Paradise Kiss
3 février 2006 | Par Zak | Publié dans Critiques | lu 940 fois
Production Madhouse la plus attendue de l’année 2005, Paradise Kiss est la seconde adaptation en série animée d’une œuvre de Ai Yazawa (la première étant Gokinjo Monogatari, dont Paradise Kiss est un spin-off justement). Datant de 2000, le manga totalise 5 volumes et a été prépublié dans un magazine de mode du nom de Zipper. Pourquoi dans celui-ci me direz-vous ? Eh bien tout simplement parce que le monde de mode se trouve au centre de l’intrigue. Après Beck, Osamu Kobayashi s’est vu chargé d’écrire et de réaliser les 12 épisodes diffusés entre octobre et décembre. Sorte de conte de fée moderne, Paradise Kiss devrait ravir les fans de shôjo mais aussi les autres…

Yukari Hayasaka, une jeune lycéenne, ne prend jamais le temps de s’amuser. Elle étudie sans cesse pour les examens d’entrée à l’université, dans le seul et unique but de faire plaisir à ses parents. Une rencontre fortuite va l’amener à faire la connaissance d’un groupe de stylistes de mode excentriques : George, Miwako, Arashi et Isabella. En raison de sa taille et de sa minceur, ils demandent à Yukari de devenir leur mannequin pour le défilé qui a lieu dans quelques semaines et qui fait office d’examen de fin d’année pour leur école. Hésitante au début, Yukari décide d’accepter la proposition. Mais sa mère s’oppose radicalement à ses projets. Elle s’enfuit alors de chez elle, abandonne l’école et se dit que désormais elle prendra sa vie en main. Avec Suzuka, Paradise Kiss est l’animé romantique le plus intéressant du moment. L’univers de Yazawa étant unique et décalé, il est presque impossible de ne pas s’attacher à ces personnages plus hétéroclites les uns que les autres : George, le chef du groupe, perfectionniste et excentrique, Isabella le travesti et bien sûr Yukari, héroïne mal dans sa peau et en manque de repère. Même si Paradise Kiss présente l’univers de la mode de façon fantasmé et peu réaliste (elle est loin l’image du mannequin drogué qu’on éjecte dès qu’elle est trop âgée), cela n’empêche pas l’auteur de nous parler des problèmes de la jeunesse actuelle : des ados qu’on pousse dans leur retranchement pour qu’ils réussissent dans la société, souvent au détriment de leur propre volonté. En découvrant le monde de George et de ses amis, Yukari semble vivre pleinement pour la première fois et elle trouve enfin un but dans la vie.

Ceux qui ont vu Beck savent que techniquement la série manquait de budget. Paradise Kiss souffre d’un problème similaire. Si les dessins sont de grandes qualités (la présence de Nobuteru Yuki au chara design n’y est pas étranger), l’animation manque de pêche, malgré une volonté indéniable de rendre hommage au manga originel (dont le découpage dynamique rythmait diablement l’ensemble). Petite anecdote au passage : l’immense Rintaro (Metropolis et X 1999) a participé au storyboard du dixième épisode. Au final, jetez-vous sur Paradise Kiss c’est du bonheur en barre.