Mobile Suit Gundam Seed Destiny
6 avril 2008 | Par Zak | Publié dans Critiques | 5 commentaires |
Succès sans précédent pour la célèbre franchise de Sunrise, Mobile Suit Gundam Seed donna logiquement naissance à une suite deux ans plus tard. Ainsi, Destiny remplace fin 2004 Fullmetal Alchemist à la même case horaire et ce durant 50 épisodes. Si le staff principal reste le même (Mitsuo Fukada à la réalisation, Chiaki Morosawa à la composition de la série…), on dénote tout de même la participation de nouveaux scénaristes comme Natsuko Takahashi (Fullmetal Alchemist, Bleach, ou encore Le Comte de Monte-Cristo). La suite de la guerre entre Naturels et Coordinateurs passionne une nouvelle fois les japonais et la série obtient deux années de suite l’Anime Grand Prix et une seconde place au dernier palmarès juste derrière Code Geass. Seulement voilà, derrière cet engouement indéniable, Mobile Suit Gundam Seed Destiny laissa un goût amer dans la bouche de nombreux spectateurs. Polémique justifiée ou simple élucubration de fans pointilleux ?

Ère cosmique 72. La bataille de Jakin Due a mis fin à plus d’un an et demi de guerre sans merci entre la Terre et les PLANT. Au terme des négociations, un traité de paix est signé sur les lieux mêmes de la tragédie de Junius 7, cristallisant la volonté des protagonistes d’instaurer la paix. Mais les haines ne se sont pas totalement dissipées et la paix est encore fragile. Succédant à son père, Cagalli Yula Athla a pris la tête de l’Union d’Orb, territoire neutre convoité de tous pour ses technologies de pointe. Alors qu’elle s’efforce de rester optimiste sur l’avenir de son pays, le président des PLANT, Gilbert Durandal, lui rend visite officiellement afin de la persuader que la course aux armements est inévitable. À peine a-t-il effleuré le sujet que trois prototypes de Mobile Suits (les Gundam Chaos, Abyss et Gaia) sont dérobés par des soldats de l’Alliance Terrienne… Mobile Suit Gundam Seed Destiny reprend en grande partie les recettes de son prédécesseur. On débute par un vol de Gundam, puis une poursuite entre un vaisseau de ZAFT (le Minerva) et ceux de l’Alliance. Seuls les rôles sont inversés. L’autre changement majeur par rapport à Gundam Seed est l’arrivée de nouveaux héros principaux. Exit Kira et l’Archangel, recalés ici au second plan (du moins au début), et bienvenue à l’équipage du Minerva. Notamment Shinn Asuka, le personnage central dont le trauma est exposé dès la terrible séquence d’ouverture du premier épisode : toute sa famille meurt lors de la bataille de Jakin Due et il s’engage fissa dans l’armée de ZAFT. Sa psychologie est plantée dès le départ : Shinn est un héros tourmenté, arrogant, impulsif et surtout fortement influençable, jusqu’à atteindre des sommets d’imbécillité. Il suffit d’observer ses réactions incompréhensibles de haine envers Cagalli ou de le voir se faire manipuler par tout son entourage pour se convaincre de sa bêtise. Il mérite des baffes et heureusement, Asran est là pour lui en donner.

