Macross Zero

30 mars 2008  |  Par Zak  |  Publié dans Critiques  |  3 commentaires  |  lu 1 020 fois

marcrosslogo.gifŒuvre anniversaire créée pour fêter les 20 ans de la saga, Macross Zero est aussi le premier gros projet ambitieux de Satelight, jeune studio fondé en 1995. Dédié de prime abord à la création d’images de synthèse, Satelight s’est vite agrandi avant de passer à la production, sur le film Spring and Chaos (1996) d’abord, puis les séries Arjuna (2001) et Heat Guy J (2002). Après le clip promotionnel Macross XX, Shôji Kawamori, un des créateurs de la franchise, se lança sur cette nouvelle série de cinq OAV dont la production allait s’étendre sur deux longues années entre 2002 et 2004 (avec à l’instar de Hellsing, un OAV tous les six mois). Un travail de titan digne d’un long-métrage de cinéma qui fit toutefois controverse auprès des fans. Qu’importe les avis des plus récalcitrants, Macross Zero est une date dans l’histoire de l’animation japonaise ! Des explications s’imposent.

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En 1999, un gigantesque vaisseau extra-terrestre, le Macross, s’écrase sur Terre et révèle à l’humanité une technologie très avancée. Mais de peur d’être attaqué un jour par d’hostiles envahisseurs, le Gouvernement des Nations Unies de la Terre est créé dans le but de protéger la planète. Seulement voilà, de nombreuses nations sont en désaccords avec ce projet et une guerre éclate entre deux clans distincts : les UN et les Anti-UN. Neuf ans plus tard, Shin Kudô est un jeune pilote surdoué de F-14 des forces gouvernementales. Lors d’une mission de routine, son avion est abattu au dessus de l’océan par un appareil non identifié. Recueilli par les villageois de Mayan, une petite île paradisiaque, Shin fait la connaissance de Sara Gnome, la prêtresse locale. Mais l’accueil est froid et cette dernière exige qu’il quitte l’île dès son rétablissement. En effet, l’île renferme la réponse à la chute du Macross, chose que recherchent les UN et les Anti-UN depuis longtemps… Macross Zero n’est pas la suite de Macross 7 mais comme son nom l’indique une préquelle à la série originelle de 1982. Un exercice de style plutôt casse-gueule puisque le spectateur connaît déjà le background de l’histoire. Qui plus est, Kawamori et son scénariste attitré Hiroshi Ohnogi (Arjuna, Noein et Aquarion) optent pour un traitement adulte aux multiples degrés de lecture et aux thématiques fouillées. On est donc bien plus proche d’un Macross Plus que du commercial mais ludique Macross 7. S’ouvrant sur une impressionnante séquence de bataille aérienne, Macross Zero est aussi et surtout une authentique révolution technique. Dès les premières secondes, on s’en prend pleins les mirettes. Même si aujourd’hui, les incrustations numériques paraissent quelques peu datées, la fluidité de l’ensemble et l’animation sont tout bonnement exceptionnels.

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La liberté que procurent les CGI permet à Shôji Kawamori d’expérimenter une mise en scène dynamique qui relève du jamais vu en animation. Outre les plans vertigineux, les angles de vues nous placent souvent au cœur même de l’action (celles du cockpit sont saisissantes). Kawamori utilise le “zoom agressif” et autres effets de caméra portée propre aux reportages sur le vif et utilisés à foisons depuis quelques temps à Hollywood : notamment sur les deux derniers Jason Bourne ou dans la série Battlestar Galactica pour prendre un exemple d’utilisation digitale du procédé. Alors Macross Zero, précurseur de cette tendance ? Cela se pourrait bien. Cependant, il ne faudrait pas réduire ces OAV à une simple démo technologique tant le fond fait preuve d’une étonnante densité malgré la courte durée. Pamphlet antimilitariste, fable écologique, voyage initiatique, choc des cultures entre traditionalisme et modernité… Macross Zero reprend les thèmes de la saga en ajoutant une touche personnelle indéniable. Shin, le héros, découvre l’univers fascinant de Sara, belle prêtresse, ancrée dans des dogmes ancestraux incompréhensibles pour le jeune citadin. Réticent au départ, Shin va peu à peu comprendre l’amour que porte la jeune femme à la nature et la vie (voir la magnifique séquence de chant à la fin de deuxième épisode). Un discours écologique classique, voir éculé dans l’animation japonaise, mais qui s’intègre parfaitement à celui antimilitariste montrant “l’homme moderne” utiliser la technologie dans le but de détruire au lieu de préserver. Macross Zero nous donne aussi l’occasion de revoir Roy Fokker (toujours doublé par l’immense Akira Kamiya), un des personnages principaux de la première série Macross. Sa relation touchante avec Aries Turner sonne même plus juste que celle entre Shin et Sara (voir la séquence tragi-comique de la mine).

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Une réalisation virtuose, expérimentale et innovante. Un fond subversif qui oblige le spectateur à réfléchir sur des sujets qui n’ont jamais été aussi d’actualité que maintenant. Macross Zero, c’est tout ça et seulement en cinq misérables épisodes (et encore, je n’ai pas évoqué les mémorables partitions musicales de Kuniaki Haishima). Il n’y a que la présence d’un sidekick black increvable, gros cliché du cinéma américain des 80-90’s, qui est finalement regrettable dans le lot. Mais cela n’empêchera pas Macross Zero d’être un chef-d’œuvre indiscutable ! Une œuvre phare qui malheureusement reste inédite en France à cause d’une sombre histoire de droits bloqués. Aujourd’hui, la saga reprend son envol avec la nouvelle série tant attendue, Macross Frontier, qui débute sous peu au Japon. La balle est dans le camp de Satelight et Shôji Kawamori, qui, sur le format de 26 épisodes, n’ont pas encore su tenir leurs promesses (Aquarion c’est quand même naze en y repensant).

Commentaires

  1. Yusenken dit :

    30 mars 2008 à 06:26 (#)

    juste une simple question sur “l’univers” Macross…
    c’est assez complexe en fait vu qu’il y a je ne sais combien d’anime Macross sortie à ce jour, alors lesquels valent le coup d’être vu pour comprendre macross zéro et macross Frontiere
    merci

  2. Zak dit :

    30 mars 2008 à 06:32 (#)

    Etant donné que Macross Zero narre le début de l’histoire, on peut le regarder sans être largué. De même, chaque série peuvent être regardé à part (puisque les personnages changent d’une série à l’autre). Néanmoins, mieux vaut commencer par la première (Macross, dispo chez Déclic en VOSTF), puis Macross 2 (6 OAV chez Kaze qu’on peut trouver à 1,50 euros sur cdiscount en ce moment) et Macross 7 (inédit chez nous…).

  3. Fx dit :

    30 mars 2008 à 11:09 (#)

    Salut,

    Attention, en ce qui concerne Macross 2 car si j’ai bien suivi, cet anime a été rejeté : les fans et le studio original ne le considère pas comme faisant partie de l’histoire officielle. Sachant que Macross “la série originale” est l’indispensable clé de voûte, je vous conseille surtout Macross Plus (et bien sûr, je confirme que Macross Zéro est terrible).

    ++

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