Ghost Hound
19 janvier 2009 | Par Zak | Publié dans Critiques | 2 commentaires | lu 1 697 fois
Pour les 20 ans du studio, Production I.G a eu l’idée lumineuse de reformer une partie de l’équipe de Serial Experiments Lain pour les besoins d’une nouvelle série qui débuta en octobre 2007 pour finir en avril 2008. Ainsi, Ghost Hound est la nouvelle réalisation de Ryûtarô Nakamura (aussi auteur de REC et L’Odyssée de Kino) d’après un scénario de Chiaki J. Konaka (Texhnolyze, Air Gear), tiré d’un concept de Masamune Shirow. Pas de Yoshitoshi Abe au générique mais Mariko Oka, chara designer de La Fille des Enfers, dont on retrouve immédiatement le style ici. Un visuel général plus passe-partout et moins graphique que Lain, Ailes grises, ou Texhnolyze malgré une haute tenue technique (on est chez Prod I.G, cela se voit). Qu’importe, la déception des premiers épisodes passée, on plonge rapidement dans cette histoire complexe et tortueuse comme on ne peut en voir décidément qu’en animation japonaise !

Makoto, Tarô et Masayuki sont trois jeunes lycéens, habitant à Suiten, une petite ville du nord de l’île de Kyûshû. Chacun d’eux ont vécu une expérience traumatisante dans leur enfance. Tarô fut le seul survivant d’un kidnapping où sa grande sœur périt, Makoto a vu son père se suicider car on le soupçonnait d’être lié au dudit kidnapping et Masayuki est en parti responsable du suicide de l’un de ses camarades lorsqu’il était à Tokyo. Outre ce point commun, les trois adolescents découvrent qu’ils ont la possibilité de se projeter astralement. En effet, une fois endormi, une partie de leur conscience s’échappe de leur enveloppe charnelle pour voguer dans un monde superposé au leur où les esprits vagabondent. Ils vont alors se servir de cette capacité pour découvrir ce qu’il s’est réellement passé lors du kidnapping de Tarô… Confrontation entre thèses scientifiques et croyances religieuses, réflexion sur les manipulations génétiques qui mènent l’Homme a essayé d’imiter Dieu, drame touchant sur le deuil impossible, thriller haletant dont les réponses se trouvent enfouies dans la conscience du héros ou encore histoire d’amitié forte ayant pour thème principal le passage à l’âge adulte… Voilà ce que propose Ghost Hound durant ses 22 épisodes. C’est beaucoup, sûrement de trop comme le souligne ce final expédié qui ne répond pas à toutes les questions. Sans être aussi novatrice de Lain, Ghost Hound est une œuvre d’une incroyable densité touchant à de nombreux genres. L’animé aborde même l’horreur pure grâce à l’énorme travail sur la bande son rappelant les films du réalisateur japonais Kyochi Kurosawa (Kaïro).Par exemple, la séquence d’ouverture du 8ème épisode risque de faire dresser les cheveux sur la tête de nombreux spectateurs…

Si la caractérisation de notre trio de héros paraît quelque sommaire au début (le gentil, le bavard et le ténébreux), ils vont, peu à peu, suivre une évolution importante au cours des épisodes jusqu’à les rendre extrêmement attachant. Leurs quêtes respectives et les nombreux obstacles se mettant sur leur route, vont renforcer la relation d’amitié qu’ils entretiennent. Ghost Hound propose, en outre, une formidable galerie de personnages comme Hirata, ce psychanalyste venu spécialement de Tokyo pour étudier Tarô. On suit alors ses passionnantes théories scientifiques expliquant chaque rêve étrange ou autre expérience de projection astrale. Ainsi, on commence à douter de la santé mentale de notre héros. Se passe-t-il vraiment des évènements surnaturels à Suiten où alors est-ce juste l’imagination d’un esprit dérangé ? Pour connaître la réponse, il faudra regarder la série. Coup double donc pour Production I.G qui, après l’excellent Seirei no Moribito, nous offre une nouvelle réussite (dommage que depuis c’est le désert). Même s’il est évident que Ghost Hound ne provoquera pas le même phénomène que Lain en son temps…
20 janvier 2009 à 11:36 (#)
L’un de mes préférés de 2008.
Si vous aimez les mystères, c’est l’anime idéal.
20 janvier 2009 à 02:35 (#)
Très réussi en effet (malgré un dénouement à la traine par rapport aux péripéties), Ghost Hound nous plonge dans les profondeurs de l’esprit humain exposant des théories très intéressantes notamment sur les conséquences du stress post-traumatique mais aussi sur bien d’autres syndromes et phénomènes psychologiques. A voir absolument !