Stellvia
4 décembre 2006 | Par Zak | Publié dans Critiques | 1 Comment | lu 549 fois
Cinq années, c’est le temps qu’il aura fallu pour que le studio Xebec (filiale de Production I.G fondé en 1995) devienne une entité importante dans le paysage de l’animation japonaise. Quelle fut la source du succès ? Love Hina bien sûr (pas véritablement mérité cela dit). Puis vint, Shaman King (2001-2002), D.N.Angel (2003) et bien sûr Stellvia (2003) qui confirmèrent la montée en puissance du jeune studio (on peut aussi ajouter Fafner qui finit 3ème à l’Anime Grand Prix 2004). Stellvia est l’œuvre de Tatsuo Sato (Ninja Scroll et Nadesico Martian Successor) et compte 26 épisodes. Bien loin de l’humour ras des pâquerettes d’un Love Hina, cette série joue la carte du shôjo spatial en transposant les histoires classiques de lycée dans une station orbitale avec une ambiance de fin du monde. Intriguant non ?

En l’an 2167, la Terre subit de plein fouet l’explosion d’une supernova. L’impact ravagea la surface de la planète et plongea le système solaire dans un océan de gaz verdâtre. Cependant, cette catastrophe, loin de réduire à néant l’humanité, la propulsa au contraire dans l’ère spatiale et lui fit connaître sa première véritable paix durable. Deux siècles plus tard, les hommes sont donc prêts à affronter le deuxième impact causé par cette explosion. Après la première vague de gaz, c’est maintenant une vague de météorites qui atteint finalement le système solaire. Pour se protéger de cette menace, six stations spatiales ont été construites afin de déployer un gigantesque bouclier. Celles-ci servent aussi d’universités chargées de former les équipages qui prendront part à cette « Grande Mission ». Année 2357, Shima Katase a réussi le concours d’entrée à Stellvia, la station la plus proche de la Terre. Bien qu’elle rêve d’être pilote, elle s’avère en fait un génie de la programmation. L’heure de la « Grande Mission » est proche et elle est au premier plan pour assister à cet événement dont les conséquences pourraient être irrémédiables pour la Terre. Tel un épisode de Harry Potter, la série se déroule sur toute l’année scolaire, en particulier celle des premières années de la station spatiale Stellvia (une des six académies de pilotage). Notre héroïne se fait rapidement des amis, tout le monde semble gentil, bref c’est le panard intégral loin de papa et maman. Stellvia est un animé très optimiste et décrit un monde unifié (les nations n’existent plus) qui n’a pas connu de guerres depuis presque deux siècles (un monde utopique, en somme). Les premiers épisodes narrent l’intégration de Shima « Shipon » Katase au sein de l’école. On y apprend que la jeune fille excelle en programmation mais qu’elle n’arrive pas à maîtriser son Bianca (petit vaisseau monoplace). Le mode de pilotage décrit par l’animé est plutôt surprenant puisque la navigation se fait aux moyens de programmes que crées le pilote (le clavier remplace le manche). Les relations amoureuses seront aussi au cœur de l’histoire puisque nous sommes en premier lieu dans un shôjo (on y apprend notamment que les filles sont compliquées mais intelligentes et les garçons simples mais bêtes… sic !).

La grande force de la série est d’avoir des personnages dont la psychologie est particulièrement développée. Chacun suivra une évolution au fur et à mesure des épisodes et même les seconds rôles auront droit à un traitement digne de ce nom. Dans un autre côté, Stellvia est avare en scènes d’action et risque de dérouter les fans de space opéra à la Mobile Suit Gundam. La psychologie prime sur le spectacle, c’est un fait. Il est dommage que l’héroïne soit complètement insupportable, pleurnicharde et surtout égoïste (elle n’accepte pas que l’on soit meilleur qu’elle). Ce qui apparaît comme un défaut aux premiers abords (difficile de s’identifier au personnage de Shima donc de s’attacher à elle), montre en fait une école où la rivalité, la jalousie et la compétition passent souvent avant l’amitié. Aussi optimiste qu’est Stellvia, la série présente toutefois une vision assez désespérée de la vie estudiantine. « Nous allons construire notre futur ». Alors que l’humanité se croyait sauvée après la réussite de la « Grande Mission » (où Shima brilla), une troisième vague fait son apparition et s’apprête à éradiquer toute vie dans l’univers. Le scénario laisse les rivalités étudiantes de côté (le personnage pourtant détestable d’Ayaka devient bizarrement sympathique en un clin d’œil) pour à nouveau tomber dans l’optimiste béat (tous ensemble, yeah !) malgré une ambiance de fin du monde. Autre défaut préjudiciable : l’arrivée d’aliens dans le récit. Bien que leur design soit une grande réussite (comme ceux de Fafner), il est évident que l’idée est mal exploitée et ne sert qu’à combler le nombre total d’épisodes (Stellvia montre une humanité soudée, mais aussi un univers soudé !). Heureusement, l’excellent climax final au suspens haletant rattrape le tire (trois épisodes quand même) et nous ferait presque oublier les défauts rageants dont fait preuve l’animé.

Les connaisseurs de Love Hina auront reconnu le trait du chara designer Uno Makoto (Gravion et dernièrement Witchblade). Bien que celui-ci soit de qualité, on regrettera qu’il soit parfois inégal entre les épisodes. En revanche, le mecha design est soigné, les vaisseaux sont originaux et Naohiro Washio (qui fit ensuite celui de Fafner) s’amuse même à donner un look rétro très 50’s au gigantesque mécha Infinity. Enfin, la musique signée Seikou Nagaoka (El Hazard et He is my Master) est dans le ton de l’anime : joyeuse et énergique. Au final, Stellvia se révèle être une série extrêmement attachante et ce malgré ces nombreux défauts. Fut un temps, une suite a été envisagée mais elle a finit par être annulée. Dommage, Sayonara Stellvia.
3 octobre 2008 à 11:33 (#)
[...] plane tout autour de la série, il est évident que les scénaristes Ichiro Okouchi (Planètes, Stellvia et le film Brave Story) et Hiroyuki Yoshino (My-HiME, My-Otome et Mobile Suit Gundam Seed) ont [...]