Freedom
28 février 2009 | Par Zak | Publié dans Critiques | 1 Comment | lu 2 664 fois
Conçu à l’origine comme un projet publicitaire pour les 35 ans de la firme de nouilles instantanées Nissin, Freedom est devenue finalement une série à part entière parrainée par le grand Katsuhiro Otomo. Si l’auteur d’Akira et Steamboy n’occupe que les postes de chara designer, mecha designer et storyboardeur, il laissa la réalisation à Shuhei Morita, qui avait fait sensation avec son Kakurenbo en 2004. Produit par le studio Sunrise et composé de 7 OAV (8 si on tient compte que le dernier épisode est un double en fait), Freedom est une histoire de science-fiction qui se veut réaliste et crédible. Ne vous attendez donc pas à des aliens belliqueux, des pistolets lasers ou des batailles spatiales. Non, Freedom raconte la survie de l’humanité, séparée en deux, après une catastrophe. Avec d’un côté une cité lunaire au gouvernement fascisant et de l’autre une communauté vivant en autarcie et surtout disposant d’une totale… liberté.

Au 23ème siècle, l’humanité a quitté la Terre en proie aux ravages du dérèglement climatique et trouvé refuge sur la face cachée de la Lune. C’est ainsi que s’est créée la République Lunaire d’Eden, gérée par le Bureau de l’Administration qui garantit à ses citoyens de ne manquer de rien. C’est alors que Takeru, lors d’un travail d’intérêt général à la surface de la Lune, trouve un message semblant provenir de la Terre. Une jeune femme y annonce que la Terre s’est remise de ses maux et s’adresse aux habitants de la Lune en leur demandant de revenir. Mais le Conseil d’Administration ne semble pas ravi de cette trouvaille et ne va pas tarder à réagir sévèrement à ce qui aurait du être une bonne nouvelle. Cette incroyable découverte va emmener Takeru et ses amis à la recherche d’un moyen de se rendre sur Terre pour voir ce qu’il en est… Pas moins de trois scénaristes sont crédités au générique de Freedom. Et pas des moindres ! Dai Sato (GITS : Stand Alone Complex, Cowboy Bebop), Katsuhiko Chiba (Stellvia, Mobile Suit Gundam Wing) et Yûichi Nomura (Code Geass, Mobile Suit Gundam Seed). Un sacré staff auquel on peut aussi rajouter le compositeur Yoshihiro Ike (Blood : The Last Vampire, Ergo Proxy). Freedom n’est donc pas un énorme spot publicitaire mais une vraie épopée spatiale, bien que dans chaque épisode le placement produit Nissin soit présent (de manière somme toute assez transparente). L’histoire est étalée sur trois ans et nous place dans le quotidien de trois adolescents férus de courses de motos illégales. Pas vraiment prompt à respecter les règles draconiennes de la cité, Takeru et ses amis montent une véritable révolution dans l’espoir de faire connaître la vérité aux habitants d’Eden. Freedom est ainsi scindé en trois parties : sur Eden, sur Terre (dont les couleurs chatoyantes contrastent avec l’aspect clinique et déshumanisé de la cité lunaire) et enfin le retour sur Eden pour faire connaître la vérité.

Cette dernière partie évoque beaucoup la dernière production Pixar, Wall-E, dans la façon de décrire la lâcheté de l’humanité. Les dirigeants d’Eden ont peur d’affronter leur passé tout en se complaisant dans leur mode de vie actuel bien pépère. C’est donc par la jeunesse (Takeru), la tranche d’âge la plus concernée pour réparer les erreurs de leurs aïeux, que le soulèvement arrive. Freedom revisite aussi plusieurs genres outre la science-fiction. Ainsi tout un épisode se déroule sur la fameuse Route 66, Takeru et Biz devant traverser une bonne partie des Etats-Unis pour se rendre en Floride. Difficile de ne pas penser aux road movie des 70’s avec cet amour des grands espaces ou la rencontre avec la troupe de comédiens baba cool. Malgré le faible nombre d’épisodes, la série fait preuve d’une vraie richesse malgré un scénario assez classique, une gestion du temps hasardeuse (les trois années semblent durer trois semaines) et quelques rebondissements mal gérés (dans le dernier épisode notamment). Quelques défauts qui n’empêcheront pas le spectateur d’y prendre plaisir pour autant, surtout que Freedom est le premier animé à sortir en haute définition. Prévu au départ pour le HD-DVD, la série est finalement sortie en Blu-ray (chez Beez en France) avec la mort du format de Toshiba. Des conditions optimales, à prix exorbitant toutefois. Mais le luxe, cela se paie !
2 avril 2009 à 02:43 (#)
En toute franchise, cet série de plusieurs OAVs est exceptionnelle ! Tant sur le plan graphique, que sur le plan scénaristique. C’est véritable bijou d’animation.
Bien que le design puisse en repousser quelques-uns, de part sa caractéristique de cell-shading, une animation fluide, des personnage cohérents et attachant, de l’action, un complot, des courses, et pleins d’autres choses rendent cette série hors-norme. Un seul conseil à donner à tous ceux qui me lisent, laissez-vous tenter par cette perle et, vous ne le regretterez pas.