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Transformers & Transformers 2 : la revanche

9 juillet 2009  |  Par Zak  |  Publié dans Critiques  |  lu 1 196 fois

Transformers a beau être à l’origine une ligne de jouets créée par la firme Hasbro en 1984, c’est surtout un dessin animé populaire diffusé la même année et qui durera 98 épisodes jusqu’à la fin 1987 (d’autres saisons virent le jour par la suite). C’est pourquoi, il est logique pour nous de revenir sur les deux opus cinématographiques live de Michael Bay, dont le second est actuellement sur les écrans de cinéma. Mais évoquons d’abord le premier épisode, sorti voici deux ans. Après les adaptations de séries télévisées (Mission : Impossible), de comics (Spider-Man), de jeux vidéo (Lara Croft : Tomb Raider) et même de manèges (Pirates des Caraïbes), Hollywood trouva un nouveau filon : les jouets ! C’est vraiment symptomatique de cette maladie créatrice qui gangrène la Mecque du cinéma, incapable de produire des scénarios originaux. Mais d’un autre côté, il fallait avouer que l’idée de voir les robots de notre enfance portés sur grand écran relevait d’un fantasme évident. Surtout avec ce destructeur de masse de Michael Bay derrière la caméra et Steven Spielberg dans le rôle du producteur consciencieux.

Depuis des temps immémoriaux, deux races de robots extraterrestres se livrent une guerre sans merci : les Autobots et les Decepticons. Les premiers, menés par Optimus Prime, cherchent à mettre en place la paix dans l’univers, tandis que les seconds, dirigés par Megatron, souhaitent la destruction et la domination. Au 21ème siècle, le conflit s’étend à la Terre et le jeune Sam Witwicky se retrouve impliqué malgré lui dans la lutte… Considéré aujourd’hui comme l’un des meilleurs réalisateurs de film d’action, Michael Bay a pourtant été longtemps une cible à abattre par les cinéphiles et la critique. En effet, il est l’un des chantres de la « génération MTV », des réalisateurs de clips et de pubs qui débarquèrent dans les années 90. Élevés aux images léchées, ils ont apporté une conception différente du septième art où la forme privilégie clairement le fond. De tous, Michael Bay est celui qui a le plus réussit dans le milieu en imposant sa grandiloquence, voir sa mégalomanie à coup de blockbuster friqués, régressifs, décomplexés et forcément généreux. Son œuvre est vulgaire, beauf, putassier, voir complètement débile mais il le fait tellement bien, que cela en devient fascinant. Repoussant sans cesse les limites du spectacle, Bay est devenue une référence là où certains voyait en lui la mort du cinéma. Si le bonhomme possède toujours nombre de détracteurs, force est de constater qu’il s’est sérieusement amélioré depuis ses débuts. Dans Rock (1996) ou Armageddon (1998), le découpage des séquences et le montage étaient tellement dopés qu’ils fonctionnaient en dépit de toute cohérence visuelle et narrative. Même si certaines scories persistent (on y reviendra), il a montré avec Transformers qu’il était capable de poser sa mise en scène et même, de gérer l’espace correctement en plein chaos. Ses plans et leurs enchaînements ressemblent enfin à du cinéma. Il était temps.

Michael Bay, retrouve pour l’occasion son duo de scénaristes de The Island (2005), Roberto Orci et Alex Kurztman (aussi derrière le récent relaunch de Star Trek et la série Fringe). Sans surprise, le film laisse plus de place aux humains que dans la série. En effet, alors que l’on attendait deux heures d’affrontements non-stop entre robots, Transformers opte pour un mélange des genres pas forcément heureux. Ainsi, le film de guerre disposant d’une mythologie foisonnante, traitée sans le moindre cynisme, se retrouve contrebalancer par une comédie adolescente. Le réalisateur des Bad Boys ne peut pas s’empêcher de verser dans l’humour potache et graveleux en multipliant les sidekicks (Anthony Anderson et John Turturro en roue libre) et les gags foireux (Bumblebee qui pisse sur l’agent Simmons). Ainsi, les pires clichés de la vie lycéenne sont littéralement exposés à la gueule du spectateur. Sam (Shia LaBeouf, plutôt bon dans l’ensemble) rêve de sortir avec la plus belle fille de sa classe (Megan Fox, juste là pour montrer ses formes). Mais cette dernière est déjà avec le beau gosse « gros muscles, petite cervelle ». Alors pour l’impressionner, il lui montre la voiture qu’il vient d’acheter… qui est en réalité Bumblebee. Pendant ce temps, l’armée américaine se prend une volée au Qatar lorsque les Decepticons passent à l’action (l’ouverture avec Blackout et la poursuite dans le désert avec Scorponok). On se retrouve ainsi avec un vrai film schizophrène oscillant entre le délire ultime de geek et le divertissement léger censé attirer le grand public. Une chose qui ne serait sûrement jamais arrivé si Spielberg s’était occupé lui-même du film. Michael Bay est un grand enfant dont le talent est souvent gâché par un sérieux manque de maturité. Et c’est vraiment dommage car son film est parsemé de moments de bravoure, notamment durant l’hallucinante dernière demi-heure où tout le centre-ville est transformé en champ de bataille.

