The Tower of Druaga: the Sword of Uruk
23 septembre 2009 | Par Zak | Publié dans Critiques | lu 509 fois
Après une première saison décevante compte tenu du staff impliqué (Kôichi Chigira à la réalisation, Shoji Gatoh au script ou encore Hitoshi Sakimoto à la musique), on misait pas mal d’espoir dans cette seconde partie. En effet, le cliffhanger de fin annonçait une suite hautement excitante qui pouvait relancer l’intérêt. En somme, que le script arrête de se reposer uniquement sur les codes ultra balisés des jeux de rôle. Sauf que… c’est bien loin d’être le cas au final. Triste constat pour une série au capital sympathie indéniable mais qui n’aura jamais réussit à décoller durant ses 24 épisodes. Ainsi, cette nouvelle saison reprend quasiment trait pour trait le cheminement de la précédente : la création d’un groupe d’aventuriers, puis l’ascension de la fameuse tour dans le but d’occire le nouveau méchant. The Tower of Druaga restera donc un pur produit commercial pour vendre le jeu vidéo. Aussitôt vu, aussitôt oublié, comme on dit.

Six mois se sont écoulés depuis la défaite de Druaga. Les monstres ont disparu de la tour et le royaume du roi Gilgamesh vit une période de paix. Toutefois, le souverain s’est attribué la victoire laissant le groupe de Jil dans l’anonymat. Vivant avec Fatina, le jeune héros a encore de nombreuses questions sans réponses en tête. Notamment sur la trahison de son frère Neeba parti avec Kaaya sans explications aucune. La rencontre avec une enfant du nom de Kai va bouleverser son existence devenue si morne. Devenus des fugitifs recherchés par la garde royale, Jil et Fatina vont devoir reconstituer leur groupe pour repartir à l’aventure. Direction le sommet de la tour… Alors que l’on attendait plutôt une suite directe après la fin de la première saison, la série effectue une sorte de relaunch. Jil reconstitue son groupe de Grimpeurs : Fatina, Melt, Coopa, Utu et la petite nouvelle Henaro. Un début quelque peu laborieux car nos héros mettent du temps avant de reprendre le chemin de la tour. Bien sûr, le scénariste Shoji Gatoh installe de nouveaux enjeux. Hormis la poursuite de Neeba et Kaaya pour comprendre leurs intentions, le roi Gilgamesh fait preuve d’un étrange comportement. En effet, il semble développer une double personnalité dont le côté maléfique est contrôlé par son « ombre » (en réalité, le Gilgamesh jeune de l’époque) vivant désormais au sommet de la tour de Druaga. À l’instar de la saison précédente, Jil et ses compagnons traversent différents tableaux Ils doivent alors faire face aux pièges et combattre les monstres sur la route, tout en fuyant l’escouade de la garde royale partie à leurs trousses. Ne cherchez donc pas la moindre pointe d’originalité, on est en terrain connu. Même les mystérieux individus que Pazuz avait ressuscités lors de la première saison offrent un intérêt très limité. Des ennemis de plus à abattre, en somme… Reste que l’excellent seiyû Tomokazu Seki (Sôsuke Sagara en personne !) s’amuse dans le rôle de l’ombre de Gilgamesh. Il est bien le seul !

On est méchant mais the Sword of Uruk a le mérite de proposer se qu’il vend : une transposition d’un univers de jeux de rôle en série animée. Certains épisodes se révèlent même très bons comme le cinquième. Dans ce dernier, nos héros (et leurs poursuivants) sont aux prises avec des ombres carnivores dans un désert. Et le seul moyen de les éviter est de se cacher dans les zones d’ombre de gigantesques rochers. Ce n’est pas forcément nouveau, mais l’idée est bien utilisée dans l’épisode. On remarque alors que le concept « d’ombre » prend une place prépondérante dans la série. Par la présence de celle de Gilgamesh mettant le monde en péril mais aussi au niveau du sous-texte général (Neeba a toujours vécu dans l’ombre de Jil). The Tower of Druaga se prend toutefois un peu trop au sérieux, se détachant complètement de l’aspect parodique de la première saison. Même si l’humour n’a pas totalement disparu (Utu obligé de mettre son casque pour qu’on le reconnaisse), l’animé prend une dimension plus dramatique. Ce n’est pas forcément un mal (le personnage de Fatina prend de l’ampleur) mais force est de constater que l’implication émotionnelle du spectateur tombe systématiquement à plat. La confrontation tant attendue entre Jil et Neeba en est l’exemple parfait, tout comme les morts parsemant l’aventure. Ceci dit, c’était déjà le cas dans the Aegis of Uruk. Au final, difficile de ne pas ressortir déçu de The Tower of Druaga. Last Exile est bien loin !