Les Contes de Terremer
10 avril 2007 | Par Zak | Publié dans Critiques | 3 commentaires | lu 348 fois
Sorti l’été dernier au Japon, le premier film de Goro Miyazaki se traîne depuis une réputation des plus désastreuses. La presse nippone allant même jusqu’à lui décerner le titre de « pire film de l’année ». Si à la vision du film, ce tourbillon de haine semble un poil exagéré, il faut reconnaître que le résultat final n’est guère probant. Les Contes de Terremer raconte l’histoire d’Arren, le jeune prince du royaume d’Enlad et d’Epervier, le grand Archimage, voyageant dans le but de rétablir l’équilibre du monde. Bien qu’inspiré du Cycle de Terremer d’Ursula K. Le Guin, c’est l’ombre du père, Hayao bien sûr, qui plane tout autour de ce premier long-métrage. Nausicäa, mais surtout Shuna no Tabi, un manga que le maître dessina en 1983, sont cités à tour de bras.
À l’instar de ces derniers titres, Goro décrit un monde en perdition, cruel et très désespéré. On y évoque la drogue, le meurtre, le viol, l’esclavagisme… Vous l’aurez compris, nous sommes très loin d’une œuvre destinée à nos chères petites têtes blondes (surtout que l’humour est totalement absent !). Un titre adulte donc mais pas forcément très mature comme le souligne ces petits défauts typiques de la première œuvre (rythme inégal, personnages caricaturaux, manque d’ampleur visuelle et scénaristique…). Les Contes de Terremer déçoit surtout par l’approche manichéenne de son histoire. Le sorcier Aracnéide, le responsable du fléau, est un être définitivement mauvais, sans possibilité de rédemption. Il y avait tellement à faire avec ce thème de la dualité (Arren est constamment tiraillé entre son côté clair et obscur). Ici à la fin, le héros devient bon et se débarrasse du méchant de service. Banal, en somme.

Le temps de production record (un peu plus de 8 mois) à la réalisation du film se sent au travers des images. Si bien que le film aurait été fait au début des années 90, qu’on n’y verrait pas la différence. Le chara design est identique à celui des œuvres du père (histoire de gagner du temps vu que c’est la même équipe) et l’animation ne tient guère la comparaison avec Le Château Ambulant. Seule la cité très vivante d’Horteville impressionnera par ses majestueux décors. Mais c’est peu. Ce qui ressort des Contes de Terremer est un manque flagrant d’ambitions malgré une réelle note d’intention de se détacher des dernières œuvres du père (ce qui est plutôt encourageant pour la suite). Au final et ce malgré la quantité importante de défauts (de jeunesse ?), on peut se demander comment un tel film a pu rencontrer autant de succès dans son pays natal (la pub, mon cher ami, la pub). Pendant ce temps, de véritables génies tels que Mahiro Maeda, Masaaki Yuasa ou Kôichi Chigira restent inconnus du grand public. Misère…
11 avril 2007 à 03:08 (#)
Mon Avis est un poil différent :
feilong74.free.fr/?p=553
14 août 2008 à 04:58 (#)
Pas du tout aimé. Ennuyeux à mourir (pendant des moments sensés être « poétiques »), scénario mal mené, personnages fades au possible, musique mal exploitée (des grandes envolées lyriques sans raison)…
7 juillet 2011 à 02:53 (#)
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