My-HiME

13 avril 2006  |  Par Zak  |  Publié dans Critiques  |  2 commentaires  |  lu 163 fois

Si la série du studio Sunrise (Cowboy Bebop) la plus attendue de l’année 2004 fut sans conteste Mobile Suit Gundam Seed Destiny, ce n’est pas celle-ci qui se fit le plus remarquée. En effet, My-HiME (ou Mai-HiME en version originale) de Masakazu Obara avait tout de l’outsider parfait : adolescentes aux pouvoirs cachés, histoire d’amitié forte, triangles amoureux, combats dantesques, rebondissements en pagailles, humour graveleux et instants dramatiques intenses. Ce shônen est à l’origine une série de trois projets développés parallèlement : une série animée de 26 épisodes, un manga et un jeu vidéo pour PS2. Chaque support étant différent l’un de l’autre, tout en gardant un background similaire. Alors pourquoi un tel engouement pour Mai et ses amies ? C’est ce qu’on va voir tout de suite.

Who are those little girls in pain
Just trapped in castle of dark side of moon
Twelve of them shining bright in vain
Like flowers that blossom just once in years
They’re dancing in the shadow like whispers of love
Just dreaming of place where they’re free as dove
They’ve never been allowed to love in this cursed cage
It’s only the fairy tale they believe

Mai Tokiha, une adolescente de 15 ans et son jeune frère Takumi sont admis à la prestigieuse Académie Fuuka. Alors qu’ils sont en route par bateau pour leur nouvelle école, ils repèrent le corps d’une jeune fille flottant dans la mer. En lui faisant du bouche à bouche, Mai découvre que la jeune fille a la même marque de naissance qu’elle. Mai va également faire la connaissance de deux autres élèves de sa future école, Yuuichi Tate et Shiho Munakata. Alors qu’ils sont en train de discuter tranquillement, une bataille entre la jeune fille secourue des eaux et une autre a lieu sur le bateau. Les dégâts sont considérables et le bateau coule. Tous les passagers sont évacués sauf Mai, restée avec les deux autres combattantes. Alors qu’elle était sur le point de se faire tuer, Mai se découvre des pouvoirs, celui d’une HIME. HiME est la dénomination de Highly-advanced Materializing Equipment. En d’autres termes, nos héroïnes ont des pouvoirs surnaturels leur permettant d’invoquer un Element (une arme) et un Child (un robot en forme d’animal). Ce dernier représentant l’âme de la Walkyrie (terme employé pour évoquer nos guerrières). Ensemble, ils ne font qu’un et sans lui, elle n’existe pas. Les HiME sont au nombre de 12 et chacune voit une mystérieuse étoile rouge dans le ciel que seules elles peuvent voir. Leurs pouvoirs donnent une dimension quasi-mythologique propre aux shônen. Une connotation qui sera renforcée lorsqu’elles apprendront leur terrible destinée. Les HiME ont toutes été regroupées à l’Académie par un groupe nommé Première Division en vu de combattre les Orphans, des créatures qui envahissent l’île. Mais cette bataille n’est qu’une préparation pour un combat dont l’issue sera forcément fatale pour nos héroïnes.