Justement en parlant d’Asran, il apparaît au début comme un soldat aguerri conscient de ses erreurs passées. Les multiples batailles auxquelles il a participé ont fait de lui un leader charismatique pour les jeunes troupes de ZAFT. Seulement voilà, les scénaristes ne semblent pas savoir quoi faire du personnage au bout d’une trentaine d’épisodes. Asran est donc mis de côté, condamné à observer les autres se battre d’en bas. Il faut attendre la toute fin pour revoir la “légende de l’armée ZAFT” reprendre enfin les armes. Kira est en revanche très en retrait dans cette histoire alors que Asran reste toutefois un des personnages centraux. Quasi autiste, il semble avoir abandonné toute conviction en se cachant avec Lacus dans un orphelinat. Heureusement, un évènement lié au conflit qui se prépare l’obligera à reprendre du service à bord de l’Archangel (qui, encore une fois, se retrouvera entre deux feux). Bien que reprenant les thèmes et une partie de la structure narrative de Gundam Seed, cette seconde saison s’avère au demeurant plus complexe, plus ambitieuse, multipliant les personnages et les intrigues secondaires. Ainsi durant les trois-quarts de la série, le spectateur se trouve principalement aux côtés de l’équipage du Minerva puis vers la fin, il bascule vers celui de l’Archangel avec comme ennemi à abattre… le Minerva ! Un concept génial qui pourtant a été pris pour du pur fan service censé remettre les héros populaires de Gundam Seed sur le devant de la scène. Sans compter aussi le retour improbable d’un personnage que l’on croyait mort (le faux twist sur la vraie identité de Neo Lornoke). Avec Mobile Suit Gundam Seed Destiny, “l’impossible devient possible”. Le scénario a aussi la bonne idée d’expliquer certains points laissés en suspens auparavant comme l’origine des Extended, ces Naturels génétiquement améliorés.

En revanche, toutes les bonnes idées de départ ne bénéficient par du même traitement de faveur au fil des épisodes. Ainsi, Meer Campbell, la fausse Lacus assurant la propagande du président Durandal ne sert plus à grand-chose sur la fin. Pour la faire sortir en beauté et lui donner un peu de consistance, les scénaristes lui consacrent alors deux (mauvais) épisodes juste avant la bataille finale. Mais le pire, est sans conteste Heine, qui sera sacrifié à peine arrivé, histoire de remplir le cota de mort héroïque pour la série. Mais comme le personnage est à peine esquissé, la séquence tombe logiquement à plat. Vient enfin l’aspect qui a peut être le plus rebuté les détracteurs : l’abandon du “Real Robot“. La Saga Gundam a toujours été réputée pour le réalisme et la crédibilité de la technologie et du pilotage. Hors Destiny brise quelque peu ces codes en accumulant les exploits surréalistes des pilotes et de leurs machines. De même, cette suite multiplie les Gundam, comme s’ils sortaient d’une usine à jouets Bandai. Je ne vous parle même pas des designs folkloriques comme celui du Gaia de Stella (un Gundam qui se transforme en chien, WTF ?) ou de l’Akatsuki lustré à la cire. Cela dit, le néophyte de la saga n’en aura que faire de tout cela. Ainsi, Mobile Suit Gundam Seed Destiny subit les mêmes foudres que Macross Zero à sa sortie. L’ultra spectaculaire c’est bien, mais ça peut mettre en rognes les fans. Là où la série est inexcusable, c’est dans la multiplication des flash-back (cinquante fois la mort de la famille de Shinn ou Asran donnant la bague de fiançailles à Cagalli, à force cela gave !) et dans la réutilisation de plans, voir de scènes complètes lors des batailles.

Toutefois et ce malgré tous ces défauts, Mobile Suit Gundam Seed Destiny reste dans la lignée de la première saison, arrivant parfois à la surpasser. Gibert Durandal ou Rey Za Barrel nous font facilement oublier leur alter ego d’antan, Patrick Zala et Raw le Creuset. Le premier est l’archétype du politicien charismatique qui emballe les foules avec une verve certaine (voir son discours fédérateur contre le Logos) alors qu’il est en réalité un dangereux manipulateur aux intentions troubles. Tandis que le second, pilote de Gundam du Minerva, apparaît au début comme quelqu’un d’effacé tant il parle peu mais qui au final se montrera véritablement dangereux, pour ses ennemis, comme pour ses amis (c’est lui qui manipule Shinn). La série nous offre aussi son lot de moments forts et de séquences d’actions dantesques : le vol des Gundam, la chute de Junius 7 qui déclenche le nouveau conflit, les combats entre le Minerva et les vaisseaux de l’Alliance, la première apparition du Gundam Destroy et bien sûr le climax final. On regretta juste que Dearka et Yzark ne soit pas plus présents dans cette séquelle (leur retournement de veste lors de l’ultime bataille est aussi jouissif qu’hilarant). Bref, on est aussi gâté que dans Gundam Seed. Le succès de Destiny donna naissance à un spin-off de trois ONA (épisodes diffusés sur le net) au nom de Mobile Suit Gundam Seed C.E. 73: Stargazer. Écrit et réalisé par Susumu Nishizawa (storyboarder sur la série), avec la participation de Shigeru Morita (scénariste sur la série), ces épisodes se déroulent juste après la chute de Junius 7. Bien que trop court, on en apprend davantage sur les Extended et la fin très mélancolique est superbe. À noter que le chara design de Kenichi Ohniku diffère quelque peu de celui initial d’Hisashi Hirai.

