Code Geass : Lelouch of the Rebellion R2
13 octobre 2008 | Par Zak | Publié dans Critiques | 13 commentaires | lu 1 564 fois
Une année entière, c’est le temps qui sépare la diffusion du dernier épisode de la première saison de Code Geass et le début du second acte. Entre temps, les fans auront eu le temps de ronger leur frein pour connaître la finalité du face-à -face tendu entre Lelouch et son ami d’enfance, Suzaku. Faisons tomber le suspens : personne n’est mort et c’est reparti pour 25 épisodes supplémentaires. Goro Taniguchi (Infinite Ryvius, Gun X Sword) reprend la barre avec les meilleurs animateurs de Sunrise comme équipage. Ichiro Okouchi et Hiroyuki Yoshino (qui s’occupe de Macross Frontier en même temps !) rempilent aussi au scénario ayant comme objectif de transcender le plan machiavélique de Lelouch pour destituer son père, l’Empereur de Britannia et faire de Code Geass l’animé culte qu’il mérite de devenir. All Hail Zéro !

Voici un an que Zéro a disparu de la circulation. L’Ordre des Chevaliers Noirs, désormais dirigé par C.C, n’est plus qu’une petite faction terroriste sans grand pouvoir. La répression contre les Eleven, ex-japonais, est encore plus forte qu’auparavant, pour ainsi éviter une nouvelle rébellion. Pendant ce temps-là , le jeune étudiant Lelouch Lamperouge est retourné à l’académie Ashford et ne semble plus avoir souvenir de son passé en tant que Zéro. Les Chevaliers Noirs entreprennent un dernier assaut d’importance en attaquant la Tour de Babel, un gratte-ciel abritant des casinos très prisés par de la noblesse Britannienne. Mais Lelouch, en compagnie de son frère Rollo, se trouvent dans l’immeuble au moment de l’attaque. Séparé de Rollo, Lelouch rencontre C.C qui lui fait recouvrir la mémoire. Zéro est de retour… Étant sans conteste la série la plus attendue de l’année, et ce même avec le nouveau Macross comme concurrent direct, Code Geass R2 s’inscrit une nouvelle fois comme un divertissement idéal. Un blockbuster généreux envers le spectateur tout en étant la réalisation d’un véritable auteur. Combinant toujours avec autant de malice, le meilleur de Death Note et de la saga Gundam, la série enchaîne les coups de théâtre improbables et autres morceaux de bravoure à quasiment tous les épisodes. Pourtant, le début laissait présager le pire avec un reboot fonctionnant sur l’artifice scénaristique le plus éculé qui doit exister (l’amnésie). La perte de mémoire de Lelouch est toutefois vite expédiée pour revenir à l’essentiel, à savoir la destruction de l’Empire. Après une première saison où le conflit se concentrait uniquement dans la Zone 11 (le Japon), cette fois-ci c’est le monde entier qui est concerné.

En effet, un autre Empire, celui de la Chine, s’incruste avec la ferme intention de rivaliser avec Britannia. Cela fait du monde à manipuler pour Lelouch qui doit en plus simuler son amnésie pour prouver qu’il n’a pas repris le masque de Zéro. Car nombreux sont ceux qui connaissent désormais la véritable identité du leader des Chevaliers Noirs : Suzaku, Kallen, L’Empereur Charles de Britannia… Cette seconde saison joue beaucoup sur le symbole que représente Zéro. Ce qui importe, ce n’est pas celui qui se cache derrière le masque mais ce sont ses actions. Pourtant Lelouch sait bien que si on découvrait sa véritable identité, celle d’un membre de la famille impériale Britannienne, il perdrait la confiance de son armée. Tandis que les anciens personnages suivent une évolution logique, des nouveaux apparaissent comme Li Xingke, le stratège chinois, ou le (faux) frère de Lelouch, Rollo, un espion qui possède un Geass stoppant le temps. Les relations fraternelles, complexes, voir destructrices, reviennent souvent dans les Å“uvres de Hiroyuki Yoshino (My-HiME, My-Otome, Macross Frontier). Code Geass représente un terrain d’expérimentation idéal pour le scénariste. Ainsi, Rollo est loin d’être le boulet que les premières images laissaient présager. Bien qu’ayant une apparence de gentil petit frère, Rollo est en réalité un assassin programmé depuis sa naissance. Seulement voilà , il va s’humaniser et se découvrir des sentiments inédits au contact de Lelouch, pour finir par changer de camp. Sauf que Lelouch l’utilise comme un pantin en lui promettant l’amour d’un frère qu’il n’aura jamais. Maître dans l’art du mensonge, Lelouch est un des (anti)héros actuels les plus fascinants de l’animation japonaise. Jun Fukuyama mériterait une nouvelle fois une statuette pour son hallucinante interprétation. Il incarne avec tellement d’implication son personnage que l’on peut difficilement imaginer quelqu’un d’autre le faire à sa place (la série risque de perdre beaucoup avec un autre doublage).

