Lunar Legend Tsukihime

19 juin 2006  |  Par Zak  |  Publié dans Critiques  |  lu 137 fois

Lunar Legend Tsukihime, plus connu sous le titre Shingetsutan Tsukihime est une série de 12 épisodes du studio J.C. Staff (Azumanga Daioh et Ikki Tousen). Réalisée par Katsushi Sakurabi (Gunparade March), la série fut diffusée fin 2003 sur la chaîne TBS. Le background de l’animé s’inspire de deux jeux vidéo : Tsukihime et Melty Blood. L’un est un jeu d’aventure avec un zeste de contenu hentaï et l’autre, un jeu de baston 2D. Pourtant, comme Gungrave, la fidélité n’est pas de mise et c’est peut être mieux comme ça (quoique Arcueid déshabillée…). Lunar Legend Tsukihime n’est ni une série d’action, ni une série parasitée par du fan-service, elle nous entraîne dans une spirale infernale mêlant quête d’identité et vampires énigmatiques.

À l’âge de neuf ans, Shiki est victime d’un soi-disant accident de la route qui le blesse à la poitrine. Il en garde encore des évanouissements et des traces d’anémie. Plongé dans le coma, il se réveille quelques temps plus tard et se rend compte qu’il possède la faculté de voir les “lignes de vie” de chaque individu ou objet qu’il a devant les yeux. Celles-ci permettent de détruire toute chose en les tranchant net avec un simple couteau (le jeune Shiki en porte toujours un sur lui, sans qu’il sache réellement pourquoi). Évidemment, lorsqu’il s’en rend compte, il est complètement terrorisé, ce qui provoquera également la crainte de son entourage. Mais une mystérieuse femme vient à sa rencontre et lui offre une paire de lunettes pour effacer de sa vue toute trace de ces lignes, tout en lui disant de ne les retirer que le jour où il en aura réellement besoin. Quelques années plus tard, à l’âge de 16 ans, Shiki vit avec des parents éloignés mais à la mort de son père, il doit retourner vivre dans la demeure familiale tenue par sa sœur et ses deux gouvernantes. Celle-ci, heureuse de le revoir mais en même temps peu compréhensive face à l’éducation classique qu’a eue le jeune homme, se comporte froidement avec lui. C’est une fois arrivé en ces lieux que commencent des rencontres des plus étranges. Une femme qui ressuscite, une ancienne camarade de classe qu’il n’a jamais vue. Son passé mystérieux, ignoré de lui-même, finira par resurgir…

L’amnésie a toujours été une inépuisable source d’inspiration chez les scénaristes. Avant d’être un récit sur une chasse aux vampires, Lunar Legend Tsukihime est avant tout une quête d’identité pour notre jeune héros, qui donc cherche à reconstituer les pièces manquantes de sa mémoire. Shiki nous apparaît au premier abord comme un personnage froid, voir antipathique. Un jour, il fait la connaissance de Arcueid, une femme vampire qui lui demande de l’aider à retrouver un vampire du nom de Roa. D’abord effrayé et réticent, Shiki va de plus en plus s’attacher à Arcueid. Le point central de l’animé va être la relation ambiguë que va entretenir le jeune homme avec la vampire. Le personnage d’Arcueid est loin de la représentation classique du prédateur nocturne. Elle est belle (quoiqu’elle s’habille mal), mais a aucun moment on ne ressent la bestialité ou la tromperie des vampires. Lunar Legend Tsukihime nous présente une version inédite du mythe vampirique. En effet, il existe deux sortes de vampires : les Shinso et les Shito. Les premiers sont les créatures originelles et n’ont pas besoin de boire du sang pour survivre (les Shinso peuvent aussi vivre en pleine journée). Arcueid est de ceux-là. Les seconds sont les vampires tels que nous les connaissons (ou presque). Ils sont nés de l’étreinte d’un Shinso et ont besoin de sang pour survivre. Lorsque qu’ils mordent leurs victimes, celles-ci se transforment en Shisha, une goule sans personnalité. Ces créatures sont évidemment traquées par l’Église, qui possèdent une organisation spéciale que l’on nomme Exécuteurs. Celle-ci a pour but d’éliminer toute menace vampirique (le personnage de Ciel en fait partie).

Point de guerre ici entre les vampires, la série se veut intimiste et se concentre davantage sur les relations entre les personnages que sur l’action (il suffit de voir le combat final, expédiée en trois coups de cuillère à pot). Les auteurs semblent aussi se contrefoutre du twist final concernant l’identité Roa (le vampire que chasse Arcueid) et celui-ci arrive sans nous surprendre. Dommage, car le manque de suspense plombe souvent des scènes essentielles. Le scénario est très brouillon, part dans un sens pour finalement faire demi-tour et continuer dans une autre direction (défaut que l’on ressent dans la plupart des séries courtes). En fin de compte, il y avait moyen de faire quelque chose de beaucoup plus intéressant ou plus ambitieux. Esthétiquement, l’animé opte pour des couleurs sombres et glaciales (tout comme son atmosphère). La plupart du temps, nous suivons les déambulations nocturnes de Shiki et Arcueid. De même, le manoir familial est inquiétant et ne donne pas l’impression d’être un domicile accueillant. Vous l’aurez compris, le climat n’est pas très gai. À ce jour, la série n’a pas encore trouvé preneur en France (elle est par contre disponible en Z1). L’univers de Lunar Legend Tsukihime mériterait qu’on s’y intéresse de plus près, rien que pour Arcueid, vampire en quête d’humanité.

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