Kurau : Phantom Memory
28 août 2006 | Par Zak | Publié dans Critiques | lu 126 fois
Le studio BONES connut son plus gros succès en 2004 avec Fullmetal Alchemist. Cette réussite lui permit de produire deux nouvelles séries pour cette même année : tout d’abord Mars Daybreak (aussi connu sous le titre Kenran Butoh Sai : The Mars Daybreak) et Kurau : Phantom Memory de Yasuhiro Irie (directeur de l’animation sur RahXephon). Cette dernière série est un récit de science-fiction mêlant course-poursuite et pouvoirs extraordinaires, mais c’est avant tout une bouleversante histoire d’amour. Pendant 24 épisodes, nous allons suivre le destin de deux personnages voués à fuir éternellement.

2100, Kurau, une jeune fille, vit seul avec son père sur la Lune, qui est devenue une colonie spatiale. Le jour de son anniversaire, son père, débordé par son travaille lui propose de venir avec lui dans son laboratoire où il mène des recherches importantes sur une nouvelle source d’énergie. L’expérience commence et c’est alors que deux particules de lumière apparaissent et se réfugient dans Kurau. Elle se désintègre en un instant puis réapparaît, mais quelque chose a changé. Son corps est habité par une entité du nom de Rynax. Celle-ci devra y rester jusqu’à ce qu’elle retrouve son autre moitié, grâce à qui elle pourra s’échapper de l’enveloppe qu’elle occupe. Dix ans plus tard, Kurau travaille au service d’une agence de sécurité. Malgré le temps qui s’est écoulé, elle attend le jour où sa paire apparaîtra pour lui permettre de libérer son hôte. La première chose qui marquera l’esprit du spectateur sera l’apparence de notre héroïne. Bien loin du cliché de la bimbo en jupe courte, Kurau tient plus du garçon manqué avec ses cheveux courts et sa poitrine discrète. Du fait de ses pouvoirs, Kurau est seule, désespérément seule (ses uniques fréquentations sont ses employeurs). Grâce à l’énergie Rynax, Kurau peut voler, disparaître en un clin d’œil, passer à travers les murs ou encore envoyer des décharges d’énergie. Ce pouvoir lui confère une puissance inégalée qu’elle cache aux yeux de tous. Un jour un miracle se produit (appelons le comme ça) et sa paire apparaît. Cette petite fille, copie conforme de Kurau en plus jeune, s’appelle Christmas et ensemble, elles vont débuter une relation forte d’amour fraternel. Seulement, le GPO, une société chargée de la sécurité mondiale, s’intéresse de près à l’énergie Rynax et lorsque le secret de Kurau est découvert, elles n’ont de choix que de s’enfuir. La poursuite commence…

Kurau : Phantom Memory fonctionne de manière simple : Kurau et Christmas se cachent dans une ville, sont attrapées par le GPO, puis s’échappent (souvent avec l’aide de Dag, un agent engagé par le père de Kurau) et ainsi de suite. Étalé sur une série aussi longue, le parti pris de la “chasse à l’homme” s’avère risqué dans la mesure où l’efficacité du récit baisse à mesure des événements (la lassitude se ressent amèrement en milieu de série). Heureusement, les auteurs relancent l’intérêt de la série dans sa seconde moitié lorsque Kurau doit affronter d’autres entités Rynax (ce qui permet d’évoquer des thèmes comme la recherche d’une humanité perdue ou la xénophobie envers les Rynax). Mais Kurau : Phantom Memory n’est pas vraiment un animé orienté action puisque le côté intimiste de l’entreprise prend souvent le pas sur les courses-poursuites. À ce titre, la relation entre Kurau et Christmas se révèlera extrêmement touchante, tout comme celle entre Dag et son fils Teddy. L’animé verse souvent dans le mélo comme ce premier épisode voyant le père de Kurau détruit par ce qui arrive à sa fille. Le mélodrame est un genre très codifié et assez casse-gueule car il est facile de tomber dans le pathos. Les auteurs s’en sortent avec les honneurs puisque Kurau : Phantom Memory fera souvent naître une émotion palpable et immédiatement touchante (la musique de Yukari Katsuki y est pour beaucoup). Certaines séquences risquent même de vous surprendre comme le flash-back sur Ayaka ou l’attaque d’une ville par deux jumeaux Rynax. Malgré une classification tout public, Kurau : Phantom Memory sait se montrer sans concession. Malheureusement, la série n’échappera pas aux stéréotypes (et ce malgré l’absence de fan-service) en particulier lors du passage dans les Alpes où l’on découvre un paysage digne de Heidi avec ces montagnes enneigées, ces champs verts et ces villages tranquilles. Cette image d’Épinal est digne des blockbusters américains et leur vision caricaturale de la France (il manque le béret et la baguette sous le bras).

Kurau : Phantom Memory risque de plaire plus aux amateurs de mélo qu’à ceux de science-fiction et de courses-poursuites haletantes car les relations entre les divers protagonistes sont privilégiées. Néanmoins, on regrettera un rythme mal géré et un scénario qui peine en milieu de série (peut-être que 12 épisodes auraient suffit ?). Au final, il en reste un animé de bonne facture même si on ne peut qu’être déçu quand on voit la qualité des productions BONES jusqu’à maintenant.