Renaissance
31 octobre 2006 | Par Zak | Publié dans Critiques | lu 55 fois
On l’avait zappé lors de sa sortie en salles en mars dernier et comme le film est disponible dans les bacs DVD depuis maintenant un bon mois, c’est l’occasion d’une séance de rattrapage pour cette nouvelle incursion française dans le domaine de l’animation 3D. En effet, Renaissance n’est pas un premier essai. On se rappelle tous des ratages que furent Kaena, la prophétie ou Immortel (ad vitam) (et sûrement bientôt Arthur et Les Minimoys). Avec de tels antécédents, autant vous dire que personne n’avait espoir dans le film de Christian Volckman (qui a mis sept ans pour faire le film). C’était peut être vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, car Renaissance est avant tout un pur film d’action, un “blockbuster à l’américaine” qu’on ne pourra jamais voir, ici en France, en prises de vues réelles.

2054. Dans un Paris labyrinthique où chaque fait et geste est contrôlé et filmé, Ilona Tasuiev, une jeune scientifique jalousée par tous pour sa beauté et son intelligence, est kidnappée. Avalon, l’entreprise qui emploie Ilona, fait pression sur Karas, un policier controversé, spécialisé dans les affaires d’enlèvement, pour retrouver au plus vite la disparue. Karas sent rapidement une présence dans son sillage. Il n’est pas seul sur les traces d’Ilona et ses poursuivants semblent prêts à tout pour le devancer. Retrouver Ilona devient vital, la jeune femme est l’enjeu d’une guerre occulte qui la dépasse. Elle est la clef d’un projet mettant en cause l’avenir de l’humanité : le protocole Renaissance. Philip K. Dick, le Film Noir américain, Frank Miller, Enki Bilal… Nombreuses sont les influences jalonnant le film de Christian Volckman. L’aspect visuel de Renaissance à base de jeux d’ombres et de lumières transpire l’œuvre de l’auteur de Sin City et de 300 (tout comme l’architecture de Paris s’inspire de Blade Runner). Les critiques ont souvent parlé de “visuel novateur”, mais est-ce vraiment bien le cas ? Certes, on n’a jamais vu un film d’animation de la même trempe, mais Volckman et son équipe n’ont fait que reprendre les idées des autres pour les adapter au format concerné (le cinéma). Soit, la même chose que Robert Rodriguez sur Sin City. Il n’y a donc rien de novateur là dedans, juste de l’expérimentation sous influence. Ainsi, on reprochera au film la froideur de son univers, empêchant toute implication émotionnelle même si le procédé de Motion Capture permet d’avoir un rendu réaliste des mouvements (mais pas des émotions !).

Renaissance est un polar urbain respectant à la lettre les codes des genres (qui a dit de trop ?) mélangé à du thriller d’action futuriste type Minority Report (= Philip K. Dick + Hollywood). Ainsi, on retrouve les clichés inhérents au genre. Le héros est un flic violent et solitaire qui préfère frapper avant de parler. Au cours de l’enquête, il sera suspendu mais continuera avec l’appui de son équipe (car il est charismatique pour ses hommes). Tout cela sent légèrement la naphtaline. Ajouté à cela un scénario nébuleux (surtout dans la seconde partie) aux dialogues peu travaillés et on obtient tous les défauts des gros budgets hollywoodiens sortant chaque année sur nos écrans. Copier le cinéma américain n’est pas une échappatoire. Il est tout à fait possible de faire du grand spectacle autrement que de manière industrielle. Sans son visuel original et sa réalisation rythmée (dont une haletante course-poursuite sur les quais), Renaissance aurait rejoint les autres navets cités en début d’article. Heureusement, ce n’est pas le cas et on attend déjà le prochain opus du réalisateur.