Suzaku de son côté prend du grade et intègre les chevaliers d’élite de l’Empereur. Un cercle qui sera assez sous-exploité au final puisque l’on ne verra que très peu les différents membres. On aurait bien aimé voir un peu plus Luciano Brandli, le “Vampire de Britannia”, taré notoire comme on les adore. Mais revenons à notre Suzaku, qui gagne nettement en charisme dans cette seconde saison, tout en restant un personnage ambigu au rôle ingrat. C’est d’ailleurs lui, aux commandes du Lancelot, qui aura droit aux meilleures séquences d’action comme ce combat lors du climax contre le Guren de Kallen (à l’animation exceptionnelle). Mais c’est surtout Jeremiah qui explose dans cette suite. Désormais affublé d’un anti-Geass, “Orange” comme on aimait bien l’appeler auparavant, change radicalement pour devenir un putain de guerrier (excusez l’expression, mais c’est vrai). Dommage, que sa capacité ne serve pas comme il le faudrait. À multiplier les protagonistes, Code Geass R2 se perd quelque fois en route et oublie les bonnes idées mises en place plus tôt. Forcément, l’Empereur et Schneizel, son bras droit et frère ennemi de Lelouch, prennent aussi plus d’importance sans toutefois atteindre un développement très poussé. Par exemple, Schneizel, Némésis de Lelouch en tant que tacticien, apparaît alors juste comme un boss de fin de niveau à battre. C’est regrettable. De toute façon, la série est en soit un authentique one man show à la gloire de son héros principal, Lelouch. On jubile devant ses plans audacieux ou autres tactiques virtuoses sur les champs de bataille. Comme en témoigne le coup des “un million de Zéro” lors de l’exil vers la Chine ou bien sûr, la bataille finale transformée en échiquier mortel.

Les deux scénaristes s’amusent tellement avec le personnage qu’ils lui font perdre quelque peu de sa crédibilité. Lelouch a trop souvent un coup d’avance sur ses adversaires et devient trop fort. L’exemple le plus flagrant est la vidéo avec les réponses enregistrées à l’avance. Cela dit, il ne gagne pas à tous les coups, certaines actions restent imprévisibles (Suzaku déclenchant le missile nucléaire) et des sacrifices non prévus sont au programme de ce Code Geass R2. Qui plus est, Lelouch gagne en ambiguïté, surtout lors du dernier arc, décrié par les fans, alors qu’il est fondamental pour la résolution finale. On le voit notamment ordonner un massacre d’enfants. Le genre de geste plutôt inattendu venant d’un “sauveur”. Comme dans toute bonne suite, les upgrades de puissance sont présentes, que ce soit dans le domaine du pilotage (Kallen assure !) ou au niveau technologique pour les Knightmare. Alors que les combats de la première saison se limitaient au sol, désormais ils se déroulent dans les airs dans la plus pure tradition Gundam. Succès oblige, le budget semble avoir été revu à la hausse pour cette suite. Le chara design de Takahiro Kimura gagne en précision au point de se dégager du style très typé des CLAMP. Sunrise a mis le paquet à l’écran (la qualité générale reste constante du début à la fin) tout en tirant le meilleur des techniques d’animations 2D (pas de CGI mal intégrés). Côté musique, le score d’Hitomi Kuroishi et Kotaro Nakawaga s’inscrit dans le même registre que les autres séries méchas de Sunrise en mêlant des sonorités guerrières et d’autres plus classiques. Tandis que des noms connus apparaissent au générique des openings et endings : Orange Range, Flow, Ali Project… Que du beau monde même si aucun titre ne risque de vous marquer vraiment.

