Full Metal Panic!

6 septembre 2006  |  Par Zak  |  Publié dans Critiques  | 

Soldat, garde à vous ! La mission d’aujourd’hui est de faire le point sur l’un des titres phares du studio Gonzo. Son nom : Full Metal Panic!. Son auteur : Kôichi Chigira, déjà responsable de Last Exile, Gate Keepers et du film Brave Story. C’est début 2002 que cette série de 24 épisodes fut diffusée au Japon. Pourtant la cible était déjà prête quelques mois auparavant. Mais suite aux terribles attentats du 11 septembre 2001, le show fut déprogrammé. En effet, les autorités n’ont pas aimé voir un avion se faire détourner par des terroristes. De notre côté, le débarquement n’a eu lieu que cette année seulement (chez Déclic Images). L’objectif est donc de décrypter les éléments qui ont fait le succès de l’animé et faire en sorte que l’ennemi capitule devant la plastique irréprochable de son héroïne. Au travail, troufion !

Sôsuké Sagara, un jeune militaire de 17 ans œuvrant pour l’organisation secrète Mithril, est assigné à la protection d’une lycéenne du nom de Chidori Kanamé. Cette dernière est une “Whispered”, une personne dont les secrets d’une technologie avancée d’origine inconnue (la Black Technology) sont enfouis dans sa conscience. Afin de mener à bien sa mission, Sôsuké est aidé par Kurz Weber, sniper et dragueur à ses heures perdues et Melissa Mao, leur supérieur hiérarchique. Sôsuké se fait passer pour un lycéen fraîchement transféré… Mais la tâche est loin d’être aisée pour quelqu’un qui a toujours vécu comme mercenaire depuis sa plus tendre enfance… À l’origine, Full Metal Panic! est un roman de Shouji Gatou (le Tom Clancy nippon !) qui débuta en 1998 et compte actuellement près d’une vingtaine de volumes (l’animé ici présent ne couvre que les 7 premiers tomes). Suite au succès de la série, FMP! donna naissance à deux rejetons chez Kyoto Animation : Full Metal Panic? Fumoffu (2003) et Full Metal Panic! The Second Raid (2005). Si le premier est un spin-off de l’univers instauré par Shouji Gatou (l’animé ne couvre que la vie estudiantine de Sosûké et Chidori), le second est une véritable seconde saison (et le meilleur segment, carrément). Voilà pour le petit historique et revenons au sujet principal, à savoir la série originelle.

Full Metal Panic! est un shônen mâtiné de série mécha. Ainsi, la série répond à des clichés inhérents aux deux genres : couple improbable, humour délirant, combats acharnés et petites culottes en veux-tu, en voilà. Décrit comme cela, je vous vois déjà partir en courant. Mais stop bande de lopettes ! Laissez-moi finir au moins… Tout d’abord, sachez que Full Metal Panic!, c’est un scénario parfaitement ficelé, doublé d’une réalisation au diapason. Si la première partie de l’animé est introductive (comme la plupart des séries au nombre d’épisodes similaire), on sent la volonté des auteurs à livrer d’emblé un spectacle généreux (sans pour autant être gavant). Les épisodes alternent entre les missions et les déboires lycéens de Sôsuké, donnant ainsi un mélange des genres détonant (action pure et comédie loufoque). Pourtant, c’est durant sa seconde partie que FMP! atteindra son apogée. On en prend pleins les mirettes, comme souvent chez Gonzo. La réussite de la série doit énormément au couple Sôsuké/Chidori. S’il fonctionne sur un principe éculé (Chidori donne l’impression de le détester alors qu’il compte beaucoup pour elle), il est impossible de ne pas s’attacher à eux. L’humour joue la carte du comique de situation avec ce pauvre Sôsuké n’arrêtant pas de gaffer du fait de sa méconnaissance de la vie adolescente (voir l’utilisation qu’il fait d’un préservatif). Sorte de caricature ambulante du soldat moyen (renforcé par le jeu habité de Tomokazu Seki), le sergent Sagara s’impose pourtant en l’espace de quelques épisodes comme une véritable icône du shônen. Si l’humour de Full Metal Panic! est aussi parodique (le milieu militaire en prend pour son grade), les auteurs aiment leurs héros, et nous les font aimer.

À ce titre, Les compagnons de Sagara forment aussi une belle brochette de losers attendrissants. Kurz se comporte comme un gamin, Melissa comme une alcoolique notoire. Mais au combat, ce sont les meilleurs. Plus hétéroclite, le capitaine est une jeune demoiselle de l’âge de Sôsuké, qui, aux premiers abords, ne donne pas l’impression d’avoir le charisme nécessaire pour diriger un groupe militaire. La présence de Theresa “Tessa” Testarossa (c’est son nom) permet d’introduire le classique triangle amoureux “shônesque” avec Sôsuké et Chidori. Côté bad guy, Gauron rempli bien son rôle de psychopathe indestructible (et kamikaze), même si le personnage manque singulièrement d’étoffe (il est juste trèèèèèèès méchant).Qui dit série Gonzo dit obligatoirement fan service. Attendez-vous donc à de multiples contre-plongées sur la jupe de Chidori ou autres allusions salaces (comme le pari rigolo entre Tessa et Melissa). Heureusement, seule la première partie de l’animé est contaminée par la chose… Jusqu’à maintenant, nous avons surtout évoqué l’aspect humoristique de la série, mais il ne faudrait pas oublier tout le côté dramatique. Le terrorisme prend une place importante dans le récit faisant de Full Metal Panic! une œuvre fondamentalement actuelle (même si la religion n’a pas son importance ici). Kôichi Chigira montre tout l’étendu de son talent au travers des nombreuses batailles jalonnant le parcours de nos héros. Le morceau d’anthologie du lot étant sans conteste la mission d’élimination de Gauron qui tourne au massacre (avec un superbe contraste entre la furie des combats et les moments contemplatifs avec Chidori, seule au bord de la mer). Il est seulement regrettable que le mystère de la Black Technology reste en suspens à la fin (il l’est encore aujourd’hui !).

Quatre années après, FMP! n’a pas à rougir techniquement. Habitué à mélanger CGI et animation traditionnelle, le savoir-faire du studio Gonzo est indéniable (les effets de lumière sont notamment superbes). Parfaitement intégrés à l’ensemble, les effets 3D permettent une fluidité d’animation irréprochable et de décupler par la même occasion les possibilités de mise en scène. Sans être novateur et manquant légèrement de maturité pour rivaliser avec les grands (une chose réparée avec The Second Raid), Full Metal Panic! reste un titre très attractif et surtout accessible à tous. En d’autres termes, si vous voulez vous lancer dans le genre mécha sans vous prendre le chou sur des réflexions philosophiques à la Evangelion ou géopolitiques à la Gundam, cet animé est pour vous. Rompez soldat !

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