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Fafner

5 mars 2006  |  Par Zak  |  Publié dans Critiques  |  2 commentaires  |  lu 610 fois

Produit par le studio Xebec (Love Hina et Stellvia), Fafner (Soukyuu no Fafner : Dead Aggressor en version originale) fut diffusé de juillet à décembre 2004 (25 épisodes et un OAV en tout). À la tête de l’entreprise, nous retrouvons Nobuyoshi Habara, le réalisateur de D.N.Angel. Les connaisseurs reconnaîtront un chara design similaire à celui de la célèbre série Mobile Suit Gundam Seed. C’est tout à fait normal, puisque c’est la même personne qui s’en occupe : Hisashi Hirai (aussi l’auteur de celui de s-CRY-ed). Nous avons ici à faire à un concept « original », mais même si ce n’est pas une adaptation de manga, nous allons voir que Fafner pioche un peu (de trop ?) à gauche et à droite parmi les meilleures séries de science-fiction de ces dernières années.

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Sur une petite île japonaise isolée de tout, du nom de Tatsumiya, la vie semble s’écouler tranquillement jusqu’au jour où une entité gigantesque inconnue fait son apparition non loin de là et commence à attaquer l’île. Seuls les enfants ne comprennent pas ce qui se passe et sont rapidement évacués dans des abris souterrains. Les adultes quant à eux, savent comment réagir. En quelques instants, des champs de force sont activés autour de l’île et un véritable arsenal de guerre caché au milieu de la ville est déployé afin de faire face à cette entité qu’ils nomment Festum. Mais ces dispositifs ne semblent pas être en mesure d’arrêter la créature et les adultes n’ont d’autre choix que de réveiller un robot gigantesque, le Fafner, qui sera piloté par un jeune garçon de l’île, Kazuki Makabe. Malgré des doutes sur sa capacité à piloter ce robot, Kazuki part combattre cette mystérieuse créature… En regardant le pitch, la première chose qui nous vient à l’esprit est de voir les multiples similitudes avec un classique de la japanimation : Neon Genesis Evangelion. De jeunes pilotes qui combattent des formes de vie inconnue dans des méchas surarmés, cela ne vous rappelle rien ? La nouvelle série Xebec s’inspire beaucoup de celle de Hideaki Anno, aussi bien dans l’intrigue (voir carrément le visuel) que dans la psychologie de ses personnages. De plus, les auteurs ratissent du côté de RahXephon (qui lui aussi piochait déjà chez Evangelion) ainsi que de Mobile Suit Gundam.

Le chara design est identique, le nombre de protagonistes est important (de surcroît celui d’intrigues secondaires aussi), et enfin, la mise en scène des combats possède la même efficacité (là, on ne va pas s’en plaindre). Cela dit, il ne faut pas se leurrer, hormis un final dantesque, à aucun moment la série n’arrive à la cheville de ses aînés : si sur la forme, nous sommes proches de Evangelion, dans le fond, on en est finalement très éloigné : les questionnements existentiels de nos héros sont très sommaires et souvent traités avec une subtilité de la lourdeur d’un tank. Les mauvaises langues pourront parler de plagiat, mais pourtant, la série arrive, petit à petit, à disposer de sa propre identité au fil des épisodes. Fafner s’inspire d’un poème épique allemand du Moyen Âge, La Chanson des Nibelungen, que Richard Wagner adapta en un opéra (L’Anneau des Nibelungen) en quatre parties : L’Or du Rhin, La Walkyrie, Siegfried et Le Crépuscule des Dieux. En effet, une bonne partie des noms des divers éléments technologiques (méchas, armes, etc.) sont tirés du poème et plus précisément de la mythologie nordique (qui avait déjà fortement inspiré Saint Seiya Asgard). Le Fafner, ici le mécha qu’utilisent nos héros est le légendaire dragon que terrassa Siegfried. Le nom du héros est lui utilisé pour le système annexe des Fafner que pilote Soushi. Ou encore, Fenrir, le loup géant, est ici une arme de destruction massive.