Ni meilleure, ni moins bonne, cette seconde saison reste dans la continuité de la précédente, avec en prime une conclusion d’une intensité dramatique et émotionnelle prodigieuse (bon sang !). Code Geass : Lelouch of the Rebellion aura totalement rempli son contrat de gros blockbuster fun et intelligent à la fois. Hollywood devrait en prendre de la graine au passage même si le concept de saison et l’accumulation de cliffhanger en fin d’épisode est clairement inspiré des séries américaines (à l’instar de Death Note). Chapeau bas aux deux scénaristes et au réalisateur qui ont su gérer une entreprise aussi complexe durant 50 épisodes sans jamais baisser le rythme, ni même tourner en rond. Même les épisodes “récréation” comme la chasse au Cupidon fonctionnent et s’intègrent tout sans venir entacher l’intrigue principale (par exemple, ce n’est pas le cas dans Macross Frontier). Code Geass, la série la plus populaire du moment est donc terminée pour de bon. Même si l’on pourrait aisément étoffer davantage l’univers créé pour la série. L’exploration de l’espace et la découverte de nouveaux mondes, pourquoi pas ? Mais ce n’est pas à l’ordre du jour et la série se suffit à elle-même. Ne soyons pas si tristes et déjà nostalgiques, la suite de Mobile Suit Gundam 00 arrive…
13 octobre 2008 Ã 10:07 (#)
Bonne seconde saison même si la première me semble quand-même meilleure. En plus, la fin est intéressante. La meilleure série animée selon moi depuis Fullmetal alchemist.
14 octobre 2008 Ã 08:01 (#)
Je préfère moi aussi la première saison même si celle ci a une première partie des plus passionnantes.
Les sois-disant super stratégies de Lelouch reposent bien trop souvent sur des miracles (la manière dont il rallie Rollo à sa cause n’est pas dans les compétences de pilotage de Lelouch).
Le nombre de personnages qui ressuscite est hallucinant et bien souvent on ne comprend pas pourquoi (Ougi et Villetta).
Code Geass emprunte énormément à Gundam 00 surtout sur la fin…
C’est dommage que les personnages secondaire soient presque devenus des figurants sur la fin.
Cette série reste cependant très marquante surtout avec une telle fin et sa démesure fait qu’on s’en rappellera longtemps.
14 octobre 2008 Ã 09:55 (#)
J’ai préféré la seconde saison globalement, surtout la partie tant décriée par les fans du “climax builder” qui est par moments absolument extraordinaire, radicale et sans concession comme je les aime. Par contre la conclusion est un peu simpliste à mon goût, surtout que Taniguchi a fait bien mieux en la matière (PlanetES, Mugen no Ryvius et Gun X Sword entre autres), mais Code Geass, ça reste du lourd quoi qu’on puisse en dire, et au final il remporte largement la bataille contre son concurrent direct Macross Frontier, qui lui, est cataclysmique dans sa seconde moitié (quel dommage vue la qualité des 15 premiers épisodes…).
14 octobre 2008 Ã 02:30 (#)
Euh… Je vois pas en quoi voir le charismatique chef de la rébellion chinoise rentrer à l’école pour avoir rendez vous avec 50 filles qui le poursuivent partout pendant qu’il a un chapeau ridicule sur la tête est une “récréation” agréable… C’était profondément navrant et irritant.
Après, pas de problème, chez Macross c’était bien navrant aussi l’école, mais faut pas abuser, ça faisait carrément tâche la “récré” de Geass.
Par contre, depuis quand Macross F était un “concurrent direct” de Geass? Faut m’expliquer ce que ça veut dire déjà la concurrence là … Pas diffusées au même moment pour pas pour l’audience, les deux sont des séries d’action et des robots mais sinon pour tout le contenu c’est le jour et la nuit, sans point de comparaison…
Oh et j’avais oublié le n’importe quoi que c’était le Unlimited Zero Works… C’est ce qui fait qu’on s’en souviendra si bien de Geass, ces WTF… Ceci dit, je veux bien admettre que c’était fun et un fort bon blockbusters mais le dire culte? WTF-World? Le trop plein de n’importe quoi, d’exagération et de surenchère empêche ça.
14 octobre 2008 Ã 03:43 (#)
Bravo zak pour ton avis objectif. En effet, code geass est un animes définitivement culte.
