Soul Eater
25 juillet 2009 | Par Zak | Publié dans Critiques | 8 commentaires | lu 2 707 fois
Nouveau phénomène du shônen, Soul Eater d’Atsushi Ohkubo est entrain de conquérir doucement la France. Disponible en manga chez Kurokawa (le quatrième tome vient de sortir), c’est bientôt au tour de l’animé de débarquer. Sur Kaze TV depuis début juillet, puis en DVD pour septembre. Diffusée initialement dès avril 2008 au Japon sur 51 épisodes, la série était le shônen à suivre absolument, surtout avec le studio Bones derrière. Leur travail exceptionnel sur l’adaptation de Fullmetal Alchemist était un argument indéniable pour se dire que Soul Eater se trouvait entre de bonnes mains. Aussi bien pour l’aspect technique que scénaristique. Car en effet, à l’instar de FMA, Soul Eater est encore en cours de publication et pour éviter de finir sans conclusion, les scénaristes Akatsuki Yamatoya (Fullmetal Alchemist, Naruto) et Megumi Shimizu (Xam’d: Lost Memories, Eureka Seven) ont dû modifier l’histoire (seule la dernière bataille est concernée). Mais était-ce vraiment une bonne idée ?

Afin d’accéder au rang suprême de « Death Scythe », une arme démoniaque doit ingérer 99 âmes humaines et une âme de sorcière. Cette mission est confiée aux Meisters, des spécialistes du combat formés à l’institut Shibusen, une école de formation pour faucheurs d’âmes. Maka Albarn est une Meister combattant avec sa faux, Soul, qui au repos à l’apparence d’un jeune garçon aussi cool que rebelle… Soul Eater avait fait sensation dès son premier épisode avec une réalisation démentielle, des choix artistiques osés et une qualité d’animation qui mettait à l’amende Naruto et consorts. Aucun doute là-dessus, quand Bones est dans la place, la concurrence se met à genoux. La série est dirigée par Takuya Igarashi, dont c’est la seconde réalisation après la comédie Ouran Host Club : Le lycée de la séduction (plusieurs membres du staff l’ont suivi au passage). Son expérience sur l’adaptation du manga de Bisco Hatori en fait l’homme idéal pour Soul Eater, tant le potentiel comique de l’œuvre d’Ohkubo est énorme. C’est bien simple, on n’avait pas rit autant depuis bien longtemps dans un shônen de baston. Ainsi, Black Star, version parodique de Naruto (sans être jamais cynique) assure le spectacle, tout comme Death the Kid et ses troubles obsessionnels compulsifs liés à la symétrie (un running gag hilarant qui fonctionne à chaque fois). Sans oublier Shinigami-sama et sa voix déformée, le père de Maka qui a du mal à assumer ses responsabilités paternelles, ou encore l’insupportable Excalibur, l’arme la plus ennuyeuse jamais créée. Soul Eater est aussi une série très rythmée puisque l’intégralité des épisodes couvre les 14 volumes disponibles sans que l’histoire ne soit plombée par des fillers à l’intérêt discutable (comme chez la concurrence…). L’animé peut consommer quasiment d’une traite, sans que le spectateur ressente la moindre lassitude. Les affrontements sont vifs et dynamiques et les adversaires ne perdent pas leur temps à brasser de l’air.

L’histoire est scindée en deux arcs distincts. Dans le premier, nos héros doivent empêcher une sorcière maléfique du nom de Médusa de ressusciter le Kishin Asura, un ancien guerrier passé du côté obscur. Tandis que dans le second, l’organisation Arachnophobia veut détruire le monde (au moins c’est simple et concis comme motivation) avec l’aide de ce même Asura. Ne cherchez rien de révolutionnaire, Soul Eater dispose d’une intrigue principale tout ce qu’il y a de plus classique. Contrairement à Fullmetal Alchemist qui a essayé d’innover le genre, Soul Eater se repose beaucoup trop sur ses lauriers en accumulant les péripéties habituelles des shônen (entraînement, combat, mise à mal, dépassement de soi, entraînement, etc.). De même le lien fort entre le Meister et son arme est loin d’être une nouveauté. C’est dommage, on en attendait un peu plus. Mais le reste frôle le sans faute : de la caractérisation des personnages à l’aspect technique général. Nos héros subissent une vraie évolution de caractère au cours de l’aventure (et pas uniquement de puissance). De plus, aucun des trois principaux (Maka, Black Star, Death the Kid) ne s’effacent par rapport aux autres. En revanche, les personnages secondaires ne sont pas tous exploités correctement (Giriko et Justin Law ne servent à rien, Mosquito perd tout de son intérêt comparé au manga…), tandis que certains ne montrent pas un réel intérêt dans l’histoire (Chrona est insupportable, Excalibur n’est pas toujours drôle). Un bémol à signaler aussi envers le score de Taku Iwasaki (Getbackers, Gurren Lagann) qui est certes efficace, mais loin d’être marquant. L’univers de Soul Eater évoque celui de Tim Burton. Comme D.Gray-man mais en beaucoup plus coloré et extravagant. On pense alors aux délires visuels de la Gainax et plus particulièrement ceux de Gurren Lagann. Une référence pleinement assumée qui transcende littéralement l’œuvre originale d’Atsushi Ohkubo. Une adaptation animée qui surpasse le manga, c’est assez rare pour le souligner. Il suffit de voir la terrifiante séquence de naissance du Kishin et la baston homérique qui en découle, pour se dire que Soul Eater possède une classe visuelle folle.

