Jinki : Extend
19 juillet 2006 | Par Zak | Publié dans Critiques |
Série mécha de l’année 2005, Jinki : Extend est l’œuvre du studio Feel, petit nouveau dans le monde de l’animation (Futakoi Alternative en sort aussi). Et pourtant, le staff technique n’a pas à rougir des grosses productions puisque Masahiko Murata (Gilgamesh, MazinKaiser) s’occupe de la mise en scène, Kenji Kawai (Ghost in the Shell, Patlabor) de la musique et la chanteuse Angela (Fafner, Stellvia) signe l’ending. Du beau monde donc, mais qui n’empêchera pas cette série de 12 épisodes adaptée du manga éponyme de Sirou Tunasima (5 volumes) d’être d’un ennui mortel.

Aoba, une jeune fille vivant avec sa grand-mère, est kidnappée à la mort de cette dernière. Son kidnappeur, un homme envoyé par sa propre mère, emmène Aoba en Amérique du Sud, en pleine jungle du Venezuela. Elle y découvre là-bas une organisation, Angel, qui construit des méchas nommés Jinki afin de combattre une mystérieuse forme de vie ayant fait son apparition récemment. Aoba, voulant échapper à son kidnappeur, se trouve embarquée dans l’un de ces méchas… “Originalité”, voici un mot que les auteurs ne doivent pas connaître. En effet, Jinki : Extend ne propose absolument rien de nouveau sous le soleil de la série mécha (qui je le rappelle est un genre très apprécié des japonais). Celle-ci reprend le traditionnel concept des jeunes pilotes engagés pour combattre une menace inconnue, ainsi que les très classiques questionnements existentiels : “Pourquoi il faut se battre ?”. Merci Evangelion. Récemment, il y eu Fafner dans un genre similaire, mais pourtant la série Xebec avait le mérite de se détacher intelligemment de ses aînés au fil des épisodes. Il n’en est malheureusement rien pour Jinki : Extend, l’animé essaye en vain de copier, voir de carrément plagier, sans avoir les mêmes ambitions. Le scénario bancal multiplie les incohérences, s’embourbe dans des intrigues secondaires sans intérêts et nous présente des personnages tous plus insupportables les uns que les autres (mention spéciale à Aoba).

La réalisation est mollassonne comme ce n’est pas permis, pire encore, les combats sont généralement coupés en plein milieu pour passer à autre chose ! Le montage est abominable et empêche le spectateur de rentrer dans une histoire déjà pas bien passionnante. Les méchas ne ressemblent à rien et sont plus proches du Lego (les cockpits vides, j’en rigole encore) que du design épuré de Neon Genesis Evangelion. Pendant ce temps-là, Kenji Kawai, grand compositeur japonais, signe une partition passe-partout. Il faut bien payer ses impôts. Comme si cela ne suffisait pas pour nous écœurer, le côté Ecchi fait sombrer l’animé dans les profondeurs de la nullité et achèvera le spectateur venu voir une bonne série mécha. Que dire au final ? Jinki : Extend est une purge, une vraie. À éviter d’urgence.