Mnemosyne : premières impressions
1 avril 2008 | Par Reith Saji | Publié dans News animés | lu 1 439 fois

Dans la mythologie grecque, Mnémosyne est la déesse de la Mémoire, fille du Ciel et de la Terre. Xebec et Genco nous offrent un vrai plaisir visuel et scénaristique pour cette nouvelle année 2008, avec l’adaptation contemporaine du mythe, Mnemosyne no Musume-tachi de son nom. Qui ne connait pas encore Xebec ? C’est le studio à qui l’on doit les excellentes séries Sorcerer Hunters (1995), Negima! (2005), Busô Renkin (2006), The Third (2006) et biens d’autres.
S’il y a un endroit où vous aimeriez vous reposer, c’est dans votre propre mémoire. William Michaelian

L’histoire se déroule dans les années 90, Rin Asôgi dirige une agence de détective, dans le quartier de Shinjuku à Tôkyô. Elle est assistée par Mimi, une jeune fille qui gère la comptabilité et s’occupe de tous ce qui touche au domaine informatique (piratage, recherche d’informations, détournement etc.). C’est au cours d’une de ces enquêtes, qu’elle vient en aide à un jeune homme amnésique du nom de Maeno Kôki, confronté à des hommes habillés en noir qui désirent l’emmener de force. Par la suite, il fait appel à Rin pour découvrir ce qui lui est arrivé. Bien au-delà d’un simple traumatisme, les troubles de Maeno semblent avoir un lien direct avec le grand laboratoire pharmaceutique Sayama situé à Aoyama et dirigé par Yamanobe Sayara. Celle-ci y mène des expériences effrayantes. De plus, comme si cela n’était pas assez, un assassin redoutable du nom de Laura s’acharne sur Rin pour objectif de la tuer une bonne fois pour toute. L’histoire est un mélange de science-fiction à la Ghost in the Shell (dans la rythmique du scénario) et de roman policier (dans la mise en scène de l’histoire). Un dur travail mené par Xebec et Genco qui réussissent à rendre la série intéressante. Série qui compte au total 6 OAV de 45 minutes chacun, visant un public adulte dû à ces nombreuses scènes de nues et de son côté gore. Tous les ingrédients de la bonne série animée sont regroupés à travers ces six fantastiques OAV que je ne peux que conseiller vivement pour tous les fans d’histoires tordues et de scènes sanglantes. Un scénar très bien ficelé guidé par une mise en scène qui assure l’absence de passages inutiles à postériori. La musique n’est pas son point fort mais l’opening et l’ending frappe fort. Un clip particulièrement travaillé sur tous les plans. À voir absolument. Sinon pour ce qui est de l’intérêt général, nous resterons encore dans le mystère vu que les six OAV ne sont pas encore toutes sorties actuellement. De mon point de vue, la série est sympathique, sans plus, mais elle a des atouts qui méritent d’être énoncés.

L’animation des combats est parfaitement bien retranscrite malgré le manque d’action où s’installe bien trop souvent des plans fixes comme savent très bien faire les studios de ces dernières années. La série sait jouer de ses charmes puisqu’il est impossible de voir passer les 45 minutes une alternance maîtrisée entre action et aventure. La rythmique entre les scènes joue un rôle essentiel dans Mnemosyne, c’est pourquoi le réalisateur, Shigeru Ueda (Elemental Gerad), a collaboré étroitement avec le scénariste Hiroshi Ohnogi (Macross Zero, Noein) afin d’établir un véritable récit romanesque pour Mnemosyne. Le chara design de Chuuô Higashiguchi s’accorde à merveille avec le genre, si bien que certaines scènes sont d’une pure beauté, comme par exemple, dans le premier OAV, où les yeux de Rin reflètent la mort. Son expression, ses yeux, son regard, tout est si bien esquissée qu’on y perçoit en elle, une déesse. Puis à d’autres moments, nous avons le droit à des plans éloignés qui laissent à désirer graphiquement parlant. Les personnages ont tous une particularité qui va amener le récit à sortir de la routine. Prenons par exemple, Rin qui joue l’extravertie et qui se trouve être une femme ayant traversée les âges avec une addiction à la violence. Mimi qui est jeune mais qui pourtant semble si adulte par son attitude, son raisonnement et qui entretient une relation ambigüe avec sa patronne. En somme, Mnemosyne met en avant la femme dans toute sa splendeur et va plus loin puisqu’il insère un message implicite assez subtil que je vais essayer de vous expliquer du mieux que je peux. Et si jamais je m’égard, je vous prie de bien vouloir m’excuser par avance. Par nature, on entend dans un contexte traditionnel, que ce qui constitue les caractères propres d’une existence donnée, oriente en quelque sorte son devenir. Il est dans la nature du feu de brûler. Il est dans la nature du lionceau de devenir un lion et pas un tigre, ou un loup. La nature contient en germe les virtualités qui sont appelées à se réaliser, conformément aux lois de la nature, lois non humaines qui déterminent le devenir de toutes choses. On pourrait dire que Mnemosyne (Rin essentiellement) contient en puissance la déesse et que les années qui s’écoulent ne fera que réaliser son Idée, l’Idée de déesse.

Une série sérieuse sans grande prétention mais qui instaure une joie de revoir l’alliance entre le sexe et la violence mise en scène de manière harmonieuse (c’est ce qui manquait à la série animée Speed Grapher pour devenir culte). Bref, la série est une richesse animée puisque chaque OAV met en scène une nouvelle histoire, de nouveaux protagonistes, une nouvelle ambiance, avec un lien entre Rin et son passé, ce qui procure une excitation nouvelle, notamment, au vu du dénouement qui est sans arrêt, incertain. Le personnage charismatique de Rin pourrait se résumer en ces quelques mots de Jean de la Fontaine :
Quand le moment viendra d’aller trouver les morts,
J’aurai vécu sans soins, et mourrai sans remords.
(merci à AnimeNewsNetwork et tous les autres sites qui m’ont permis de constituer mon article !)