Au début, seules trois HiME sont connues (Mai, Natsuki et Mikoto, qui sont aussi les trois personnages principaux de l’histoire), l’identité des 9 autres ne sera découverte qu’au fur et à mesure des épisodes. Mai apprend rapidement qu’elle possède des pouvoirs surhumains, puis choisit sa destinée en libérant son Child : Kagutsuchi, un dragon dont le nom s’inspire du dieu du feu au Japon. Devenir une HiME signifie aussi mettre en jeu la chose la plus importe à ses yeux. Or, ce n’est pas sa propre vie, mais celle de la personne qu’elle chérit le plus. Un choix drastique sachant les conséquences que cela peut entraîner (d’autant plus que nos héroïnes découvriront la vérité lorsque l’une d’elle perdra son Child lors d’un combat). Devenir une HiME signifie ne plus avoir le droit d’aimer, chose impossible pour des adolescentes en passe de devenir adulte et donc de découvrir de nouveaux sentiments. En effet, My-HiME n’est rien d’autre qu’une chronique adolescente camouflée en fausse histoire de Magical Girls. Le traitement subtil du passage à l’âge adulte et des déboires de cet âge-là rappellent celui de Ginger Snaps de John Fawcett (un formidable film de loup-garou injustement méconnu du grand public) voir celui des deux opus de Spider-Man de Sam Raimi. Nos héroïnes vont être confrontées à différents problèmes de leur âge : les premiers flirts, la découverte de sa sexualité, d’une amitié fraternelle et même les changements physiques de la puberté. L’amour avec un grand A se retrouve donc au centre des thématiques de My-HiME (le pouvoir des HiME évolue en fonction de l’attachement qu’elles ont pour leur être cher). Rares sont les séries animées qui ont su parler des premiers émois amoureux avec autant de réalisme et de justesse sans tomber dans la niaiserie. Grâce à cela, l’identification du spectateur est immédiate renforçant son implication sur les évènements à venir.

L’animé est découpé en deux parties. La première, balance entre la comédie et l’action pure, sert surtout d’introduction à la seconde, qui marque un changement de ton majeur. Tous les repères que l’on a pu avoir s’effondrent lorsque le destin des HiME est révélé : elles vont devoir se combattre mutuellement et à la fin, il ne devra en rester qu’une (l’inspiration de Highlander se fait nettement ressentir, vous l’aurez deviné). Commence alors une vendetta entre les filles qui, pourtant ne veulent pas en arriver là. L’atmosphère devient résolument différente : l’humour disparaît totalement, les couleurs deviennent moins chatoyantes (la pluie ne cesse de tomber), les relations deviennent tendues et la mort semble avoir pris place au sein de l’Académie Fuuka. Cette seconde moitié rend la première presque anecdotique tellement les auteurs se sont lâchés sur une histoire de rixe fratricide qui empreinte au mélodrame autant qu’à la tragédie shakespearienne. Chaque épisode se termine sur des larmes et ça fait mal. Personnage central de l’animé, Mai Tokiha est une des héroïnes féminines les plus fouillées et intéressantes que l’animation japonaise nous ait offert ces dernières années. Elle représente l’archétype de la lycéenne de 15 ans, pleine de vie, attentionnée envers ses amis, etc. Mais derrière cette facette d’adolescente type se cache une personnalité plus complexe et plus tourmentée. Mai s’est forgée un caractère d’adulte après la mort de sa mère, s’occupant sans cesse de son jeune frère physiquement très affaibli (il a une maladie cardiaque et Mai travaille comme serveuse après les cours pour lui payer une opération). Elle vit pour les autres et le fait d’être toujours gai cache en réalité une immense tristesse d’âme. Mai va entretenir des relations fortes au cours de son périple à Fuuka. Avec ses amies mais surtout avec Yuuchi Tate.

La relation liant Mai et Yuuichi est un des points centraux de la série. Elle, qui ne pouvait pas l’encadrer au début va progressivement s’attacher à lui. Un jour, après avoir rendu visite à son frère à l’hôpital, Mai n’en peut plus et lâche devant Tate toutes les larmes qu’elle a contenu depuis bien trop longtemps. À ce moment, leur relation va changer. Il lui remonte le moral, elle sourit, c’est le premier déclic. Cette formidable scène intimiste, émouvante et superbement mis en scène (la contre-plongée sur le ciel qui se dégage pour indiquer le changement d’humeur de Mai) marque le début d’une relation qui atteindra son apogée lors d’un combat homérique dont l’enjeu sera la vie de Yuuchi. Leur relation ne sera pas simple à cause des triangles amoureux qui se dessinent (Shiho en pince pour Yuuchi, Reito pour Mai) et du destin des HiME obligeant Mai à repousser Yuuchi, pour le protéger. En vain, car l’amour ne se contrôle pas. En arrivant à Fuuka, Mai fait la connaissance de Mikoto, qui deviendra rapidement sa meilleure amie. Plus jeune, Mikoto est la HiME physiquement la plus puissante (elle se balade toujours avec son épée de deux fois sa taille !). Naïve et extrêmement attachante, Mikoto fera office de petite sœur de Mai. Natsuki Kuga est la troisième principale HiME. Solitaire, mystérieuse et plutôt froide envers les autres, Natsuki cherche avant tout à se venger de la Première Division, qu’elle croit responsable de la mort de sa mère. Sa relation avec Shizuru (la présidente du conseil des étudiants, dont la personnalité psychotique et troublante la rend fascinante) est assurément une des réussites essentielles de l’animé. Les personnalités de chaque HiME sont différentes l’une de l’autre et même si certains stéréotypes persistent, aucune n’ai laissé au hasard.

