La Traversée du temps
11 novembre 2007 | Par Zak | Publié dans Critiques | 6 commentaires | lu 683 fois
Sorti en juillet dernier, La Traversée du temps (Toki wo kakeru shôjo en version originale) a obtenu les louanges de la critique et des quelques spectateurs qui se sont déplacés dans les maigres salles françaises qui le diffusait. Alors que le film s’apprête à débarquer en DVD chez Kaze en janvier prochain dans deux éditions différentes (dont un collector qui s’annonce superbe), c’est l’occasion de revenir sur une œuvre encore trop méconnue. Ce film produit par Madhouse Studios et réalisé par Mamoru Hosoda (le 6ème et meilleur film One Piece) est tiré d’un roman populaire de Yasutaka Tsutsui, l’auteur de Paprika (adapté récemment par Satoshi Kon au cinéma aussi).

Écrit en 1965, le roman connu de nombreuses et diverses adaptations mais jamais en long-métrage d’animation. C’est désormais le cas, sauf que le scénario de Satoko Okudera (Angel) est construit comme une séquelle de l’œuvre d’origine. Le personnage principal du livre, désormais restauratrice d’œuvres d’art, est la tante de Makoto, l’héroïne du film. Cette lycéenne a la fâcheuse habitude d’arriver en retard en cours. C’est alors qu’elle découvre qu’elle a soudain la capacité de se déplacer dans le temps à sa guise et donc d’influer sur le cours des événements. L’utilisant d’abord pour s’amuser, Makoto va rapidement se rendre compte que changer le passé n’est pas forcément une bonne chose… Jouant habilement sur un genre ultra codifié et très populaire de l’animation japonaise (celui dit de la « tranche de vie adolescente »), l’histoire instaure de façon subtile un élément fantastique bienvenu : celui du voyage dans le temps. Ainsi, Makoto en profite pour refaire une interro qu’elle avait ratée, recommence plusieurs fois une séance de karaoké ou retourne manger un plat qu’elle adore… Elle utilise son pouvoir pour s’amuser et le spectateur en fait de même. Si la première partie est souvent drôle, sans jamais tomber dans la gaudriole, une rupture de ton se fait ressentir dès la seconde. C’est la fin du lycée et Makoto n’accepte pas la séparation avec ses deux inséparables amis masculins, Chiaki et Kôsuke. Ce refus du changement se traduit par un refus pur et simple de passer une étape phare de sa vie : la fin de l’adolescence. Lorsque Chiaki demande à Makoto de sortir avec lui, elle retourne dans le passé pour l’empêcher de se déclarer à elle (car le groupe doit rester soudé). Une séquence romantique, drôle et touchante à la fois, tout droit sortie de Un jour sans fin d’Harold Ramis, soit la référence absolue en matière de comédie fantastique.

À force de remonter dans le passé, Makoto fini par faire du mal à ses camarades ainsi qu’à elle-même : Chiaki fini par sortir avec une autre fille, Kôsuke prend le vélo cassé de Makoto et risque un accident, Yuri se blesse… Tout s’effondre autour d’elle jusqu’à une révélation fracassante ! Même si les différents arguments sur la notion de paradoxe temporel paraissent éculés, le film utilise cet élément de fantastique pour raconter la quête vers une certaine maturité émotionnelle, à fortiori vers l’âge adulte. Et comme les personnages sont incroyablement bien écrits, on s’identifie à eux avec une déconcertante facilité. Plus accessible pour le grand public qu’un Paprika, La Traversé du temps est une authentique bouffée d’air frais qui vous fera rire, pleurer et vous rappellera, sans nulle doute, une période phare de l’adolescence (du moins pour les plus vieux d’entre nous). Du cinéma qui touche juste, qui, malgré son final mélancolique vous donnera le sourire aux lèvres pendant un bon moment.
11 novembre 2007 à 11:23 (#)
Vraiment un très bon film d’animation et aussi un très bon résumé.
C’est vrai que cela est a souligner le faite que ça passe "dans les maigres salles françaises qui le diffusait."
Un coup de gueule aussi serait a passé sur les films de Makoto Shinkai pour Beyond the Clouds (alias Kumo no kumo yakusoku no basho) et Byousoku 5 centimeters pour le dernier sortie cette année.
Ce sont des films qui mérite d’être diffusé et qu’un éditeur s’intéresse a sortir ces films et les œuvres de Makoto Shinkai en Dvd et au cinéma. Et non pas sortir seulement les gros blockbuster des studios Ghibli ou les films de Satoshi Kon.
12 novembre 2007 à 09:32 (#)
Bonne critique , vraiment bien construite.
C’est vrai que les films d’animation sont vraiment peu diffusés dans les salles françaises. J’en ai fait l’experience (douloureuse) avec les Comtes de Terremere, seulement une semaine à l’affiche d’un Gaumont. Explication deconcertante d’un responsable du ciné : " Trop peu de monde si interesse " et patatrac…desabusé :/
13 novembre 2007 à 12:54 (#)
J’ai adoré ce film !
Et je tiens à dire que c’est une très bonne critique ! Bravo
Sinon connais tu le livre original ? Quel est son titre ?
13 novembre 2007 à 10:58 (#)
Je n’ai pas lu le livre original mais tu peux le trouver sur n’importe quel site comme amazon ou la fnac (même titre).
18 novembre 2007 à 01:55 (#)
j’ai eu beaucoup de chance,le cinema à coté de chez moi a passé "la traversée du temps".
J’attend le DVD avec impatience!
D’accord avec Rixou,voir Byousoku 5 centimeters au ciné serait une experience superbe,mais apparament ça sra pas le cas.
19 décembre 2007 à 04:44 (#)
vivement le DVD!!
PS:que voulez-vous les gens sont des moutons vous le savez bien