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Bref, l’influence se fait nettement ressentir et même si au final, celle-ci ressemble plus a un gadget qu’autre chose (contrairement à Asgard justement). La musique de Tsuneyoshi Saito (Kaze no Yojimbo) reste dans l’inspiration nordique avec diverses envolées lyriques assez sublimes. Mais le must au niveau musical est sans aucun doute l’opening Shangri-La de Angela. La voix de la chanteuse japonaise ridiculise toute la génération de chanteuses françaises de ces 10 dernières années. C’est dire la puissance vocale et émotionnelle de celle-ci. La majeure partie de l’histoire se déroule sur l’île et ses environs. Au début, le spectateur est très nettement dans le brouillard concernant les événements se déroulant dans le monde extérieur. L’histoire se concentre alors sur les habitants de l’île et plus précisément sur le groupe d’ados, chargé de combattre les Festum. Au fur et à mesure que les épisodes défilent, nous découvrons de surprenants rebondissements, relançant toujours l’intérêt de l’animé. De plus, les auteurs n’hésitent pas à sacrifier les personnages pour le bien de l’histoire : la faible Shouko qui sauve l’île à ses dépends lors de l’épisode 6, Kouyou réduit à l’état de légume après l’épisode 9 (détail horrible : ses propres parents prêts a le débrancher pour se débarrasser de lui) puis enfin toutes les morts violentes et tragiques de la fin.

Malgré le côté paradisiaque qui caractérise l’animé (l’île, l’océan, les couleurs chatoyantes, on dirait presque Macross Zero), nous découvrons rapidement que la Terre a été dévastée par les Festum. En sortant de l’île pour la première fois, Kazuki découvre les ruines d’une ville envahie par la végétation, derniers vestiges d’une civilisation presque éradiquée. Ainsi, tous les rêves des enfants de Tatsumiya sont brisés à jamais. Le côté paradisiaque et intimiste laisse rapidement la place à un univers post-apocalyptique où l’Homme n’est plus maître de sa propre planète. Les nouveaux dominants se nomment Festum, des êtres dorés qui absorbent leurs ennemis. Déjà, rien que mot « absorbé » a de quoi faire froid dans le dos. En effet, le Festum a la sale habitude de vider sa victime de son esprit et ainsi le transformer en légume inoffensif pour ensuite l’assimiler à sa guise. D’une voix semblant sortir du néant, ils posent tous la même question : « Êtes-vous là ? ». Répondre signifierait la fin de votre existence. Cette question n’est pas anodine dans le récit, puisqu’elle permet de développer une réflexion philosophique sur la notion d’existence. Tout au long de l’animé, les personnages « se cherchent », ils essaient de trouver un but à leur « existence » et de comprendre pourquoi « ils sont là » (voir par exemple le dialogue final entre Kazuki et Kanon dans l’épisode 17).

Kazuki, le héros de l’histoire, rappelle par beaucoup de points le Shinji de Evangelion, de par ses questionnements existentiels mais aussi avec la relation qui le lie à son père. Parmi les personnages intéressants, on retiendra Mizoguchi, un marine cool et légèrement blasé à la Solid Snake, Michio, le guerrier romantique et Mamoru, l’otaku de service qui développe une seconde personnalité au combat. Passons rapidement en revu le côté technique. Une des qualités indéniables de la série est sans conteste son animation. Celle-ci est souvent fluide et l’intégration des CGI se fait toujours de manière subtile (pas de « pleins les yeux » à la Gonzo). Revenons aussi sur le chara design : les personnages se ressemblent tous et la présence de traits sous les yeux est une faute de goût assez incompréhensible (on dirait des poils !). Aucun éditeur en France ne semble pour l’instant intéressé par la licence. Cela dit, il y a de forte chance pour que la donne soit changée, la série étant encore toute récente. Il faut savoir aussi que le titre existe en jeu sur PSP (PlayStation Portable, je précise pour les deux du fond) disponible uniquement au Japon et aux USA. Un jeu plus que mineur selon les dires. Malgré ses défauts évidents, Fafner se place tout de même largement au-dessus de la moyenne de la production nippone d’animé. La série arrivant presque à rivaliser avec ses sources d’inspiration dans sa deuxième partie. C’est déjà pas mal.

Commentaires

  1. Phentermine. dit :

    24 mai 2007 à 12:43 (#)

    Phentermine.

    Phentermine.

  2. Lu-sama dit :

    13 juin 2007 à 12:05 (#)

    L’une des meilleures séries mechas de l’année 2004. La série ressemble beaucoup à Evangelion, mais ça n’enlève rien à son charme (ben oui quoi…).
    Le chara design est assez… étrange on va dire, Hirai Hisashi a sûrement voulu différencier les persos de SEED de ceux de Fafner, alors il nous a mis des traits sous les yeux ! XD Sur certains persos c’est mignon (Tsubaki) mais pour Kazuki ou Soushi… >.>"
    Sinon les musiques sont bonnes, les mechas sont originaux et plaisants, et les persos ont un certain charisme, que demander de mieux ?
    Le début de l’anime est chiant (vraiment), mais il décole vers l’episode 13(je crois), et après on peut plus s’arrêter tellement on est pris par l’histoire !
    Un anime à voir pour tout fan de mechas et de drame.

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