Michiko to Hatchin
20 janvier 2010 | Par Zak | Publié dans Critiques | 11 commentaires | lu 571 fois
Après les excellents Samurai Champloo et Ergo Proxy, on attendait avec une certaine ferveur cette nouvelle production Manglobe. En effet, en l’espace de seulement deux titres, le jeune studio a prouvé qu’il jouait déjà dans la cours des grands. Par le biais notamment de la présence de prestigieux noms de l’animation japonaise comme Shinichiro Watanabe (réalisateur de Champloo mais aussi Cowboy Bebop), Shukou Murase (réalisateur de Ergo Proxy et Witch Hunter Robin) ou encore Dai Sato (scénariste de Champloo, Ergo Proxy, Eureka Seven, GITS : Stand Alone Complex…). Mais aussi grâce à une ribambelle d’animateurs de génie, dont Sayo Yamamoto, qui signe ici sa première réalisation. Diffusé entre octobre 2008 et mars 2009 sur 22 épisodes, l’animé avait tout sur le papier pour être une série funky dans l’esprit de Cowboy Bebop : une héroïne aussi sexy que badass, un univers décalé et adulte, ainsi qu’une bande son qui décape. Pourtant à l’arrivée, c’est bien loin d’être le cas et Michiko to Hatchin se révèle être le premier faux pas de Manglobe.

Durant une tempête, la hors-la-loi Michiko Malandro s’échappe d’une prison brésilienne réputée inviolable. Hana, une orpheline, vit avec sa famille adoptive qui la traite comme une esclave. Martyrisée par les deux autres enfants du couple et réduite aux tâches ménagères, elle rêve d’évasion. C’est là qu’intervient Michiko, qui vient la chercher et l’emmène de force sans explication aucune. Elle apprend que son père s’appelle Hiroshi Morenos et qu’il était l’ancien petit ami de Michiko. Elles partent alors ensemble à sa recherche, alors que la police est à leurs trousses… Michiko to Hatchin part sur des bases identiques à Samurai Champloo et Ergo Proxy, à savoir un long voyage parsemé de petites histoires indépendantes. Ainsi, les deux ronins et l’adolescente qui cherchaient le samouraï sentant le tournesol, laissent place à une outlaw sexy au comportement infantile et une fillette qui agit, elle, en adulte. Nos deux héroïnes traversent un Brésil (fictif) malfamé où règnent les gangs et la violence dans le but de retrouver le père volage de Hatchin (surnom que Michiko donne à Hana). Ce scénario prétexte a évidemment pour but d’exploiter une relation mère-fille entre deux individus que tout oppose. Au bout du troisième titre exploitant le même concept, on commence doucement à saturer. D’autant plus que Michiko to Hatchin manque singulièrement de consistance du point de vue de l’écriture : aussi bien dans l’évolution de ses personnages (elles passent leur temps à s’engueuler, se quitter et se retrouver) que dans la description caricaturale du Brésil (des gamins armés, une police corrompue, les bidonvilles crasseux…). Pourtant la série de Sayo Yamamoto ne manque pas de pêche, en partie grâce au caractère fort, voir outrancier de Michiko, évoquant par des nombreux points une certaine Faye Valentine. On notera au passage que l’héroïne est (excellemment) doublée par la comédienne Yoko Maki que l’on a pu apercevoir au cinéma dans The Grudge, Battle Royale 2 ou Kamikaze Girls.

Si Michiko est sûrement l’un des meilleurs personnages féminins que l’on ait vu dans une série animée dernièrement, Hatchin est un des plus irritants et insupportables. Un boulet quoi. Déjà que Michiko to Hatchin n’est pas aidé par un rythme bancal et des sous-intrigues inégales (tout qui concerne la flic Atsuko Jackson est inintéressant), on est en plus obligé de se coltiner une tête à claques durant tout le long. Curieusement, la série n’est absolument pas funky comme on pouvait l’espérer au départ. Le script de Takashi Ujita se prend trop au sérieux lorsqu’il faudrait être décomplexé et inversement, il est trop léger lorsqu’on aimerait avoir une atmosphère plus grave. Par exemple, Satoshi Batista, l’ami d’enfance d’Hiroshi qui est devenu chef de gang, traverse l’histoire tel un fantôme tant le personnage est mal géré ou mal intégré au sein de la quête de Michiko et Hatchin. Alors certes, comme d’habitude Manglobe soigne l’emballage (chara design, décors, animation et musique au top) mais on en ressort avec une désagréable sensation d’avoir vu une série qui ne raconte rien.
21 janvier 2010 Ã 06:58 (#)
Cette série je n’ai pas réussi à la finir.
Ça commençait plutôt bien, graphiquement c’est superieur, … mais l’histoire est brouillonne, bancale, et pour tout dire finit par être ennuyeuse.
21 janvier 2010 Ã 09:54 (#)
« Hatchin est un des plus irritants et insupportables. »
> Après tout c’est une gamine embarquée malgré elle dans un tas de situations qu’elle n’a jamais voulu..son comportement est assez insupportable oui, mais aussi réaliste.
21 janvier 2010 Ã 10:57 (#)
Parce que c’est réaliste les gamines qui agissent en adulte ?
De toute façon, je doute que ce soit le but de faire dans le « réalisme » ^^
22 janvier 2010 Ã 05:37 (#)
ça ne m’étonne pas de toi Zak. Déjà que tu ne pouvais pas saquer Murasaki Kuhouin de Kure-nai alors Hatchin … lol.Mais c’est ce qui fait le « charme » de ce genre de personnage, contrairement à d’autres qui se contente d’être juste « Moe » sans une ligne de script intéressante de sens à dire.
Bref, les points négatifs que tu as cité dans ta critique sont identiques aux miens. Emerveillè au début, mitigé sur la fin, scénario bancal, Hiroshi (objet principal de la quête de Michiko et Hatchin) complètement absent.
22 janvier 2010 Ã 06:26 (#)
En fait je dois détester les gamines alors ^^ En fait j’ai trouvé Hatchin juste attachante dans le premier épisode. Après elle passe son temps à râler et pleurnicher. Les prises de tête avec Michiko, c’est marrant une ou deux fois pas tout le temps…
22 janvier 2010 Ã 06:29 (#)
Je comprends, je comprends ^^
24 janvier 2010 Ã 02:50 (#)
Je n’ai pas encore vu l’anime mais on comprend bien dans ta critique que le résultat ne fut pas à la hauteur de tes espérances.
J’espère que Manglobe saura rebondir et sortira du schéma pré-conçu que l’on retrouve plus ou moins dans chacune de leurs productions. Ce studio a du talent, ce serait dommage de le voir continuer à tourner en rond.
24 janvier 2010 Ã 05:38 (#)
Apparemment ils ont décidé de changer avec The Sacred Blacksmith et de rentrer gentiment dans le rang (le premier épisode m’a suffit perso).
24 janvier 2010 Ã 11:05 (#)
» …rentrer gentiment dans le rang… » C’est à dire ? En bien ou en mal ?
25 janvier 2010 Ã 12:09 (#)
Premier faux pas de Manglobe: Michiko to Hatchin?
On a vu le même anime? J’ai personellement trouvé cette série purement géniale.
Fans d’anime, prenez la peine de regarder quelques épisodes de Michiko avant de vous laisser entrainer par cette critique très peu constructive…
25 janvier 2010 Ã 12:49 (#)
Merci pour ton avis éclairé, tout de suite on a envie d’aimer plus la série…
BigsBenz : rentrer dans le rang dans le sens faire du shônen sans… âme. Donc en mal.