Donc si toi lecteur, tu considères que Gundam Seed Destiny est la “pire série de la saga jamais faite” (chose que l’on a pu lire), je te conseille de jeter un œil aux autres opus car il en existe de bien plus mauvais ! Certes, la série est impardonnable sur bien des points, mais elle ne mérite assurément pas ce déversement de fiel. Dans l’état, Mobile Suit Gundam Seed Destiny est restée la meilleure série mécha jusqu’à… Mobile Suit Gundam 00, dernier titre en date de la franchise. Il est juste regrettable que Beez n’ait pas eu l’initiative d’inclure l’épisode Final Plus dans sa dernière galette, la version rallongée du tout dernier épisode (alors que pour Gundam Seed, Beez l’éditeur l’avait fait). Car sans ce dernier, la fin paraît abrupte, sans épilogue. Dommage, la dernière poignée de main entre Kira et Shinn est très symbolique car ouvrant le monde sur une nouvelle ère de paix… Mais pour combien de temps ?
7 avril 2008 à 05:24 (#)
“Dans l’état, Mobile Suit Gundam Seed Destiny est restée la meilleure série mécha jusqu’à… Mobile Suit Gundam 00, dernier titre en date de la franchise.” => Quid de Code Geass ? Je sais que le style mécha n’est peut-être pas aussi net dans cette série mais y’a quand même des robots qui se tape dessus entre deux délire de Lelouch :p
Sinon très bonne critique, je ne connais pas tout le passif de Gundam mais Destiny avait quand même quelques points forts parmis beaucoup de faiblesses.
7 avril 2008 à 07:00 (#)
J’ai du mal à considérer Code Geass comme une série mécha à parti entière en fait. La série de Goro Taniguchi touche a tous les genres et pas seulement juste au style mécha. Bon allez, on va dire que Destiny était la meilleure jusqu’à Geass et 00.
8 avril 2008 à 05:35 (#)
Je suis assez d’accord avec cet article, s’il est vrai que Seed Destiny possède certains défauts comme des personnages secondaires pas toujours exploités de la meilleure manière,des épisodes résumés trop nombreux (4 ou 5)et la réutilisation de nombreuses séquences(lancement du core splendor et assemblage de l’impulse).Le scenario lui tient parfaitement la route grâce à son caractère géopolitique très intéressant et son orientation plus sombre et mystérieuse que la série précédante.Ce qui m’a marqué le plus dans Seed et Destiny ce sont les musiques tout bonnement sublimes pour certaines. Hormis celles de Fullmetal Alchemist je n’avais rien entendu d’aussi bien depuis Escaflowne, Evangelion ou encore Cowboy Bebop.
10 avril 2008 à 02:27 (#)
moi j’en est vue aucun de gundam j’ai jamais eu l’envie vous me conseillez quel animés et dans quel ordre si les suite on un sens sinon je regarderait le meilleurs?????.
10 avril 2008 à 03:31 (#)
Les séries Gundam peuvent se regarder indépendamment les unes des autres sauf Destiny où il vaut mieux voir Gundam Seed avant (et Mobile Suit Gundam Zeta avant sa suite Mobile Suit Gundam ZZ).
Un article sur la saga (uniquement l’Universal Century) : http://www.a-suivre.org/_archives/metropolis/chroniques/chronicle.php?chro=2