One Outs
11 février 2010 | Par Zak | Publié dans Critiques | 1 Comment | lu 448 fois
Vous connaissez le baseball de nom, au mieux quelques règles, mais pour nous européens cela reste un sport obscur et peu développé. C’est d’ailleurs tout à fait regrettable tant ce sport arrive à être ludique tout en combinant de manière équitable les différentes compétences requises (force, vitesse et intelligence). Au Japon, le baseball est ultra populaire si bien que de nombreux mangas sportifs se déroulent dans ce milieu : Major, Cross Game, Rookies, Touch… et ce One Outs. Sauf que ce dernier laisse la performance sportive et les traditionnels dépassements de soi au second plan pour se concentrer principalement sur l’aspect stratégique d’un match. On classerait alors One Outs comme un pur thriller dans la lignée des œuvres de Nobuyuki Fukumoto. Cela tombe bien, c’est la même équipe de chez Madhouse qui s’en charge !

Hirochimi Kojima est une des stars les plus réputées de la ligue nipponne de baseball. Toutefois, son équipe, les Lycaons de Saitama, stagne dans les bas fonds du classement général. À cause du manque de motivation des joueurs et d’un dirigeant qui préfère l’argent aux résultats sportifs, Kojima ne voit aucun moyen de reprendre le dessus. Un jour, il fait la connaissance de Tôa Tokuchi, un lanceur imbattable au One Outs. Ce jeu d’argent est un défi entre le lanceur et le batteur. Si ce dernier renvoie la balle, il a gagné. Dans le cas contraire, après trois strikes (balles ratées), il a perdu. Pour éponger une dette importante de l’un de ses joueurs, Kojima accepte d’affronter Tokuchi. Kojima perd mais demande un nouveau pari. S’il manque la balle, il mettra un terme à sa carrière. Mais s’il l’a renvoie, Tokuchi devra intégrer l’équipe des Lycaons. Un miracle se produit et Tokuchi se retrouve propulsé dans l’impitoyable championnat national de baseball… Avant d’être une série animée de 2008, One Outs est à l’origine un manga de Shinobu Kaitani commencé en 1998 et qui durera 19 volumes jusqu’en 2006. Kaitani signa aussi les dessins du manga Sommelier en 2003 (disponible en France chez Glénat) et travaille actuellement sur Liar Game depuis 2005 (8 volumes et toujours en cours). One Outs s’inscrit dans le même registre qu’Akagi, Kaiji ou Death Note, c’est-à-dire des œuvres très verbeuses fonctionnant sur un suspense latent et des rebondissements explosifs. Le réalisateur Yuzo Sato et le scénariste Hideo Takayashiki sont donc en terrain connu puisque les matchs de baseball se déroulent comme des parties de poker : paris d’argent et bluff sont au programme. En effet, Tokuchi a signé un contrat spécial avec le président. S’il élimine un batteur, il gagne cinq millions de yens (environ 40 000 euros), mais s’il perd un point, il lui devra cinquante millions (400 000 euros). Même si ce contrat « One Outs » semble complètement défavorable pour notre héros, ce dernier a une confiance totale en ses capacités.

C’est en quelque sorte le gros défaut de One Outs : Tokuchi est trop fort pour que l’on s’inquiète de ses prises de risques. Ainsi, même si la situation semble désespérée, il trouve toujours une astuce pour la retourner à son avantage. Si le spectateur est surpris au départ, une certaine lassitude peut s’installer à force de coups de théâtre improbables. Sur ce point, Kaiji montrait plus d’intérêt car beaucoup moins prévisible dans son déroulement. Tokuchi ne connaît pas le goût de la défaite et son assurance fait aussi son charisme (on pense plutôt à Akagi au final). Il faut l’avouer, il a une sacrée classe et chacun de ses coups est jubilatoire à encaisser. Bien que très doué dans le lancé de balles rapides, Tokuchi est surtout un maître de la manipulation d’esprit. Il lui suffit souvent d’une réplique cinglante et arrogante pour déstabiliser et faire perdre toute confiance à ses adversaires. One Outs est découpé en neuf matchs (trois matchs contre trois équipes différentes). Il est regrettable que les enjeux restent minimes à cause de l’absence d’une réelle fin. Les 25 épisodes ne couvrant pas tout le manga, le championnat s’arrête alors qu’il commençait à devenir intéressant. Cependant, les matchs sont tous différents dans leur déroulement. Mention spéciale à la dernière équipe qui utilise la tricherie et l’antijeu pour arriver à ses fins. À ce titre, les tous derniers épisodes sont absolument renversants. L’équipe adverse essaye de blesser Tokuchi pour le mettre hors course. Lorsque ce dernier est à la batte, le lanceur vise sa tête délibérément. Pour contrer la tentative, Tokuchi balance sa batte en direction du lanceur en feignant le geste maladroit. Au final, c’est l’arroseur arrosé et le lanceur ne peut plus tenter quoique ce soit. À l’instar des autres réalisations de Yuzo Sato, One Outs se situe techniquement dans la petite moyenne. Ce n’est pas un modèle d’esbroufe visuelle (les métaphores symbolisant les états mentaux des protagonistes sont toujours aussi cheap), c’est évident. Toutefois, le chara design original plus passe-partout que celui de Kaiji risque de moins rebuter certains spectateurs.

Il faut vraiment voir One Outs comme un thriller psychologique et pas comme une série sportive. On peut ainsi aisément regarder l’animé sans rien connaître du baseball. C’est en quelque sorte sa force, d’autant plus que les règles sont expliquées de manières tout à fait limpides. Étant donné la faible qualité de la production 2009 d’animés, One Outs se distingue sans problème des autres titres. Pour les genres qu’il aborde (sport + thriller) mais aussi tout simplement parce que la série est très bien écrite. Dommage encore une fois que la fin soit si expédiée avec un message clair : si vous voulez en savoir plus, lisez le manga. Cela devient une sale habitude chez Madhouse en ce moment…
4 mars 2010 à 09:06 (#)
Tiens , j’avais pas vu cette critique.
« Il faut vraiment voir One Outs comme un thriller psychologique et pas comme une série sportive. » Voila , tu as tout résumé la série en une phrase.
Dans ce genre de série comme tu l’as fait remarqué , plus besoin d »être fort tellement Tokuchi pousse le « harcélement » sur les adversaires à l’extrême.