Osamu Tezuka, Manga No Kami-sama
8 octobre 2007 | Par Reith Saji | Publié dans Dossiers | 1 Comment | lu 42 fois
Lorsque tu vins au monde, tout le monde était content et tu pleurais. - Vis de telle sorte que lorsque tu mourras, tous pleureront et tu seras heureux.
C’est ainsi que Manga no Kami-sama (le dieu du manga) vécu. Connaissez-vous le fondateur du manga moderne au Japon ? Le pilier central qui a su insuffler la vie au manga à travers des œuvres aussi abouties que majestueuses… Il est temps chers lecteurs de vous informer des personnages historiques de l’univers manga, Osamu Tezuka est sans doute le premier nom à retenir pour tout passionné de manga et d’animation japonaise vu qu’il a considérablement influencé ces deux domaines !
C’est en 1946 que le jeune auteur qui étudie encore à l’école de médecine se lance dans l’aventure de la bande dessinée. Véritable passionné d’écriture, il appliquera son savoir médicale dans ses séries comme par exemple Black Jack, son œuvre la plus travaillée, qui met en scène la vie d’un chirurgien au talent extraordinaire qui pratique la médecine dans l’illégalité.
Osamu Tezuka (1928-1989) est un mangaka spécialisé aussi bien dans le manga que dans l’animation japonaise (scénariste, character design, producteur), considéré comme le “dieu du Manga” au Japon. 1947 est l’année du commencement de son apogé avec son oeuvre, La Nouvelle Île au Trésor (Shin takarajima), qui le propulse au rang de meilleur auteur dans son domaine. Le mérite appartient à celui qui commence, même si le suivant fait mieux. Osamu Tezuka a écrit plus de 700 oeuvres durant sa vie, en touchant à tous les genres, de la science-fiction (Astro Boy), au fantastique (Phœnix l’oiseau de feu, Vampires, Hi no Tori, Metropolis), en passant par la biographie romancée (La vie de Bouddha, La légende de Songoku), au thriller (Angel Gunfighter, Golgo 13), conte pour enfants (Princesse Saphir, Le Roi Léo), jusqu’à l’horreur (Dororo). À la fin de sa vie, il s’illustre notamment avec 3 œuvres sombres à la valeur littéraire indéniable : L’Histoire des 3 Adolf, Ayako puis Barbara.
Le style de dessin de Tezuka est reconnaissable : le trait est clair, les images simples, le découpage cinématographique avec une légère pointe d’humour.
C’est lui qui a introduit les grands yeux de toon dans la BD japonaise. N’oublions pas non plus ses petits clins d’œil dans la plupart de ses manga où il se met en scène avec sa silhouette facilement identifiable, notamment grâce à son béret et à ses grosses lunettes. Après avoir touché aux manga, il souhaite s’aventurer dans l’animation et c’est en 1961 qu’il crée avec des associés une boite de production d’animation (Mushi production) où il décide d’adapter son œuvre Astro Boy. Puis quelques années plus tard, il crée sa propre maison de production, Tezuka Production.
De ce simple geste, il ouvre la passerelle entre l’animation et le manga. Les grandes choses dérivent souvent des petites. C’est grâce à l’initiative de cet auteur que nous pouvons maintenant apprécier la plupart des séries animées que nous regardons encore aujourd’hui (City Hunter, Fullmetal Alchemist, Death Note…).
Par le biais de ses 700 oeuvres écrites au cours de sa vie, Osamu Tezuka va influencer considérablement le monde du manga, du jeu vidéo, du spectacle, de la comédie musicale et bien entendu du cinéma asiatique.
Quelques exemples d’œuvres influencées directement par le “dieu du manga” :
Dragon Ball, Team Medical Dragon, Say hello to Black Jack, les œuvres de Miyazaki (qui se considère lui-même comme un disciple de Osamu Tezuka), Paprika, Très Cher Frère, Saiyuki, Dororo le jeux vidéo + la trilogie cinématographique…
Sans parler de ses propres adaptations comme Metropolis en 2001, Ray (2006), Black Jack 21 (2007), Astro Boy 2003, Black Jack et les 4 miracles de la vie… etc.
Un musée consacré à son œuvre a été créé à Takarazuka, ville où il a passé son enfance. La gare de Kyoto lui rend également hommage : outre un mini-cinéma et un mini-musée, on y trouve un magasin de produits dérivés de ses créations. De plus on aperçoit les héros familiers en haut de panneaux indicateurs, et une horloge à l’image du Phénix. Un prix, le “Osamu Tezuka culture Award”, existe depuis 1997 et a pour but de récompenser un mangaka dont le style correspond le plus à celui de Osamu Tezuka.
Le site officiel vous permettra de voyager à travers ses plus célèbres œuvres (en japonais et en anglais) : http://ja-f.tezuka.co.jp/
Et un autre site qui mérite d’être vu pour être à l’actualité des titres qui paraissent en France et en Europe : http://tezukainenglish.com/ (anglais et français)
Maintenant pour tous ceux qui souhaitent en apprendre d’avantage sur lui et son travail, je vous invite à lire les livres biographiques dédiés à Osamu Tezuka :
Osamu Tezuka, Osamu Tezuka : Biographie (tome 1 : 1928-1945) à 11.80€
Tezuka Productions (traduction Marie-Françoise Monthiers), Osamu Tezuka : Biographie (tome 2 : 1946-1959) à 8€
Osamu Tezuka (traduction Marie-Françoise Monthiers), Osamu Tezuka : Biographie (tome 3 : 1960-1974) à 11.61€
Toshio Ban (traduction Marie-Françoise Monthiers), Osamu Tezuka : Biographie (tome 4 : 1975-1989) à 12.25€
Thierry Méranger, « Tezuka, l’éternel pionnier », Cahiers du cinéma, n° 616, octobre 2006
Les livres peuvent être commandés en librairie ou via les sites spécialisés de correspondance (ex: www.Amazon.fr)
8 octobre 2007 à 05:25 (#)
Je tiens à remercier les sites que j’ai utilisé pour constituer ce mini dossier sur Osamu Tezuka !
Bonne lecture !