Rideback
5 septembre 2009 | Par Zak | Publié dans Critiques | 1 Comment | lu 565 fois

Rideback aura ouvert le bal 2009 des productions Madhouse dès le mois de janvier. Cette série de 12 épisodes est l’adaptation du manga seinen éponyme de Tetsuro Kasahara qui venait juste de se terminer au bout de 10 volumes. Après avoir bossé sur quelques titres réputés comme Paranoia Agent, Kemonozume, Abenobashi et assister d’Hayao Miyazaki sur Le Voyage de Chihiro, Atsushi Takahashi signe ici sa première réalisation. Tandis que le scénariste de Akagi, Kaiji et One Outs, Hideo Takayashiki, se charge de porter à l’écran le manga. Un travail plus que complexe étant donné le faible nombre d’épisodes produits par le studio. Ainsi, la structure scénaristique de la série est sans conteste son principal défaut. Ce qui l’empêchera sûrement de sortir de l’anonymat. Rideback méritait meilleur traitement même si le résultat final vaut clairement le coup d’œil.

Nous sommes en 2020, dans un Japon instable dominé par un groupuscule armé, le GGP. Rin Ogata est une jeune ballerine qui désire suivre l’exemple de sa mère, décédée lors d’un tremblement de terre, et ainsi devenir une grande danseuse de ballet. Lors d’une représentation Rin fait une chute et se blesse à la cheville. Suite à cet accident, elle décide de raccrocher. En entrant à l’université d’art de Tokyo, Rin tombe sur un club de conduite d’engins assez particuliers, des motos robotisées : les Rideback. Hishida Haruki, l’un des membres, lui propose d’essayer de conduire l’une de ces machines baptisées Fuego. En le pilotant, Rin éprouve alors un étrange sentiment et témoigne d’une adresse remarquable dans son maniement. C’est ainsi que commence son entrée dans le club… Sous ses faux airs de série mécha aux thèmes de SF classiques (la symbiose entre le pilote et la machine), Rideback cache pourtant de nombreux atouts. Ainsi, au début Rideback fait parti du genre « sportif » (Rin s’inscrit au club et participe à des courses) pour verser doucement vers le techno thriller doté de fortes résonances sociales. Alors forcément, le potentiel commercial de l’œuvre est plus limité d’où sa courte durée au final. D’où un sentiment continu que l’histoire et l’évolution des personnages (secondaires principalement) avance bien trop rapidement. À ce titre, le climax est malheureusement expédié et gâché par ce manque de temps. Alors qu’énormément de titres ont du mal à remplir leur durée, Rideback est une des rares séries qui aurait mérité davantage d’épisodes. Mais d’un autre côté, la série bénéficie d’une régularité technique irréprochable sur le long. Atsushi Takahashi soigne sa réalisation tout en mettant en avant les nombreux effets 3D utile aussi bien à l’histoire que pour l’aspect visuel général. Il est finalement relativement rare à la télévision que le mariage entre l’animation traditionnelle et les CGI fasse aussi bon ménage. Pourtant, c’est le cas dans Rideback.

Rin est une héroïne qui sort facilement du lot tant son écriture fait preuve d’une absence de stéréotypes. Un personnage féminin fort, déterminé, qui retrouve avec le Rideback les sensations qu’elle avait perdues à cause de son accident. Elle n’hésite pas à prendre des risques, quitte à défier les autorités pour sauver les siens (la prise d’otage dans l’immeuble de l’épisode 4 ou la poursuite avec les Ridebacks blancs de l’épisode 6). Contre son gré, Rin va devoir se battre aux côtés de terroristes car la milice fascisante du GGP abuse de plus en plus de son pouvoir de répression. Malgré la manifestation contre le pouvoir en place, il est regrettable que le script n’aille pas plus loin dans le discours politique. Ainsi, Rideback préfère se concentrer sur une histoire de vengeance entre ex-militaire, qui, honnêtement ne brille pas par son originalité. Beaucoup de regrets au final même si le rythme soutenu, la technique irréprochable et la maturité font de Rideback un titre tout à fait recommandable.
28 octobre 2009 à 02:45 (#)
[...] celles de : L’Habitant de l’infini avec sur la même page celle de Jûshi Enbu – Hero Tales. Ride Back est aussi présent ainsi qu’Eden of the Est et The Tower of Druaga : The Sword of Uruk. Il ne [...]