Voices of a Distant Star
1 mai 2006 | Par Zak | Publié dans Critiques | lu 602 fois
Avant de réaliser son premier long-métrage (The Place Promised in our Early Days), Makoto Shinkai s’est fait connaître dans le monde de l’animation par le biais d’un OAV de 25 minutes : Voices of a Distant Star, plus connu sous le titre original de Hoshi no Koe. Une œuvre qu’il aura conçu presque entièrement tout seul (la musique est de Tenmon) avec son Macintosh G4 (un peu comme Robert Rodriguez mais avec du talent). Sa fiancée et lui s’occupèrent même du doublage des deux protagonistes de l’histoire avant que de véritables comédiens professionnels soient engagés pour la commercialisation en DVD. Retenez bien le nom de Makoto Shinkai car il risque de faire parler de lui dans les années à venir !

Juillet 2046, des vaisseaux de l’UNSF, une organisation mondiale militaire, passent dans le ciel au-dessus d’un couple de jeunes étudiants. Ils partent au-delà du système solaire, à la recherche des Tarsians, des extra-terrestres qui ont récemment attaqué Mars. Nagamine rêve de les rejoindre et de visiter ainsi l’univers. Elle s’engage et un an plus tard Noboru, resté sur Terre, reçoit un premier e-mail cellulaire. Nagamine y raconte la vie exaltante qu’elle mène, entre la découverte de Jupiter, l’immensité des paysages et son entraînement. Noboru passe ses journées à penser à son amie. Il consulte régulièrement sa messagerie dans l’espoir de recevoir un nouveau signe. Au fur et à mesure que les mois, les années passent, la flotte ne cesse de s’éloigner de la Terre, toujours à la recherche des Tarsians et les messages se font de plus en plus rares… Voices of a Distant Star est avant tout une histoire d’amour impossible entre deux adolescents séparés par des milliers d’années lumières. Parmi les thématiques abordées par son auteur, on retiendra celles de l’éloignement et de la solitude (qu’on retrouvera dans son œuvre suivante). Noboru est seul sur Terre et passe son temps à attendre des nouvelles de son amie, tandis que Nagamine joue sa vie seule dans l’espace et sa seule raison de vivre semble être le lien qu’elle partage avec Noburu. Dans cette atmosphère triste et mélancolique, le spectateur se retrouve impuissant : on attend les messages avec Noburu, on combat avec Nagamine, l’implication émotionnelle est totale et on ressort de cette expérience bouleversé et émerveillé à la fois.

Hormis un chara design très simpliste, je ne vois pas ce qu’on pourrait reprocher à cet authentique chef-œuvre de l’animation nippone. Il aura fallu 2 ans de travail acharné pour que Makoto Shinkai arrive à ses fins et le résultat est bluffant à tous les niveaux. Actuellement, l’OAV est uniquement disponible en DVD Z1 et Z2 japonais, il serait dommage qu’un éditeur français passe à côté non ? Car en seulement 25 minutes, Makoto Shinkai arrivera à vous émouvoir avec son histoire d’amour déchirante, vous subjuguer par son sublime visuel et au final, on ressort secoué de toute part avec une envie : recommencer.