Comme nous l’évoquions en introduction, c’est la conclusion qui s’avère être le principal point noir de cette adaptation. L’affrontement entre nos héros et le Kishin est spectaculaire (merci Black Star et Death the Kid) mais le deus ex machina est une facilitée scénaristique dont on se serait bien passé. Si bien que la fin laisse un goût aussi amer que celle de Claymore (autre série conclue brutalement alors que le manga était en cours). Désormais, Bones ne pourra que choisir l’option du relaunch comme pour FMA pour continuer l’histoire. Sauf que l’adaptation du manga d’Hiromu Arakawa ne suivait que 7 volumes, soit la moitié de Soul Eater ! Ce qui n’est pas forcément gênant pour les aventures des frères Elric, pourrait en revanche l’être pour celles de Maka, Soul et leurs amis. Rendez-vous dans cinq ans !
27 juillet 2009 à 07:46 (#)
« L’animé peut consommer quasiment d’une traite, sans que le spectateur ressente la moindre lassitude », ah bon ?
Ce n’était pas mon cas.
C’est un anime sympathique mais on se demande souvent où l’auteur veut aller et j’ai éprouvé de la lassitude.
Moi ce qui m’a frappé surtout dans le premier arc, c’est l’impression de vide que l’on ressent dans cet anime.
Les rues et les couloirs de la shibusen sont vides.
Si on ajoute cela le manque de fil conducteur…oui non parce que le coup des 99 âmes + 1 sorcière pour devenir une Death Scythe est passé à la trappe dès les premiers épisodes.
Le gros point fort de cet anime sont dans les personnages excellents comme Medusa, Death the Kid et Stein.
A mon avis un anime très largement surcôté (je lui préfère Hunter X hunter et même Naruto) mais qui restera néanmoins très agréable pour le public cible des shonen.
27 juillet 2009 à 08:31 (#)
Je suis d’accord avec toi Gin !
Moi aussi j’ai éprouvé de l’ennui en visionnant cet anime, l’histoire principale n’est pas franchement intéressante et j’ai eu la même sensation de paysages « vides ».
Reste de beaux combats mais pour moi cela ne justifie pas à lui seul le visionnage de l’anime…
J’espère qu’il n’aura pas le même succès que Bleach ou Naruto (hors HS).
27 juillet 2009 à 10:39 (#)
Oui, un bon shonen et une réalisation soignée.
Certaines parties m’ont beaucoup plu (l’opération « reveil du Kishin » et la recherche de Brew sur l’île de glace),d’autres beaucoup moins. Je me disais bien que la fin de l’animé était décevante moi aussi.
Là où Fullmetal Alchemist nous surprenait vraiment et nous touchait, c’est au niveau de l’émotion avec souvent des destins cruels et des morts inattendues. Ce n’est pas le cas avec Soul Eater hélas.
Par contre, au secours niveau chara-design: qu’est-ce que c’est que ces nez affreux ?
4 août 2009 à 04:44 (#)
[...] pourtant pas empêché d’être conquis par la série. Autre avis, autre shônen, c’est Soul Eater qui est passé dans les griffes de Zak du site AnimeFr.com. J’avais déjà parlais du dit [...]
6 août 2009 à 03:27 (#)
trés bon anime mais comme plusieurs la fin est mal foutu
22 août 2009 à 02:50 (#)
j’suis pas d’accord avec fab, moi j’adore cet anime et c’est pas parce que tu l’aimes pas qu’il doit pas devenir aussi populaire que bleach ou naruto
13 septembre 2009 à 02:24 (#)
J’adore les combats, j’ai hâte, je n’ai pas encore vu la fin mais vous n’avez pas l’air de l’apprécier :p. Problème : vous parler de FMA, mais si, c’est vrai, l’anime était bien et donnait quelques leçons de morale sur la vie et la mort, la fin était nulle (et j’ai pas vraiment aimé l’histoire de mondes parallèles séparés par la porte, et le fait d’attendre le film…), et l’anime s’était complètement détaché du manga. Chacun ses goûts mais bon. Et puis, les combats sont mieux à regarder en anime, alors je vais regarder Soul Eater quand même
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18 août 2011 à 07:25 (#)
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