Ninja Assassin
12 février 2010 | Par Zak | Publié dans Critiques | 4 commentaires | lu 521 fois
Malgré la quasi absence de promo, un parc de salles très restreint et une réputation pas forcément des plus flatteuses, il était cependant pour nous indispensable de revenir sur ce revival du film de ninjas. La sortie française de Ninja Assassin a même été un temps annulé avant que le demi-succès aux USA remotive un distributeur (Studio Canal, en l’occurrence). Toutefois, la diffusion reste confidentielle puisque le film n’a pas été présenté à la presse et sûrement en vitesse au comité de censure étant donné son aberrante classification « tout public ». Produit par les initiateurs de la trilogie Matrix (les frères Wachowski et le nabab hollywoodien Joel Silver), Ninja Assassin est surtout un pur manga live, à la fois fun, gore et débilos. Un plaisir coupable (ou pas, on peut l’assumer !) qui permet à ce sous-genre du cinéma d’action de revenir par la grande porte (film de ninjas = gros nanar habituellement) et d’imposer la pop star coréenne Rain (Jung Ji-hoon de son vrai nom) comme un artiste martial tout à fait crédible.

Raizo, jeune ninja orphelin, a été entraîné à tuer par le clan Ozunu. Après l’exécution de sa seule amie, Raizo est soudainement en proie au doute, et quitte alors le clan afin de préparer sa vengeance… Des années plus tard, à Berlin, Raizo tombe sur l’agent d’Europol Mika Coretti qui, après avoir levé le voile sur une affaire politique mettant en cause une mystérieuse organisation asiatique, est devenue la cible du clan Ozunu. Traqués, tous deux se lancent dans une dangereuse course-poursuite… Si l’on excepte les scénaristes, Ninja Assassin est l’œuvre de la même équipe que l’adaptation de V pour Vendetta en 2005. Avec le petit protégé d’Andy et Larry Wachowski à la barre : James McTeigue. Force est de constater que cet ancien assistant réalisateur sur la trilogie Matrix, Speed Racer, L’Attaque des clones et Dark City n’a pas le talent de ses aïeux. En effet, s’il emballe ce Ninja Assassin avec soin, son film manque cruellement d’âme pour dépasser le cadre de la série B régressive légèrement influencée par la « culture manga ». On se met alors à rêver ce qu’un tel film aurait pu donner entre des mains de génies. Guillermo Del Toro par exemple avait transformé Blade 2 en véritable hommage au cinéma de Yoshiaki Kawajiri (et pas seulement pour les séquences d’action !). On ne parle même pas des frères Wachowski dont leurs Matrix et Speed Racer respiraient l’amour de l’animation japonaise. Ils auraient été parfaits derrière la caméra au lieu de se contenter de produire… Mais voilà, faisons avec ce que l’on a ! McTeigue a le mérite de bien mettre en valeur les aptitudes de son héros et livre de belles idées visuelles sur la fin. Ninja Assassin est le premier scénario d’un fan d’arts martiaux, Matthew Sand. Mais devant la faiblesse du matériau, le premier jet a été repensé en urgence (cela se voit à l’écran) par J. Michael Straczynski, bien éloigné de l’univers de Babylon 5. On peut émettre l’hypothèse que développement de l’enquête policière et la mythologie autour des clans d’assassins est de son œuvre.

Même si on ira voir Ninja Assassin en se débranchant la cervelle pour admirer principalement le fantastique travail sur les chorégraphies martiales, avec une histoire c’est quand même mieux. Dans l’état, elle reste très faiblarde et bancale. Ponctuée de nombreux flashbacks souvent balancés n’importe comment et de répliques couillonnes, le script de Ninja Assassin prend pourtant son temps. Comme un bon diesel avant de lâcher la sauce pour une dernière demi-heure explosive. On regrettera alors que la plupart des affrontements se déroulent de nuit ou dans des environnements très sombres. Le manque de lisibilité gâche souvent l’action. Vous me direz, c’est logique pour des ninjas. Il n’y a que dans Naruto que les ninjas se baladent de jour en combinaison fluo ! Bien heureusement, le combat hargneux dans les toilettes et le tout climax réhausse le tout. Si vous voulez voir une bataille rangée entre des forces spéciales et des ninjas (avec dégommage au lance-roquettes) ou un héros vénère qui tranche à tour de bras, Ninja Assassin devrait combler vos attentes.
16 février 2010 à 05:24 (#)
Je suis allée voir Ninja Assassin il y a peu avec une amie fan de bastons (et de l’acteur) dans le but parfaitement avoué de se débrancher la cervelle. On peut dire que ça a merveilleusement fonctionné mais je suis d’accord sur le fait que la présence d’un scénario (quoi il y en avait un ?) aurait rendu le tout plus agréable.
De manière caricaturale on peut résumer le film comme suit :
« Alors c’est l’histoire d’un mec, c’est un ninja, en plus il est trop beau et il tue tous les méchants ninjas qui sont moches parce que les méchants c’est toujours les moches. Et puis il rencontre une black bien roulée qui sert à rien mais comme elle est belle, ben c’est l’héroïne forcément. Et puis le ninja il tue tout le monde même qu’il est trop pas content. Et à la fin il finit torse nu dans les flammes pour qu’on puisse mieux voir ses pectoraux. The end. »
Plutôt réservé aux amateurs de bastons donc =).
20 février 2010 à 03:27 (#)
J’etais décidé d’aller le voir mais il est resté, tenez vous bien, dans la salle obscure prés de chez moi seulement 1 semaine à l’affiche !
C’est quand même scandaleux pour un réseau comme Gaumont…
Ce n’est pas pour faire de la (mauvaise) pub mais à chaque qu’une oeuvre Nippone sort en salle c’est toujours la même histoire , 1 semaine et basta !
Plusieurs exemple me (re)viennent à l’esprit : Evangelion 1.0 ; Les Comtes de Terremer ; …
Simpelement navrant :/
20 février 2010 à 12:29 (#)
C’est un film américain (germano-américain plus précisement). Mais étant donné l’actualité importante niveau ciné en ce moment, c’est presque logique (l’excellent film français La Horde subit la même chose).
20 février 2010 à 06:13 (#)
oups désolé je me suis enflammé . Ouaip surement ça.