Fullmetal Alchemist

4 janvier 2006  |  Par Zak  |  Publié dans Critiques  |  2 commentaires  | 

Crée par Hiromu Arakama, le manga Fullmetal Alchemist, existe en 13 volumes (toujours en cours de parution au Japon). Devant le succès de celui-ci, le studio BONES (Wolf’s Rain et RahXephon) se charge de retranscrire l’univers dense et complexe de la mangaka. À la réalisation de l’animé, nous retrouvons Seiji Mizushima, qui travailla au même poste sur Shaman King, Slayers Next, mais aussi sur quelques épisodes de Neon Genesis Evangelion. La diffusion débuta en octobre 2003, le succès public fut immédiat et à la fin de l’année Fullmetal Alchemist obtient la première place à l’Anime Grand Prix. Une véritable démonstration de force, un engouement presque total envers un animé hors norme.

Février 1910, village de Rizenbul, Edward et Alphonse Elric, âgés de 11 et 10 ans, essaient de ramener à la vie leur mère par le biais de l’alchimie, pratique interdite pour la transmutation humaine. Mais leur tentative tourne mal, ils n’ont réussi à créer qu’une chimère sans âme, Ed perd une jambe et le corps de Al se dissocie complètement. Dans un élan de désespoir, Edward réussit à fixer l’âme de son frère dans une armure, au prix de son bras droit. Sa voisine Winry va lui créer un bras et une jambe mécaniques pour remplacer ses membres perdus. On les retrouve 4 ans plus tard à la cité de Lior à la recherche de la mystérieuse pierre philosophale qui selon la légende accorde à son possesseur le pouvoir de réussir les transmutations humaines et donc permettrait à Edward de retrouver son bras et sa jambe et à Alphonse de réintégrer son corps. Une des réussites fondamentales de Fullmetal Alchemist vient du concept de l’alchimie, sorte de magie transmutatrice (et destructrice, c’est selon) qui fonctionne sur le principe de l’échange équivalent : on ne peut créer un objet d’une certaine masse qu’à partir d’un objet d’une masse équivalente. Un concept astucieux, simple et efficace à la fois qui s’intègre parfaitement dans les différentes péripéties de nos héros. Pour effectuer une transmutation, un alchimiste doit tracer un cercle (qui varie selon l’effet souhaité). Or, on va voir tout au long de la série, que certains alchimistes possèdent le pouvoir d’user de l’alchimie sans tracer de cercle. Edward, par exemple, peut l’utiliser en claquant des mains (comme son maître, Izumi). Roy Mustang, possède des gants spéciaux lui permettant de contrôler le feu en claquant des doigts. Alors que ce psychopathe de Kimblee, l’Alchimiste Écarlate, transforme les organismes vivants en bombes au simple contact.

Fullmetal Alchemist se déroule au début du 20ème siècle, mais dans un monde parallèle au nôtre, très influencé par le steampunk pour le côté rétro-futuriste. Le travail a été colossal pour inventer un univers (synonyme) à la fois réaliste et fantaisiste : villes, personnages, cultures, religions, tout forme un macrocosme cohérent, d’une profondeur stupéfiante. D’un point de vue graphique, l’animé est très coloré et enfantin diront certains. Il n’empêche que l’animation et le chara design sont de toutes beautés (le style graphique étant même largement amélioré par rapport au manga). La musique de Michiru Oshima (pas mal de Godzilla) à la fois discrète et impressionnante, s’intègre toujours parfaitement aux images. On citera aussi les magnifiques openings (en particulier Undo qu’il m’arrivait de chantonner pendant le générique) et endings. Comme tout shônen classique, les aventures, les combats et l’humour sont omniprésents. Seulement voilà, Fullmetal Alchemist est un animé bien plus mature et humain qu’il n’y paraît. C’est sans conteste, au niveau de son scénario et du développement psychologique de ses personnages que la série marque le plus. En effet, la trame principale se concentre sur la recherche de la pierre philosophale. Mais, l’histoire est aussi ponctuée de nombreux flashs-back, narrant la jeunesse de nos héros, du terrible massacre d’Ishbal et bien d’autres encore. Sans oublier les nombreux rebondissements, les sous-intrigues bien exploitées, ainsi qu’un traitement subtil du manichéisme.

Edward Elric, n’a que 15 ans pourtant il agit et raisonne comme un adulte. Il est rongé par les remords à cause de l’état de son frère. Sa nature est plutôt pessimiste (tout le contraire de son frère) et il a un léger complexe d’infériorité à cause de sa taille de nabot. Ce qui donne souvent des scènes assez cocasses. Ces deux frères ont beaucoup souffert de la vie, pas seulement à cause de leur état physique mais aussi à cause de l’abandon de leur père et la mort tragique de leur mère. Des événements qui ont forgé leurs caractères. Leur seule véritable attache se nomme Winry, la jolie blonde mécano, qui apporte de la légèreté et de l’amour dans une histoire profondément dépressive (et ça fait du bien !). Tels les Chevaliers d’Athéna, les frères Elric ne peuvent pas profiter de leur jeunesse et vivre comme des adolescents de leur âge. Ils n’ont qu’un seul et unique but : retrouver leur corps d’origine. Malgré l’apparence tragique de l’histoire, Fullmetal Alchemist recèle de nombreux moments humoristiques. Je pense à l’épisode “récréation” centré sur le groupe de Roy Mustang, avec le rendez-vous du lieutenant Havoc avec la sœur de Alex Louis Armstrong. Un épisode absolument hilarant. La plupart du temps, l’humour est visuel, les visages sont déformés et le comique de situation est de rigueur. On dénotera tout de même quelques punchlines percutantes. Les frères Elric sont aussi souvent amenés à se battre contre divers ennemis. En général, les combats sont courts, rien avoir avec un Naruto, où ceux-ci s’étalent sur plusieurs épisodes à la Dragon Ball Z. L’alchimie est une magie à l’efficacité redoutable, la courte durée des combats le prouve. Il faut voir Scar se débarrasser du général Basque Gran en un clin d’œil. Terrible. Visuellement, les combats sont de toutes beautés, avec divers effets de lumière, cris de rage et mouvements de caméras dynamiques. On a vraiment l’impression qu’un travail minutieux de mise en scène a été effectué. Encore une preuve de la qualité indéniable de l’animé.