En revanche, il fait toujours preuve d’un ego démesuré comme le souligne les multiples autocitations parsemant son film : Sam agitant les fusées de détresse comme Stanley Goodspeed dans Rock, la fusillade en travelling circulaire reprise de Bad Boys 2 (2003), un personnage avouant lors de l’arrivée explosive sur Terre des robots que « c’est mieux que dans Armageddon »… Sans oublier toujours cette fascination pour les couchers de soleil,  les hélicoptères et… les hélicoptères sur fond de coucher de soleil ! Et puis l’armée évidemment. Comme à l’accoutumé, son film est une glorification assumé de l’uniforme, avec des soldats iconisés à outrance (Josh Duhamel, plutôt convaincant en action hero) et un impressionnant attirail militaire. Ainsi avec près de 700 millions de dollars de recette à travers le monde (dont « seulement » 2 millions d’entrées en France), Transformers est un énorme succès commercial qui lance une nouvelle franchise cinématographique. Le deuxième opus n’est sorti que depuis deux semaines que les 200 millions de budget (soit 50 de plus que pour le premier) sont déjà amplement remboursés uniquement sur la base des recettes américaines ! Vous allez vous bouffer du robot pour encore un moment puisqu’un troisième épisode est déjà en route… L’histoire de cette suite se déroule deux ans après la défaite de Megatron. Sam s’apprête à rentrer à l’université et doit se séparer de sa petite amie Mikaela, ainsi que de ses parents. Mais la guerre contre les Decepticons est loin d’être terminée, d’autant plus que leur leader, The Fallen, s’apprête à débarquer sur Terre. Pour cette nouvelle intrigue, les scénaristes Roberto Orci et Alex Kurztman reçoivent le renfort d’Ehren Kruger, jadis connu pour Arlington Road et Le Cercle (mais aussi Scream 3…) et qui s’était fait plutôt discret ces derniers temps. Six mains pour un script encore moins étoffé que le précédent avec des enjeux prétextes à une avalanche de gags et de bastons homériques.

Transformers 2 : la revanche tombe malheureusement dans le piège de la surenchère, au point de devenir indigeste. Si le film contient son panel de séquences spectaculaires défonçant toute concurrence (l’ouverture à Shanghaï, la baston de la forêt, le final en Egypte), il va aussi encore plus loin dans l’humour crétin et la beaufitude ambiante. Désormais les robots sont de gros mongolos, Megan Fox est constamment filmée comme une pornstar, Sam est encore plus gaffeur, les parents encore plus délurés… Je serais Optimus Prime, j’aiderais les Decepticons à détruire cette Terre au lieu de la protéger ! On a souvent critiqué le premier opus pour son rythme inégal et cela se ressent encore plus ici. Megatron trouve enfin une place de choix après avoir joué le rôle du boss final auparavant. Un rôle tenu cette-fois ci par The Fallen, nouveau grand méchant qui permet à Michael Bay d’explorer un peu plus la mythologie des Transformers. Il est regrettable que le personnage soit totalement sous-exploité et malmené. Malgré un climax explosif comme on en a rarement vu au cinéma (absolument tout pète à l’écran !), on finit sur une note amère. Tout ça, pour ça. Ce qui prouve bien que sans un script un minimum consistant, il est difficile de tirer un film vers le haut. Transformers 2 : la revanche reste toutefois un blockbuster ultra spectaculaire aux effets spéciaux bluffants. Avec son succès interplanétaire, le film semble avoir déjà gagné son duel contre G.I. Joe de Stephen Sommers, le concurrent direct estival des adaptations de jouets. Mais rien n’est gagné d’avance. On y reviendra sûrement courant du mois d’août, lors de sa sortie dans les salles…

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