Glass Fleet & Red Garden
17 décembre 2007 | Par Zak | Publié dans Critiques | 4 commentaires | lu 780 fois
Rien ne vas plus chez Gonzo, célèbre studio nippon auquel nous devons quelques perles d’animés telles que Last Exile (2003), Le Comte de Monte-Cristo (2004) ou Basilisk (2005). En effet, la cuvée 2006 fut catastrophique et un seul titre permit au studio de sauver sa désastreuse année (Welcome to the NHK!). Préférant se concentrer sur leurs deux premiers long-métrages (Origine et Brave Story), le studio laissa ses productions TV en arrière plan. C’est pourquoi, les titres paraissent si peu ambitieux sur le papier comme à l’écran et que les budgets semblent revus à la baisse. Witchblade, fausse adaptation du comics de Mark Silvestri et Pumpkin Scissors, série au combien sympathique mais plombé par un final inabouti, en sont des exemples parfaits. Mais les deux gros ratages de Gonzo furent Glass Fleet et Red Garden…

Il est d’autant plus dommage que ces deux séries ne sont pas des adaptations d’un quelconque support, mais de purs projets originaux ! Cela rend les fiascos encore plus frustrants car l’animation japonaise a besoin d’idées originales pour se démarquer du manga. Glass Fleet (26 épisodes), sous-titré La Légende du vent de l’univers (en français dans le texte) est une co-production avec le studio Satelight (Aquarion et Noein) narrant la conquête de l’univers entre différentes maisons de Nobles. Parmi elles, la maison de Vetti Lunard Sforza de Roselait (on devait bien se foutre de lui à l’école) a remporté le plus de batailles et, a fortiori, conquit le plus de territoires. Mais un mouvement de rébellion se dresse contre la domination du nouvel Empereur Vetti. C’est l’Armée du Peuple, avec à sa tête Michel Vauban de Cabelle, une aristocrate, qui pense avant tout à aider les roturiers… Mélanger l’univers du space opera à celui du XVIIème siècle était un choix casse-gueule et malheureusement Glass Fleet se ramasse rapidement la figure. Gonzo ne réitérera pas l’alchimie parfaite du Comte de Monte-Cristo où l’œuvre d’Alexandre Dumas était plongé en plein univers de science-fiction. Malgré la présence de Shoji Kawamori au mecha design, la série de Minoru Ohara (réalisateur de Lupin III: Episode 0 ‘First Contact’) et Shoji Yonemura (scénariste sur Death Note, Lupin III: Episode 0 ‘First Contact’ et Pokémon), n’arrive jamais à construire un monde cohérent. Sombrant dès son introduction dans la caricature la plus totale, Glass Feet peine à poser le moindre enjeu solide ou à faire exister ses personnages (même si la multiplication des points de vue sur l’histoire s’avère intéressante).

Malgré la présence de deux studios spécialisés dans l’utilisation des CGI dans les séries animées, ceux de Glass Feet font peines à voir. Mal intégrées à l’ensemble, en plus de faire ramer sec dès qu’elles apparaissent à l’écran, les animateurs auraient mieux fait de faire simple et de rendre le tout homogène. En effet, tout le budget semble avoir été alloué à la création des vaisseaux puisque l’animation et le chara design sont très inégaux tout au long des épisodes. L’éditeur Déclic images, spécialisé dans l’achat les derniers titres Gonzo, a acquis dernièrement la série pour une sortie sous peu en DVD. Pas la peine de vous dire que vaut mieux éviter l’achat… Ce sera aussi le cas de Red Garden lorsqu’elle arrivera en France (ce n’est pas prévue pour le moment), autre série du studio Gonzo de 22 épisodes (+ un OAV du nom de Dead Girls sorti en août dernier).
À l’instar de Glass Fleet, Le Comte de Monte-Cristo est aussi un modèle pour la création de Red Garden. En revanche, il n’est pas question ici de mélanger deux univers différents, mais de réutiliser - plus ou moins - le style graphique de ce dernier. Cela donne indéniablement un visuel original de la série, quoique nettement plus artificiel. Le budget de Red Garden est moindre et au final l’ensemble ressemble plus à un gloubi-boulga de couleurs pétantes dignes d’un parc d’attraction. Kô Matsuo (Rozen Maiden) n’a pas le talent de Mahiro Maeda et ne l’aura sûrement jamais. Ce n’est pas la présence du scénariste du Comte de Monte-Cristo, Tomohiro Yamashita, qui changera la donne. New York. Quatre filles, Kate, Rachel, Rose et Claire, se réveillent sans le moindre souvenir de la nuit passée. Dans la journée, elles apprennent la mort d’une de leur camarade. Suicide ou meurtre, les enquêteurs sont sur les deux pistes. Cet événement va rapprocher nos héroïnes mais elles découvriront alors une terrible vérité qui va bouleverser leur vie, à jamais…

Red Garden ressemble à un Gantz version shôjo, c’est-à-dire sans action, sans suspense, sans gore, sans cul, sans contenu subversif mais avec des pleurnicheuses qui passent leur temps à se plaindre ! Ainsi, durant toute la première partie, on suit le quotidien de nos quatre héroïnes. L’accent est mis sur la psychologie des personnages au détriment d’une histoire solide (dont on se contrefiche à la moitié de la série, malheureusement). Mais le plus indigeste dans l’histoire est, sans équivoque, le chara design de Kumi Ishii (Rozen Maiden) et de Fuji Jun. Ce dernier trouve son inspiration dans la mode pour élaborer les habits, maquillages et chevelures de ses héroïnes. C’est bien beau tout ça, mais au lieu de faire plaisir aux lectrices de Vogue, ils auraient mieux fait de se concentrer sur le scénario ou l’animation. Car pour le coup, on se croirait dans la série Le Club BCBG. Ce qui est loin d’être un compliment. Deux séries à éviter donc… quoiqu’au second degré, le samedi soir, entre potes avec des bières et pizzas, Glass Fleet peut s’avérer très drôle.
18 décembre 2007 à 11:49 (#)
Je ne peux que plussoyer !
Glass Feet, j’ai pris la décision de ne pas suivre au bout du premier épisode…
En ce qui concerne Red Garden, l’intrigue semblait intéressante au premier abord.
Malheureusement, comme tu le dis si bien, on s’ennuie ferme ; de plus, les chansons à la Disney au cours des épisodes n’arrangent pas les choses !
18 décembre 2007 à 12:51 (#)
De mon côté, j’ai bien aimé Red Garden.
Le chara design, ça passe ou ça casse…j’étais rebutée au début et puis au fil des épisodes, j’ai aimé de plus en plus. L’ambiance est assez particulière et "ça change" même si l’évolution est effectivement assez lente.
Bref, les points soulevés dans l’article ne sont pas forcément faux mais ils ne m’ont pas empêché d’apprécier jusqu’au bout.
Les goûts et les couleurs…
19 décembre 2007 à 03:11 (#)
craquage total chez Gonzo :/ Esperons que leur prochaines séries redressent la barre… difficile de faire pire en meme temps…quoique ><
19 décembre 2007 à 08:51 (#)
Triste… Glass Feet, à part le générique, m’avait paru long, chiant, neuneu, bofbof. Red Garden pas vu, pas pris, youpi
Par contre, j’avais beaucoup apprécié Pumpkin Scissors. Bien aimé l’ambiance FMAlchemistienne. Bien aimé le coté sombre de l’intigue. Bien aimé les personnages. J’apprécierai une deuxieme saison, mais apparement cela n’a pas pris, dommage.
Dommage car Gonzo est un immense nom…
Joli billet. merci et bonne soirée