G.I. Joe – Le réveil du Cobra
11 août 2009 | Par Zak | Publié dans Critiques | lu 1 274 fois
Les jouets Hasbro au cinéma, acte 2. Après les Transformers, c’est au tour des G.I. Joe, ces figurines articulées de soldats ultra populaires dans les cours de récré ( »Storm Shadow c’est le plus fort ! ; nan c’est Snake Eyes ! »). Sachez tout d’abord que G.I. Joe est né en 1942 dans une bande dessinée censée glorifier l’armée américaine. Les jouets ont débarqués en 1964 (eh oui, ça date !) et sont devenus au fil du temps une référence indiscutable. En 1982, la franchise est devenu un comic book chez la Marvel ; en 1983 un jeu vidéo sur Atari 2600 ; et en 1985, un dessin animé qui durera deux saisons de 95 épisodes. G.I. Joe devint par la suite cinq autres séries jusqu’en 2005 avec G.I. Joe : Sigma Six, produite par le studio Gonzo mais diffusée uniquement aux USA. Aujourd’hui, le réalisateur Stephen Sommers donne littéralement vie aux figurines avec son film. Comme le souligne le titre, Le réveil du Cobra a pour but de lancer une nouvelle saga cinématographique à l’instar des Transformers de Michael Bay. Pari gagné ?

Des montagnes de l’Asie centrale aux déserts d’Egypte, des rues de Paris au pôle Nord, les agents de l’équipe d’élite connus sous le nom de G.I. Joe mènent une lutte acharnée contre un ennemi redoutable. Disposant des toutes dernières technologies en matière de renseignement et de matériel militaire, ils combattent le puissant marchand d’armes Destro et la mystérieuse organisation terroriste nommée Cobra, qui cherchent à plonger le monde dans le chaos… Il faut avouer que l’on était circonspect de voir cette adaptation sur grand écran, surtout avec les mauvaises (et finalement fausses) rumeurs qui circulaient sur le net depuis les dernières semaines. En effet, on annonçait entre autre, que le réalisateur s’était fait éjecter de la salle de montage et que les projections-tests donnaient des résultats catastrophiques. De plus, même si Stephen Sommers possède un grand sens du divertissement, Le Retour de la momie (2001) et surtout Van Helsing (2004) ne resteront pas dans les mémoires. Pourtant le résultat à l’écran est sans appel : G.I. Joe est le blockbuster estival à voir absolument. Un ride de deux heures d’action non stop qui réussit là où Transformers 2 pêchait par excès. Mais mettons les choses au clair : on est dans le cadre du spectacle décérébré où la minceur du script est systématiquement cachée par des séquences plus explosives les unes que les autres. Et honnêtement, on est servi de ce côté-là ! Vous êtes frustré de voir des blockbusters bavards et fainéants (Harry Potter, Pirates des Caraïbes) ou mal rythmés (Transformers 2, la comparaison est définitivement inévitable) ? G.I. Joe est fait pour vous ! Le film de Stephen Sommers multiplie les morceaux de bravoure dont une poursuite dingue dans les rues de Paris (où Prague déguisé en capitale française !) et un climax sous-marin digne d’un Star Wars. Le tout, mis en scène avec soin (c’est toujours lisible).

Qui plus est et ce malgré le nombre important de protagonistes, Sommers arrive à tous les intégrer dans l’histoire sans jamais en sacrifier un seul. Si Duke (Channing Tatum, aussi charismatique d’une moule) et Ripcord (Marlon Wayans, insupportable) sont plus mis en avant, on retiendra surtout Snake Eyes (Ray Park, le Darth Maul de La Menace Fantôme !) et Storm Shadow (le génial Byung-hun Lee). Les deux ninjas s’offrent souvent les meilleures séquences… sauf leur affrontement final, trop vite expédié. Le cast féminin n’est pas en reste et surtout mis en valeur juste comme il faut. Sommers connaît la limite de la vulgarité, ce qui n’est pas le cas de Michael Bay. Ainsi, Sienna Miller aka Baroness, campe une brune incendiaire aussi dangereuse d’une Veuve Noire et Rachel Nichols aka Scarlett, une farouche guerrière au charme indéniable. Megan Fox devrait en prendre de la graine ! On appréciera aussi les guests savoureux, notamment les habitués du réalisateur comme Brendan Fraser, Kevin J. O’Connor et Arnold Vosloo (qui campe un savoureux Zartan). En revanche, Dennis Quaid aka Hawk et Christopher Eccleston aka Destro sont souvent à la limite du cabotinage même si l’on sent qu’ils s’amusent comme des gosses. Un peu comme nous, spectateurs, devant le film. C’est vraiment uniquement dans ce sens qu’il faut prendre ce G.I. Joe – Le réveil du Cobra. Ainsi, il faudra faire abstraction de la relative prévisibilité des péripéties (le mot est même assez faible), des dialogues pas toujours très fins, des touches d’humour qui ne fonctionnent pas souvent ou d’une production design assez foireuse (le look final de Cobra, c’est du niveau d’un Power Rangers). De même Alan Silvestri, compositeur mythique de Retour vers le futur et Predator, nous a habitué à mieux et signe un score anodin.

Mais voilà, G.I. Joe remplit pourtant totalement son contrat de film pop-corn estival et gagne amplement son duel contre Transformers 2 : la revanche (mais pas du point de vue des recettes mondiales…). Ainsi, cela fait plaisir de retrouver le cinéaste de Un cri dans l’océan (1998) et de La Momie (1999) en aussi bonne forme. Celui qui sait faire plaisir à son public sans le gaver. Etant donné que la Paramount vient de confirmer la mise en chantier d’une suite, on a qu’une envie de dire : vivement !