Linebarrels of Iron
27 octobre 2009 | Par Zak | Publié dans Critiques | 3 commentaires | lu 717 fois
Diffusé entre le mois d’octobre 2008 et mars 2009 au Japon pour 24 épisodes, Linebarrels of Iron (Kurogane no Linebarrels en version originale) faisait figure de blockbuster de fin d’année dernière pour le studio Gonzo. Une série mécha, adaptée d’un manga à succès d’Eiichi Shimizu et Tomohiro Shimoguchi (13 volumes depuis 2005 et encore en cours de parution), qui marqua les retrouvailles entre Goro Taniguchi et le célèbre chara designer Hisashi Hirai. Une sacrée affiche. Les deux hommes avaient travaillé jadis sur Infinite Ryvius et S-CRY-ed, deux productions phares de la Sunrise des années 90. Même si le réalisateur de Code Geass n’avait qu’un vague poste de « producteur créatif » sur la série (comme sur My-HiME), il faut avouer que ce Linebarrels of Iron mettait l’eau à la bouche et avait les moyens pour rivaliser avec la seconde saison de Mobile Suit Gundam 00. Pourtant, les critiques furent sans appel : scénario crétin, héros détestable, accumulation de clichés, mecha design moyen, chara design atroce et CGI mal finalisés. Mais que s’est-il passé pour en arriver là ?

Kôichi Hayase est un lycéen chahuté depuis l’enfance par des voyous. D’un naturel plutôt calme et tranquille, il préfère se plier à leur bon vouloir au lieu de riposter. Cette attitude exaspère sa meilleure amie Risako qui intervient pour l’aider avec l’aide de Yajima, un autre ami d’enfance de Kôichi. Un jour, un mécha, le Linebarrel, tombe du ciel juste à l’endroit où se trouvait ce pauvre Kôichi. Après avoir perdu connaissance, le jeune garçon se réveille dans un cratère au côté d’une femme nue répondant au nom d’Emi Kizaki. À peine trouve-t-il le temps de la ramener chez lui que la ville est attaquée par une armée de robots géants appartenant à un groupuscule terroriste nommé Kato-Kikan. Emi demande alors à Kôichi de l’aider. C’est ainsi que notre héros se retrouve aux commandes du Linebarrel. Il va alors prendre confiance en lui et battre ses ennemis facilement. Kôichi va alors s’attirer les convoitises de la Juda, une organisation militaire chargée de la protection de la Terre qui agit en sous-marin en se faisant passer un fournisseur de médicaments. Mais aussi de la Kato-Kikan, qui aimerait surtout récupérer le Linebarrel… Cette histoire d’adolescent obtenant un grand pouvoir n’est guère nouvelle. C’est quasiment la base de tous les shônen, sauf qu’ici, l’approche du genre semble parodique. Koîchi est, en quelque sorte, un Lelouch crétin qui s’autoproclame « héros de la justice » sans se rendre compte de l’importance de ce rôle. Un neuneu qui arrive à être détestable en plus, lorsqu’il devient aussi mauvais que les voyous qui lui rendaient la vie dure jadis. Bref, il a beau être con notre Koîchi, il est aussi plus intéressant que les héros positifs habituels (toutefois il rentrera dans le rang bien trop rapidement). Linebarrels of Iron est réalisé par Masamitsu Hidaka, habitué des Pokémon, puisqu’il en est le réalisateur attitré ! Ok, ça ne donne pas trop envie. Etant donné que le manga n’est pas terminé, la série diffère de ce dernier. Mais au lieu de virer de bord en cours de partie comme sur le très bon Bokurano, Linebarrels of Iron part dans une autre direction et ce, dès le départ. Même le design des personnages change puisque l’on retrouve le trait habituel d’Hirai (assez foiré, au passage) au lieu de celui d’origine.

Linebarrels of Iron s’inspire de beaucoup de hits récents. Code Geass pour les coups de théâtre fracassants (celui de l’épisode 22 est pas mal dans son genre), Gurren Lagann pour l’exubérance de certains affrontements et la franchise Gundam pour le sous-texte politique en toile de fond (en mode simplifié toutefois, voir simpliste). Il n’est pas étonnant alors de voir que l’un des scénaristes (Shigeru Morita) avait travaillé sur Mobile Suit Gundam Seed et sa suite Destiny. On mélange toutes ces influences et y rajoute la touche « Gonzo » : du bon gros fan service dans toute sa subtilité. Comme nous l’avions précisé plus haut, la comédie (à connotation parodique ou non) occupe une bonne partie de la première moitié de la série. Malgré les enjeux importants (protéger la Terre de la Kato-Kikan), rien ne semble pris au sérieux par personne. Ainsi nos héros préfèrent aller à la plage ou se saper en cosplay au karaoké au lieu de se préparer au combat. Tandis que le directeur de la Juda fait continuellement le pitre (Jôji Nakata, en grande forme). Tout ceci est bien évidemment un prétexte dans le but de montrer les atouts généreux des personnages féminins. En maillots de bain, combinaisons moulantes et même en mère noël, tout y passe (même le bondage avec les tentacules d’une pieuvre géante !). Le héros est forcément décrit comme un pervers (souvent contre son gré), ce qui ne l’empêche pas de s’attirer les faveurs de toutes les filles de la Juda. Un vrai tombeur, soit l’avatar fantasmé de tout otaku qui se respecte. On peut comprendre alors que les fans du manga tirent la gueule devant l’animé. Mais avouons-le, certains passages sont tordants pour peu que l’on soit de bonne humeur à ce moment-là. En effet, Linebarrels of Iron n’oublie jamais d’être ludique. C’est en quelque sorte sa principale force (son unique ?). Et même si la seconde moitié verse dans la série mécha classique, les rebondissements relancent systématiquement la machine… tout en cachant les trous béants du scénario.

Après les fulgurances de Blassreiter (et Gantz juste avant), on attendait fébrilement ce que nous préparait Ichiro Itano aux effets spéciaux. Malheureusement le réalisateur Masamitsu Hidaka n’utilise jamais la 3D à bon escient. Ainsi, les séquences d’action auraient eu le même impact avec de l’animation 2D traditionnelle. Dommage, Linebarrels of Iron passera inaperçu dans le flot des séries mécha malgré son statut d’honnête divertissement, quelque peu couillon. Mais divertissant, soulignons-le.
28 octobre 2009 à 12:21 (#)
Je suis assez d’accord avec toi. Beaucoup de gens ont critiqué cet animé en moins de 2 épisodes, mais franchement j’ai trouvé l’idée excellente de faire un type normal, voire sous m*rde trouver un super pouvoir, et l’utiliser n’importe comment et égoïstement avant de se rendre compte des conséquences de ses actes.
Après, j’ai pas encore fini la série donc bon
31 octobre 2009 à 03:43 (#)
Bonjour.
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