Hellsing
23 décembre 2005 | Par Zak | Publié dans Critiques | lu 663 fois
Avant d’être décliné en série animée, Hellsing est né entre les mains de Kouta Hirano, dans un manga qui sera publié à partir de 1998 au Japon. En 2001, Le studio Gonzo (Vandread et Full Metal Panic!) se charge de l’adaptation en une série de 13 épisodes. À cause d’un contenu violent et très sanglant, la diffusion se fera tard dans la nuit. Une programmation qui nuira grandement au succès de la série et à l’abandon d’une éventuelle seconde saison.

La Fondation Hellsing est une organisation secrète basée à Londres, spécialisée dans la chasse et l’extermination de vampires. À sa tête, Integra Wingates Hellsing, la descendante du fondateur de l’ordre. Froide et mystérieuse (une vraie peau de vache !), elle dirige ses hommes d’une main de fer. Son principal atout se nomme Alucard, un vampire qui lui obéit et qui prend un plaisir non dissimulé à massacrer ses compatriotes. Au cours d’une attaque de vampire, la policière Victoria Seras a été envoyée dans la gueule du loup avec tous ses collègues, qui trépassent tous. Elle parvient jusqu’au vampire mais ne réussit pas à le vaincre. Lorsque Alucard intervient, elle est prise en otage et touchée mortellement. Pour la sauver, Alucard la transforme en vampire. Dès lors, elle devient un membre d’Hellsing… Légèrement surestimé, Hellsing déçoit par sa qualité graphique. En effet, l’animation est bien trop statique, en particulier lors des affrontements. La mise en scène en souffre énormément puisque découlant directement de la mobilité de l’animation. De même, les arrières plans manquent de détails et le chara design est très inégal entre les épisodes. Les visages semblent déformés lorsqu’ils sont de profil (avec un nez ultra rallongé) ou plus marrant, la poitrine de Victoria varie souvent. Malgré ces défauts, Hellsing reste très agréable à suivre puisque nous plongeons dans un univers glauque et violent, peuplé de vampires et autres créatures de la nuit. L’architecture londonienne renforce l’atmosphère gothique rappelant les classiques de la Hammer, mais mis au goût du jour (technologie avancée, terrorisme et même snuff movie !).

Integra Hellsing est une femme sans scrupule, légèrement intégriste (logique hé hé), qui combat le mal avec fermeté. Elle a pris les rênes de la fondation très jeune, ce qui lui a permis de se forger un caractère de meneuse d’hommes. Alucard, l’agent numéro un de l’organisation lui est totalement dévoué. Ce personnage est un véritable monstre de charisme au look ravageur (manteau saillant, chapeau, paire de lunettes et gros flingue) magnifié par un doublage de haute volée (Jouji Nakata et sa voix caverneuse). Ironique, méprisant et très sûr de lui car immortel, Alucard est sans conteste un vampire de grande classe. Pourtant, malgré les apparences, c’est un personnage secondaire qui n’intervient généralement qu’en fin d’épisode (du moins du début de la série) pour descendre le bad guy en lâchant une réplique cinglante. Le véritable premier rôle est la « miss force de l’ordre », Victoria Seras, qui renaît dans la peau d’une créature de la nuit et devient l’apprentie de Alucard. Elle résiste à sa condition de vampire (par peur de perdre son humanité), tout en l’acceptant (elle se nourrit de sang pour « survivre »). Nous sommes loin du cliché érotique de la femme fatale vampire, Victoria est torturée par sa condition de morte vivante à la recherche de sentiments humains.

Parmi les autres protagonistes de l’histoire, il y a Walter, le majordome de Integra, qui est aussi un tueur redoutable (il combat avec des fils tranchants !). Côtés bad guys, on retiendra surtout Alexander Anderson, un paladin complètement taré et les frères Valentine. Je n’oublie pas de citer Incognito, le véritable méchant de l’histoire, mais il est tellement ridicule qu’il vaut mieux l’oublier (un vampire à tête d’œuf, sic). Anderson n’intervient que lors de 2 épisodes (plus une apparition furtive à la fin du dernier), mais sa présence marque irrémédiablement. Il est fou et pour un homme d’Église ça choque. Il tue les vampires à la chaîne (au moyen de lames aiguisées) mais aussi les humains qui se dressent sur son chemin. Sa rivalité avec Alucard est un des points les plus intéressants de la série (« le toutou à son papape »). Les frères Valentine, n’interviennent aussi que lors de 2 épisodes (avant de se faire botter le cul par Alucard), mais ils dégagent une folie vampirique qui les rend tout de suite charismatique. En particulier Yan et son regard fou (doublé par l’excellent Kazuya Nakai, qui fait aussi Mugen dans Samurai Champloo). Vous l’aurez deviné, le background de Hellsing rappelle énormément celui des films Blade (et des comics, évidemment). Le traitement du vampirisme y est identique. Ils ne sont pas, à l’instar de Dracula ou de Lestat, des êtres romantiques et charmeurs. Ce sont de véritables monstres, meurtriers et assoiffés de sang frais. Après une morsure, leurs victimes deviennent des goules sans personnalité. Hormis, le « transfert de pouvoir » entre Alucard et Victoria, la morsure, souvent considérée comme un acte sexuel, perd toute sa connotation romantique et érotique. Alucard entretient des relations ambiguës avec Victoria et Integra. Avec la jeune vampire, c’est une relation de maître/élève presque amoureuse. Il semble tenir à la jeune demoiselle, tout en restant distant (un vampire ne peut aimer). Avec Integra, la relation est plus complexe, à la fois d’amour et de haine, ce qui semble le divertir énormément.

Même avec seulement 13 épisodes, Hellsing met pas mal de temps avant de véritablement démarrer. En effet, les 4 premiers épisodes sont assez répétitifs (chasse au vampire durant tout l’épisode et Alucard le tue à la fin) et servent surtout à présenter succinctement les principaux protagonistes. Une présentation simple (simpliste ?) mais efficace car mettant en valeur les différents personnages au sein même de l’action. L’arrivée des frères Valentine, dynamise l’histoire. Luke et Yan Valentine sont deux puissants vampires qui organisent une armée de goules pour attaquer le siège de la Fondation Hellsing. Un assaut qui échouera grâce à Alucard, non sans d’énormes pertes parmi les humains. Ils vont découvrir qu’une puce permet de transformer les humains en vampires artificiels. S’ensuit une chasse pour découvrir qui se cache derrière cette invention diabolique. Le scénario n’est guère le point fort de la série, même s’il réserve quelques surprises. Hellsing est avant tout un animé d’action riche en personnages hétéroclites. La fin est particulièrement frustrante et laisse pas mal de questions en suspens (Alucard c’est Dracula ?). Des réponses qu’on pourra trouver dans le manga et peut être dans les futurs OAV débarqueront en janvier prochain au Japon. Au final, si Hellsing n’est pas une série inoubliable, elle permet au moins de passer un bon moment.