Passons maintenant aux divers protagonistes de l’histoire. Tout d’abord, Roy Mustang, colonel de l’armée, plein d’ambitions et aussi Alchimiste de Flamme. Il est le supérieur direct de Edward mais il est avant tout son ami, même s’ils ne semblent guère s’apprécier chacun. Mais le meilleur ami de Roy se nomme Maes Hughes, aussi un gradé de l’armée. C’est un personnage délirant et charismatique à la fois. Je peux vous assurer que lors de l’épisode 25 vous allez verser une larme. Parmi les autres membres de l’armée, on retrouve aussi Alex Louis Armstrong, un des moteurs humoristiques de la série. Alex est une montagne de muscles, amoureux de son corps et qui n’hésite jamais à le montrer. C’est un personnage loufoque mais redoutable au combat. On retrouve aussi Frank Archer, un arriviste qui vendrait sa mère pour arriver à ses fins. Il sera très grièvement blessé vers la fin avant de revenir en version cyborg. Une idée assez géniale quand on voit le design du robot. Enfin, l’armée est dirigée par King Bradley, un homme énigmatique, très respecté, mais qui ne ressemble guère à un dirigeant miliaire. Fullmetal Alchemist compte aussi un nombre assez conséquent de bad guys. Parmi eux, les Homonculus. Un Homonculus est un être ayant les capacités intellectuelles et physiologiques de l’être humain, sans toutefois être humain justement ! Ce sont des copies de personnes ayant existé auparavant et mortes depuis. Ils apparaissent après une transmutation humaine qui aurait raté. Les Homonculus sont au nombre de 7, chacun symbolisant un péché capital : Lust, une femme pouvant allonger ses ongles et en faire des armes redoutables, Gluttony, un homme-enfant pouvant dévorer n’importe quelle matière, Sloth, une femme pouvant transformer son corps en eau, Greed et son corps indestructible, Envy, un adepte du polymorphisme, Wrath, un enfant pouvant user de l’alchimie (les Homonculus ne peuvent utiliser la magie transmutatrice, sauf lui) et enfin, Pride, que je vous laisse découvrir par vous-même.

Les motivations des Homonculus sont troubles, ce sont des êtres calculateurs et manipulateurs. Edward en fera les frais lors de la fin de la première saison. Mais derrière leur apparence de “méchants” classiques, se cachent des êtres en quête d’humanité. Ils leur restent des fragments de mémoires de leurs vies antérieures et sont, pour la plupart, tourmentés par ces visions. Greed kidnappe Al pour découvrir le secret de l’immortalité. Or, il s’avèrera que l’Homonculus cherche plus la mort que la vie éternelle. Une mort qu’il souhaite avoir au combat, tel un authentique guerrier. La rixe qui l’oppose à Ed, venu sauvé son frère, est un des moments dramatiques les plus intenses de la série. Mais le personnage le plus intéressant de l’animé est sans conteste Scar. Au début, il apparaît comme un tueur d’Alchimistes d’Etat, une sorte de serial killer énigmatique. On va apprendre par la suite que l’homme est en quête de vengeance après le massacre de son peuple. En effet, l’armée, qui ressemble terriblement à une certaine Wehrmacht (même dans les uniformes) est responsable d’un génocide. Diverses exactions ont été commises : meurtres, viols et diverses exécutions. Hommes, femmes et enfants, tous y sont passés. Seuls quelques habitants d’Ishbal ont réussi à échapper aux massacres, Scar est de ceux-là. On va le découvrir au fil des épisodes, mais le tueur impassible est bien plus humain qu’il n’y paraît.

Ce n’est pas un alchimiste, pourtant son bras droit lui permet d’utiliser la magie, mais de façon destructrice. De tous les personnages de la série, il apparaît comme un des plus puissants. En fait, Scar n’est pas son nom, c’est un surnom donné par Maes Hughes. On ne connaîtra pas sa véritable identité : “Les noms que nous portons nous ont été donnés par Dieu à la naissance, mais moi puisque je me suis détourné de la voix de Dieu, je n’ai plus de nom.”. Avec une voix grave à la Vin Diesel, Scar s’impose comme une figure déjà culte du manga (et donc de l’animation). J’ai mis du temps à reprendre mes esprits après le tragique épisode 42 (tout comme l’épisode 7 et la petite Nina, celui-là je ne m’en suis pas encore remis devant la cruauté des événements, c’est dire). Au final, car il faut bien conclure, Fullmetal Alchemist est une des meilleures séries de ces dernières années, voilà c’est dit. Cela dit, l’animé ne révolutionne en rien le monde de l’animation, il améliore juste, et de façon conséquente, un genre trop souvent noyé dans des stéréotypes énervants. Dybex sort actuellement les DVD (51 épisodes répartis sur 10 volumes) et même en ayant découvert la série sur Canal +, je vous conseille de vous jeter dessus rien pour entendre la version originale.

Commentaires

  1. sissi dit :

    28 novembre 2007 à 08:49 (#)

    quel est le lien de parenté entre edward et alphonse ?
    S.V.P répond vite

  2. jérome dit :

    28 novembre 2007 à 08:51 (#)

    sa va poulette

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