Samurai Deeper Kyo
28 juin 2008 | Par Mugen | Publié dans Manga | 4 commentaires | lu 1 711 fois
Samurai Deeper Kyo est un manga d’Akimine Kamijyô (auteur de Shirogane no Karasu et de Crack!!) composé de 38 volumes. En France il est édité aux éditions Kana, dans la collection Dark Kana. Le manga a été adapté en 2002 en série animée de 26 épisodes par Studio DEEN. Cette adaptation diffère de la version papier, au niveau du scénario et des personnages (il y en a de nouveaux rajoutés). De plus, la série ne retranscrit que les premiers tomes du manga. En 1604, quatre ans après la fameuse bataille de Sekigahara, un pharmacien Kyoshiro rencontre Yuya Shiina « La chasseuses de primes qui se trouvent partout sur la route de Tokai ». Elle croit que ce pharmacien est Kyo yeux de démon « L’homme au milles victimes »… Malgré un synopsis simple l’auteur a su créer un univers et une histoire unique qui transcende les bases du shônen.
Samurai Deeper Kyo est un shônen, certes, mais pas n’importe quel shônen ! Il est totalement diffèrent des autres titres à succès du genre que l’on connaît. Premièrement, il est basé sur un évènement historique qui a marqué l’histoire du Japon : La bataille de Sekigahara. Commençons par un peu d’histoire : vers 1568, Oda Nobunaga permet l’unification du pays et atteint un pouvoir équivalent au shogun mais il fut assassiné en 1583 et remplacé par Toyotomi Hideyoshi qui ne fut pas proclamé shogun non plus. Ses cinq généraux firent la promesse que s’il arrivait malheur à Hideyoshi, son fils deviendrait le shogun. Cependant, à son décès en 1598, un de ses généraux, Ieyasu Tokugawa, pris le pouvoir et devint le nouveau shogun. Cependant, un des autres généraux teint sa promesse, Ishida Mitsunari. Ils réunirent tous les deux leurs partisans et ils s’affrontèrent à Sekigahara, le 21 octobre 1600. Tokugawa en sortit victorieux, c’était l’avènement de son nouveau règne qui allait durer longtemps et apporter 250 ans de prospérité et de paix. Le manga prend place quatre ans après cette bataille. Suite à celle-ci ce fut le début de l’ère d’Edo connut pour annoncer le déclin des samouraïs et la création du bushido. Le manga fait ainsi apparaître des personnages historiques tels que Nobunaga et Tokugawa ou encore Sanada. Dès le départ le manga parait assez peu original, démarrant sur des bases habituelles, puis on a le premier élément qui va permettre au manga de se détacher des autres, le dédoublement de personnalité que l’on découvre sur le personnage de Kyoshiro. Très vite ce détail va s’avérer être le point de départ de toute l’histoire et le scénario va devenir de plus en plus complexe au fil des tomes. Ainsi le scénario va s’étoffer, restant constamment assez flou avec plein de questions en suspens. Les informations vont être données au compte-goutte, tome par tome. Cela va aiguiser la curiosité du lecteur et lui donner l’envie à la fin de chaque volume d’empoigner le suivant pour connaître la suite.

Le manga se divise en trois parties. D’abord du premier au cinquième volume c’est l’introduction, où l’on rencontre les personnages principaux, puis vient la forêt d’Aokigahara, du volume 5 au 11 où apparaît Oda Nobunaga. Enfin, du tome 11 au tome 38, la partie la plus importante de l’histoire qui tourne autour du clan Mibu, qui nous fournit des explications sur le passé de Kyoshiro et de beaucoup d’autres personnages. Ainsi l’histoire a pour fil rouge un voyage au travers d’une grande partie du Japon, avec des escales où il y a des batailles, des rencontres entre des personnages. Le voyage démarre d’un peu avant Edo jusqu’à Kyoto et se déroule sur plusieurs mois. Au fur et à mesure du voyage des personnages apparaissent bon où méchant, entraînant d’inévitables combats, et donc des méchants qui se repentissent évidemment… Au niveau des personnages principaux, méchant comme gentil on n’en dénombre pas moins d’une bonne vingtaine, ce qui est assez énorme. Ainsi au fil du voyage, Kyoshiro se fait de nombreux amis qui le rejoignent pour l’aider dans sa quête mais pas toujours pour les mêmes raisons. L’analyse des personnages serait trop long à faire mais chacun à son caractère bien différent. Ils sont tous bourrés de charisme et ont une psychologie très réaliste et complexe. Vous ne trouverez pas les stéréotypes des autres shônen qui desservent un peu le style. Ainsi les personnages évoluent et leurs caractères aussi tout comme leurs convictions et leurs buts. Chacun a ses secrets qui sont découverts au fur et à mesure. Les relations entre tous les personnages sont assez complexes comme la chronologie, ce qui peut paraître parfois étouffant mais au début de chaque tome un résumé avec une chronologie des faits est la pour aider le lecteur, donc pas de panique. Pour achever le tout, à la manière d’un film on a souvent le droit à des flash-back de nombreux personnages racontant ainsi leurs backgrounds.