Contrairement à bon nombre de séries actuelles, My-HiME ne s’abandonne pas à l’utilisation abusive de la 3D. La frime visuelle n’a pas lieu ici et l’animation traditionnelle domine. Divers effets de lumières en CGI subsistent, souvent pour le bien de l’histoire (le moment où Mai déclenche une véritable tempête de feu restera gravé dans la rétine du spectateur). La réalisation est nerveuse et efficace pour les séquences d’actions (en particulier lors des affrontements contre Miyu). Mais de manière générale, les combats sont courts car les auteurs préfèrent s’intéresser aux personnages et à leurs relations. De ce fait, on peut comparer My-HiME à X, le chef-d’œuvre de Yoshiaki Kawajiri. Sauf que la série Sunrise est bien mieux rythmée, c’est dire la qualité de celle-ci. Enfin, le design général est très soigné (mention spéciale au chara design), on pourra juste regretter que les Orphans soient limités à de gros monstres difformes certes originaux mais quelque peu grossiers. My-HiME ne serait peut être rien sans les partitions envoûtantes de Yuki Kajiura (Noir et Madlax). La compositrice s’impose au fil de ses participations comme une personnalité majeure au sein de la production nippone d’animés (on en arrive à regarder une série rien que pour entendre ses musiques). Si My-HiME nous offre des moments de pures poésies visuelles (la mort de Miyu et Alyssa par exemple), ceux-ci sont transcendés par des thèmes comme Mezame ou Ensei dont le lyrisme appuyé émouvra n’importe quel spectateur. Le doublage n’est pas en reste. On retiendra particulièrement les prestations de Mai Nakahara (Mai) et Tomokazu Seki (Yuuichi) dont le jeu souvent intense arrive sans problème à exprimer les sentiments des personnages (le cri de désespoir de Yuuchi lorsque Reito s’apprête à embrasser Mai). On appréciera aussi d’entendre les toujours excellents Akira Ishida (Nagi) et Toshihiko Seki (Reito), deux comédiens de grande classe.

Seule véritable ombre au tableau : le happy end final reniant tous les évènements tragiques se déroulant lors de la seconde partie. Sauf que cette fin si positive peut se traduire comme une délivrance pour un spectateur mis sous pression depuis une dizaine d’épisodes. Les DVD sortent bientôt chez nous, inutile de vous dire qu’il faudra se jeter dessus. Il serait dommage de passer à côté d’un tel chef-d’œuvre dont l’étonnante noirceur provoque un déstabilisant mélange des sensations. Déprimant certes, mais tellement beau.

Commentaires

  1. bibish23 dit :

    1 mai 2007 à 05:43 (#)

    dite vous saver ou trouver les epsiode de mai hime j’en n’ai vue que 11 sur 26 et je cherche ekls autre mes je trouve toujour pas pouvez vous me répondre

  2. Belgarath4 dit :

    28 novembre 2007 à 04:28 (#)

    Pour les épisodes, il faut les acheter chez Dybex (6 DVD), qualité des DVD moyen-supèrieur…

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