Les Mystérieuses Cités d’Or
23 juin 2006 | Par Zak | Publié dans Critiques | lu 448 fois
Le XVIème siècle. Des quatre coins de l’Europe, de gigantesques voiliers partent à la conquête du Nouveau Monde. À bord de ces navires, des hommes avides de rêves, d’aventures et d’espace, à la recherche de fortunes… Qui n’a jamais rêvé de ces mondes sous-terrains, de ces mers lointaines peuplées de légendes ou d’une richesse soudaine qui se conquerrait au détour d’un chemin de la Cordillère des Andes ? Qui n’a jamais souhaité voir le soleil souverain guider ses pas au cœur du pays Inca vers la richesse et l’histoire… des Mystérieuses Cités d’Or !

C’est sur ce texte introductif que s’ouvre chaque épisode des Mystérieuses Cités d’Or, série culte qui marqua toute une génération de spectateur au début des années 80 (la première diffusion date déjà de 1982). Je ne pense rien vous apprendre en disant que Les Mystérieuses Cités d’Or est une coproduction entre le Japon et la France (tout comme Ulysse 31 ou Oban Star-Racer dernièrement). Mais ce sont les japonais qui lancèrent véritablement le projet sous le titre de Taiyô no ko Esteban aka Esteban, le fils du soleil (à ce moment, l’animé était une adaptation du roman The King’s Fifth de Scott O’Dell). C’est donc en cours de route que Jean Chalopin (le nabab du dessin animé des années 80) et son équipe arrivèrent sur la série. Le titre changea, le design des personnages aussi (exit l’esthétique « manga ») et les français rajoutèrent tous les éléments de science-fiction. Bernard Deyriès (Ulysse 31 et Jayce et Les Conquérants de la Lumière) s’occupa de la réalisation et du mecha design (Le Grand Condor et Solaris, c’est lui). Tandis que l’animation était confiée aux japonais de Studio Pierrot (spécialisés depuis dans les shônen fleuves tels que Naruto ou Bleach). Ainsi débuta le mythe.

Force est de constater que ce petit classique à méchamment vieillit… ou alors c’est nous qui avons pris de l’âge ! Car Les Mystérieuses Cités d’Or s’adresse avant tout aux enfants. Alors que des titres tels que Cobra, Albator ou Saint Seiya (plus ou moins la même époque) peuvent s’apprécier à tout âge. Ainsi, on retrouve nombres de clichés inhérents à ce type de production. Nos héros (Esteban, Zia et Tao), des enfants donc, se révèlent plus intelligents et courageux que la plupart des adultes qu’ils rencontrent (qui sont généralement vils et uniquement intéressés par l’or). Mendoza, Pedro et Sancho, les compagnons adultes des enfants n’ont pas uniquement le rôle de chasseurs de trésor. Mendoza par exemple est un père de substitution pour nos jeunes héros (il les met toujours en garde lors d’un danger, il veille toujours sur eux, etc.). En effet, La thématique de la paternité se retrouve au cœur de la série puisque Esteban et Zia sont tous deux à la recherche de leurs pères respectifs. Tandis que Pedro et Sancho jouent le rôle des clowns de service, dédramatisant la plupart du temps la moindre scène violente. Plus gênant, durant les 39 épisodes de la série, les personnages ne cessent de paraphraser l’action par des dialogues. Ce procédé, encore une fois typique des productions enfantines (pour qu’ils comprennent bien ce qu’il se passe à l’écran), est sacrément énervant à la longue.

Mais voilà, cela n’empêche pas la magie de toujours fonctionner. L’animation est, curieusement, toujours très fluide (la preuve que Studio Pierrot avait fait un travail extraordinaire). Même avec une qualité d’image déplorable (merci les différentes éditions DVD !), Les Mystérieuses Cités d’or n’accuse pas son âge. Mais que serait la série de Jean Chalopin sans la bande originale de Haim Saban et Shuki Lévy ? En tout cas, l’animé n’aurait pas eu le même succès. Avec près d’une soixantaine de thèmes, Les Mystérieuses Cités d’or a su se donner une véritable identité musicale grâce aux différentes partitions mystico-futuriste (le synthétiseur n’a jamais été aussi bien employé). Quant au scénario, même s’il peine à démarrer, il se révèle riche en péripéties et surprenant à de nombreuses reprises (l’arrivée inattendue des terrifiants Olmèques dans l’histoire). La série va même jusqu’à bercer dans le récit épique avec la bataille finale opposant les Mayas aux Olmèques. Des qualités qui font mériter le statut d’œuvre culte que se trimballe la série depuis sa création. Pour finir, j’aurais un dernier conseil : faites voir la série à vos enfants ! Ils comprendront ainsi le sens de l’expression « être émerveillé ».
Le XVIème siècle. Des quatre coins de l’Europe, de gigantesques voiliers partent à la conquête du Nouveau Monde. À bord de ces navires, des hommes avides de rêves, d’aventures et d’espace, à la recherche de fortunes… Qui n’a jamais rêvé de ces mondes sous-terrains, de ces mers lointaines peuplées de légendes ou d’une richesse soudaine qui se conquerrait au détour d’un chemin de la Cordillère des Andes ? Qui n’a jamais souhaité voir le soleil souverain guider ses pas au cœur du pays Inca vers la richesse et l’histoire… des Mystérieuses Cités d’Or !