Les combats sont très impressionnants et originaux mais le point fort de ses combats, du moins au début du manga, c’est qu’ils sont réalistes. Il n’y a pas de magie ou autre chose. Les techniques sont basées sur la force, la vitesse, l’endurance… Ce qui est très rare mais déjà vue à l’époque dans Kenshin le Vagabond. Au fur et à mesure les combats se font de plus en plus intenses et donc plus long, l’auteur y intègre une part de fantastique en leur donnant certains pouvoirs. Mais ces pouvoirs ne sont pas toujours expliqués à contrario de Hunter X Hunter. Tout comme dans un jeu où simplement dans Naruto les personnages s’entraînent augmente leurs puissances, gagnent de nouvelles armes et de nouvelles techniques. On pourrait le comparer à un jeu sous certains angles. L’autre point fort reste le graphisme qui est très beau avec beaucoup de détails, surtout pendant les combats qui sont rendu très réalistes, n’hésitant pas à faire des dessins sur une double page pour rendre plus vivant le récit. Au fil des tomes, le dessin va se développer, pour devenir de plus en plus détaillé et de plus en plus sombre parfois. Les jeux d’ombres et de lumières sont très bien rendus, et les yeux des personnages trahissent bien leurs sentiments. (Les yeux de Kyo sont synonymes de haine et de toutes puissances à vous glacer le sang parfois). Ensuite, pour contrebalancé avec le coté sombre du manga qui prend très vite le dessus l’auteur y intègre de nombreuses scènes humoristiques mais sans jamais tomber dans l’humour lourd et gras. Ainsi, le manga garde une certaine fraîcheur, malgré des scènes de combats assez violentes, qui vont crescendo de tomes en tomes.

Les thèmes abordés sont nombreux et le fait que Kyo et Kyoshiro soit dans le même corps va tout de suite poser le dilemme du dédoublement de personnalité et de la dualité bien/mal. Évidemment comme tout bon shônen, on y retrouve la détermination et le dépassement de soi pour atteindre un niveau divin en matière de maîtrise du sabre. Mais là ou cela diffère de Kenshin, par exemple, est le thème de la vie des samouraïs. Nous donnant ainsi un aperçu des traditions et modes de pensés des samouraïs, on découvre leur code moral et que malgré les guerres et autres querelles, les samouraïs prennent plaisir à s’affronter et à risquer leurs vies. La mort est un thème récurrent dans son œuvre, avec cette fameuse « maladie de la mort » qui n’est pas sans rappeler le sida et rappelle que même les plus forts ne sont pas immortels. En conclusion, ce manga est culte et ravira tous les fans de shônen de part son graphisme, son histoire ou encore les multiples combats. Il aura su se faire une place dans le monde des shônen, renouvelant ainsi le genre. Ce manga est le premier de Kamijyô qui montre son talent en espérant que ses prochaines créations soient toutes aussi géniales. À savoir, sa nouvelle création est Code Breaker, manga sur le monde du hacking.
29 juin 2008 à 09:28 (#)
Bonne critique mais je pense que tu aurais du expliquer dans un paragraphe la différence entre l’anime et le mangas. Grace à ta critique , nous savons déja que l’histoire n’est pas la même et le nombre de personnage intervenant différe . D’où ma question, quelles sont les differences majeures entre l’anime et le mangas? Y-a t’il vraiment un fossé entre les oeuvres ? L’animation est elle réussie ?
29 juin 2008 à 12:30 (#)
Personnellement, je n’ai pas vu l’animé mais pour ce que j’en ai lu et les quelques extraits que j’ai vue, l’animation n’est pas excellente mais elle reste correcte. Le jeu d’ombre est nettement moins présent..
Pour la différence animé/manga, pour ce que j’en ai lu, les ennemis se transforment en monstres donc on a plus les combats réalistes du manga. Les personnages sont les mêmes à part qu’il apparait un autre personnage et que le réalisateur fait apparaitre un « cinquième sabre Muramasa ». L’animé adapte juste les 11 premiers tomes jusqu’au moment où est vaincu Oda nobunaga et il nous est offert une fin alternative au manga nettement moins inspirée…
Pour plus d’infos va voir la fiche wikipedia il y a un résumé du dernier épisode tu comprendra ce que j’entends par fin alternative moins inspirée…
29 juin 2008 à 01:59 (#)
ok ça marche! Personnelement j’irai voir sur Hyoo plutôt que wikipedia mais seulement aprés avoir vu l’anime.
8 août 2009 à 01:28 (#)
Hm, c’est moi où tu aimes beaucoup Shinrei ? (on va bien s’entendre sur ce point, c’est mon petit préféré <3)
C’est vrai que l’anime est de loin inférieur au manga, mais si vous n’avez pas lu les books, il ne devrait pas vous déplaire. Par contre, ne faites pas comme moi, c’est à dire lire les mangas jusqu’au 10 pour ensuite attaquer l’anime et enfin poursuivre la série ! C’est déplaisir garanti. Bonten n’apparait même pas, Akari non plus, après un revisionage complet, il me semble qu’on n’évoque même pas les 4 sacrés, on parle seulement que Luciole et Akira sont les « bras droits » de Kyo, il manque la moitié des 5 planètes qui ne sont même pas nommés comme tels, aucun grand Sage (j’voulais voir Fubuki !!), ni général fou (Mekira, Indara et Kubira sont splendides, bien que cannibales), Shatora n’a pas la bonne identité, le rôle de Shindara est baclé (il voit l’avenir, notre petit ninja ? Forcément, il fallait inventer quelque chose, vu que Tokito n’apparait pas !),… Actuellement j’en suis au tome 25 (on dirait pas, mais ça coute cher, une collec’ de Kyo) et je les dévore toujours autant. Quelques passages à creux, mais rien de significatif, à comparé de certains mangas horriblement longs et sans intérêt. Et depuis l’arrivée de Akari, c’est extra.
Voila, manga fabuleux, vous l’aurez compris, chers lecteurs.
Sayonara.