiques n’échappant pas à certains stéréotypes : jeune et fougueux, il est fort mais manque d’expérience et surtout, il saura montrer un courage sans limite pour venir à bout de sa mission. Shaolan a été initié aux arts martiaux par Seishirô et malgré son aspect frêle (renforcé par le chara design si spécial de CLAMP), c’est un véritable petit dragon au sein du groupe. Sakura fait office de légume en début de série (une marque de fabrique chez Bee Train), puis au fur et à mesure que la mémoire lui reviendra, nous découvrirons une fille chaleureuse qui pense avant tout aux autres (voir notamment le 26ème et dernier épisode). Shaolan/Sakura le couple parfait sauf que… La jeune fille est condamnée à oublier les souvenirs de son ami d’enfance pour le restant de ses jours, et donc tout l’amour qu’elle a pour lui.

Le guerrier du groupe se nomme Kurogane et voyage dans le but de retrouver son monde d’origine d’où il est exilé. Maudit par la princesse de son pays, il ne peut tuer sans sommation. Il ne vit que pour le combat, sa philosophie est même claire à ce sujet : “Ceux qui ne veulent pas mettre leur vie en jeu ne peuvent pas comprendre l’essence de la vie et de la mort.”. Mais sous ses airs d’être impassible, Kurogane est un gros nounours et sa relation avec Fye et Mokona (la peluche vivante) est l’élément humoristique de la série. Fye, le magicien est l’opposé de Kurogane, il est toujours souriant et serviable. Mais que cache t-il derrière son sourire ? On sait que Fye fuit son monde d’origine, mais pourquoi ? Des questions qui resteront en suspens à la fin. C’est un peu le problème de ces deux personnages. S’ils sont immédiatement sympathiques pour le public, leur évolution au sein de l’histoire est inexistante (contrairement à Shaolan et Sakura). Bee Train a mis le paquet sur Tsubasa Chronicle puisque c’est leur unique production de l’année (c’est aussi leur œuvre la plus accessible). Techniquement, l’ensemble relève du sans faute. On retrouve le chara design épuré de CLAMP (les longs personnages filiformes) et surtout un score, une nouvelle fois merveilleux, de Yuki Kajiura. Avec ses partitions, elle transcende véritablement les scènes héroïques et dramatiques. Par exemple, toute la séquence sur le réveil de Sakura (elle ne reconnaît pas Shaolan, il part s’isoler sans qu’on sache s’il pleure ou non) ne serait pas aussi émouvante sans la musique de la compositrice. La célèbre chanteuse Maaya Sakamoto signe l’ending, elle qui fut star dès ses quinze ans pour avoir interprété l’opening de Vision d’Escaflowne, ainsi que le personnage d’Hitomi Kanzaki (elle double aussi le personnage de Tomoyo, la princesse du monde de Kurogane).

Mais finalement que raconte véritablement Tsubasa Chronicle ? Est-ce uniquement un récit d’aventures ? Non, bien sûr que non, c’est plus que ça. L’animé narre l’histoire de personnes seules qui se sont trouvées formant ainsi un groupe soudé, mais aussi que, même sans les souvenirs, un amour peut perdurer. Des thèmes s’inscrivant parfaitement dans le genre shônen. La série s’est terminée en octobre dernier et Bee Train a annoncé rapidement la mise en chantier de deux nouvelles saisons (le manga CLAMP est très tendance actuellement puisque Production I.G a sorti un film du même univers l’été dernier au Japon). En attendant, il reste encore des plumes à trouver, rendez-vous en avril prochain pour le prochain monde.

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