Kurozuka
1 octobre 2009 | Par Zak | Publié dans Critiques | 3 commentaires | lu 732 fois
À peine sorti de l’excellente adaptation de Death Note, Tetsuro Araki enchaîna sur une nouvelle série, toujours chez Madhouse. Tiré d’un manga en dix volumes (de 2003 à 2006) signé Baku Yumemakura et Takashi Noguchi, Kurozuka durera 12 épisodes entre octobre et décembre 2008. Le réalisateur s’écarte totalement de l’univers du thriller à tiroirs haletant pour une histoire d’amour entre immortels sur fond de mythe vampirique et de combats aux sabres. Une série violente pour adultes, terrain d’alléchantes expérimentations visuelles. Mais Araki peine pourtant à insuffler la matière nécessaire et suffisante qui lui permettrait de détacher l’animé de ses influences marquées. Kurozuka ressemble alors à un pot-pourri de plusieurs productions à succès du studio Madhouse, sans jamais atteindre leur niveau.

Au XIIème siècle, dans une des nombreuses forêts du Japon, le seigneur Kuro est sorti vaincu du conflit contre son frère, le shôgun et fondateur de Kamakura. Il fuit alors, à travers les montagnes, accompagné par son serviteur, Benkei. Ils arrivent alors devant une maison dans un endroit reculé de la forêt. Benkei décide de demander l’hospitalité pour la nuit afin que Kuro, blessé, puisse récupérer. Ils découvrent alors que le propriétaire de la maison est une jeune femme d’une beauté exceptionnelle nommé Kuromitsu. Elle accepte de les héberger le temps qu’ils souhaiteront, mais en contrepartie, elle leur demande de ne jamais s’approcher de sa chambre se trouvant de l’autre côté de la maison. Alors que Benkei est parti acheter des médicaments pour son maître, d’autres assassins font leur apparition pour éliminer Kuro. Avec l’intention de protéger Kuromitsu, ce dernier se dirige vers sa chambre bravant de ce fait l’interdit. Le secret qui lui est alors révélé changera de manière irrémédiable sa destinée. Des liens, que même le temps ne peut rompre, se créeront ainsi entre les deux amants amenés à souffrir continuellement… Débutant sur les chapeaux de roues (réalisation au top et cliffhanger démentiel à la fin du deuxième épisode), Kurozuka s’essouffle rapidement. La faute à un script qui manque singulièrement de consistance. Alors que les combats s’enchaînent, sans enjeux réellement justifiés, le fond se retrouve totalement négligé. Notamment la fameuse histoire d’amour, ce qui est plutôt gênant puisque c’est le sujet principal. Pareil pour les personnages secondaires qui ne servent pas à grand-chose. Ils meurent comme de simples déchets au fil des épisodes, amis comme ennemis, et on s’en moque éperdument. Enfin, on saluera les retournements de situations prévisibles comme la trahison de Kuon. Kurozuka rappellera en outre, le dernier opus de Yoshiaki Kawajiri, à savoir Highlander : The Search for Vengeance, pour l’histoire des immortels, mais aussi et surtout pour le cadre post-apocalyptique. Mais on pensera aussi à Ninja Scroll, Claymore ou encore Gungrave (avec un simili-Beyond the Grave en la personne de Kuon).

La série cite les autres à foisons, tout en oubliant de se forger une propre personnalité. Alors certes, on ne pourra nier la qualité technique générale et la mise en scène inspirée par moment. Toutefois, cela ne suffira pas pour éveiller un réel intérêt. Qui plus est, le mutisme du héros principal Kuro (doublé par Light Yagami himself !), pourrait presque nous faire croire que l’on se trouve dans une production Bee Train. C’est dire si Kurozuka n’est guère passionnant. Et la fin confirme la mauvaise impression que l’on avait jusque-là. Tetsuro Araki devrait se contenter de réaliser et laisser les scénarios aux plus compétents. C’est la conclusion évidente qui s’impose. Mais il paraît que le manga est différent. Je veux bien le croire.
4 octobre 2009 à 08:19 (#)
Bonne critique. Gros point faible comme tu l’as dit c’est son scénario trop bancal ! On sait pas trop où ça veut nous amener et, j’ai remarqué aussi qu’on ne sait pas vraiment grands choses des protagonistes secondaires.
7 octobre 2009 à 10:26 (#)
Dommage, cette série semblait avoir un joli potentiel.
dans pratiquement le même genre histoire d’amour/ninja, l’excellent Basilisk ne semble pas prêt d’être détrôné pour les séries TVs de même que Ninja Scroll pour les films…
28 octobre 2009 à 08:29 (#)
[...] qu’Eden of the Est et The Tower of Druaga : The Sword of Uruk. Il ne reste plus que celle de Kurozuka pour [...]