Gun X Sword
17 octobre 2006 | Par Zak | Publié dans Critiques | lu 240 fois
La vengeance est un plat qui se mange… avec des assaisonnements ! Gun X Sword (prononcez “Gun Sword”), dernier opus de Goro Taniguchi (Infinite Ryvius, Planetes et s-CRY-ed c’est lui), est une sorte de “revenge anime” s’inspirant fortement des westerns de Clint Eastwood (un homme seul arrivant de nulle part cherche à se venger). Diffusé durant la seconde moitié de l’année 2005 pour un total de 26 épisodes, Gun X Sword était un titre plutôt attendu au vu de son pitch de départ et du staff engagé. Mais alors qu’on attendait un récit noir et sans concession (à la Punisher quoi !), nous n’obtenons qu’une série mécha tout ce qu’il y a de plus mainstream traversée toutefois par quelques bonnes idées.

Vêtu d’un long manteau noir, d’un chapeau de cow-boy et armé d’une épée surdimensionnée, Van parcourt le monde à la recherche de “l’homme aux griffes”, l’assassin de sa fiancée. Affamé et à bout de forces, il arrive dans un village perdu au beau milieu d’un désert. Sur place, il sauve, de brigands mal intentionnés, une jeune fille du nom de Wendy Garrett. Cette dernière recherche son frère disparu et malgré les réticences de Van, elle décide de le suivre dans son périple, à travers le pays et plus loin encore… Habitué aux productions Sunrise, Goro Taniguchi, s’expatrie le temps d’un titre chez AIC A.S.T.A. (Godannar et de la sous-traitance sur Blood+ et Jyu Oh Sei) pour lancer ce jeune studio (3 ans d’âge à ce jour) sur le marché nippon. Ainsi, Gun X Sword a tout de la série calibrée pour marcher, respectant à la lettre le cahier des charges prévu : de l’humour, de l’action, de l’aventure, un peu de drame, un zeste de fan-service (avec le traditionnel épisode “maillot de bain” que l’on retrouve dans une ribambelle de titres chaque année) et surtout des méchas. Ainsi, le script d’Hideyuki Kurata (créateur de Read or Die) pioche un panel d’éléments de succès connus. Trigun et Cowboy Bebop sont littéralement pillés, notamment pour la caractérisation de Van (= Vash + Spike). J’évoquais juste avant la présence de méchas et il faut avouer que cet élément n’était pas forcément utile à l’intrigue (la preuve, la seconde partie se résume à de banals combats de robots, bof quoi). Et pour finir, ce serait bien qu’on arrête de refourguer des boulets tête à claques aux héros (Wendy pour Van et Joshua pour Ray) dans le but d’adoucir le propos de départ (”la vengeance… c’est pas bien !”).

(Attention, il est préférable d’avoir vu la série avant de lire la suite de l’article)
Donc pour ceux qui espéraient une variation de Kill Bill de Quentin Tarantino ou de Man on Fire de Tony Scott, passez votre chemin. D’autant plus que la violence est expurgée à son maximum (un comble pour une histoire de vengeance), les tourments du héros se limitent à des cris de colère du style “bouh il m’a piqué mon playmobil” et les motivations du vilain de service font mégalo de troisième zone. Pourtant, Gun X Sword s’avère très fun dans l’ensemble. Le réalisateur jonglant avec parcimonie entre les différents genres tout en imposant quelques idées relançant systématiquement l’intrigue. L’ambivalence entre Van et Ray fait parti de ces trouvailles. Comme pour Van, L’Homme aux griffes, aka Le Camarade (on ne saura jamais son véritable nom), est l’assassin de la femme de Ray. Les deux individus affichent donc le même désir de vengeance et la même détermination. D’où un esprit de compétition finalement bien plus intéressant que les différents affrontements contre les hommes de mains du Camarade. Plus surprenant, alors que Wendy passe son temps à convaincre Van que tuer L’Homme aux griffes ne résoudra rien. On se dit alors que le scénariste trouvera une pirouette pour empêcher Van ou Ray de devenir des meurtriers à leur tour… Eh bien que nenni ! La vengeance se fera de manière sèche et sans bavure (malgré un climax tirant bien trop en longueur). Alors que Gun X Sword était jusque là bien trop gentil, le final s’avère jusqu’au-boutiste et digne du postulat de départ (quoique la mort de Michael, le frère de Wendy, est digne des Darwin Awards). C’est peu, mais l’essentiel est là.

En revanche, rien à dire concernant l’aspect technique, c’est très bon dans l’ensemble (hormis peut être un mecha design pas forcément très original). Goro Taniguchi a de l’expérience, son équipe aussi et cela se voit à l’écran (mention spéciale à l’opening musical Kotaro Nakagawa aux consonances westerniennes). Mais la forme ne remplacera jamais le fond. Ce qu’on reprochera à l’animé est le bâclage pur et simple du script et une mise en scène plan-plan qui sent le travail alimentaire (faut payer ses impôts hein). Et surtout une désagréable sensation d’assister à un pot pourri de plusieurs autres titres sans que Gun X Sword n’arrive à avoir une once de personnalité. Toutefois, la série se regarde sans déplaisir et fait qu’on ne s’ennuie pas (les épisodes sont bien remplis). Espérons que le prochain opus de Taniguchi, Code Geass : Lelouch of the Rebellion, qui vient de débuter, se hissera au moins au niveau de ses précédentes œuvres.