14 octobre 2008 Ã 04:50 (#)
Effectivement, j’ai vraiment dévorer cette série, avec laquelle je me suis régaler. Franchement moi qui suit moyennement fan de série de meca , j’ai vraiment était subjuguer . La critique de zak , je la trouve objective il me semble et pour moi les moments de récréer était déjà présente dans la deuxième saison , et ne son pas dérangent vue que l’intrigue continue en parallèle , sa aide à montré je pense que ce sont quand même des enfants au fond, enfin des êtres humains , je trouve sa “plus réaliste” . Enfin super série , il en faudrait plus comme sa All Hail Zéro All Hail Lelouch ^^
14 octobre 2008 Ã 05:32 (#)
OMG ça va polémiquer… Mais il fallait bien y consacrer un article.
Même si cette seconde saison s’avère très bonne globalement, ce n’est absolument pas pour les mêmes raisons que la première.
Là où la première se voulait un tant soit peu sérieuse, la seconde déraille complètement pour ne devenir qu’un vulgaire spectacle, ô combien divertissant, mais ô combien décevant : beaucoup trop de personnages introduits en même temps et non développés (je pense aux Knights qui ne décorent limite guère mieux dans l’anime qu’un pot de fleur dans une maison), un bon nombre de questions toujours sans réponses, et une trop haute dose de WTF. La série n’est plus du tout sérieuse (la première l’était ?), et on part dans les gros délires des scénaristes.
Au final, j’ai trouvé que c’était un excellent spectacle, mais indépendamment de la première saison. Si on tient en compte cette dernière, j’ai trouvé cette seconde saison très décevante.
A noter les excellentes musiques des 2 saisons, c’est rare de pouvoir écouter des OST aussi magnifiques hormis ceux de Kanno, Kajiura, Kawai (et sûrement d’autres).
14 octobre 2008 Ã 08:21 (#)
Juste pour répondre en vitesse à FFenril. Macross Frontier est le concurrent car les deux séries étaient très attendues au Japon et qu’elles partagent toutes deux le même genre : le robot anime. C’est déjà bien assez pour faire une comparaison, Code Geass jouant le rôle de Gundam comme à la grande époque. L’horaire de diffusion n’a pas grand chose à voir la dedans… Je ne parlais pas forcément d’audience.
Et pour l’humour en général, ça passe bien ici car Code Geass ne donne pas l’impression de se prendre au sérieux, même quand ça l’est (un peu comme Death Note). Contrairement à Macross Frontier par exemple qui se prend trop au sérieux sans avoir les ambitions derrière (ceci dit, j’aime bien la série).
15 octobre 2008 Ã 08:23 (#)
J’ai eu les mêmes impressions que toi Lu-sama.
J’ajouterais que globalement c’est une très bonne série mais que je n’ai pas pu m’empêcher d’être déçu sur les derniers épisodes de fin où l’on voyait clairement où il voulait en venir (surtout après avoir vu la première saison de Gundam 00).
Il y avait peut être moyen de faire autre chose, un peu comme la fin d’evangelion
18 octobre 2008 Ã 11:02 (#)
Bonsoir, pour réagir vite fait sur cette anime :
Au commencement de la première saison je me suis dit “enfin un bon anime” jusqu’a la fin de la première c’était interressant car je savais qu’une deuxieme saison arrivait … Cependant j’ai l’impression que la deuxieme saison est sortie d’un chapeau oO L’histoire tournait autour du “Geass” mais j’ai toujours pas compris d’ou cela venait, pourquoi CC était dans un réceptacle au debut de la S1 et pourquoi dans le générique on vous tout un peuple avec le symbole du “Geass” … Je vous met au défi de me l’expliqué ^^. L’histoire s’est trop détournée du “Geass” … sinon j’ai adoré la fin ! Je conseil de regarder cette anime car il en vaut le coup quand même, mais faut pas chercher a trop comprendre…
19 octobre 2008 Ã 12:54 (#)
“j’ai toujours pas compris d’ou cela venait”
“pourquoi dans le générique on vous tout un peuple avec le symbole du “Geass”
On nous l’explique pas. On nous donne juste quelque information sur le geass, ses origines à travers le passé de c.c,du plan de charles… A partir de là , on peut faire marcher notre imagination et faire des deduction. Bref, tout ça pour dire que le geass n’était pas le point central de l’anime mais bien lelouch et sa vendetta (d’ailleurs l’intrigue mystique est bouclé 5 épisode avant la fin). Peut étre qu’on nous dira tout sur le geass, ses origine, dans une prochaine serie code geass (avec un nouveau scenario avec moins de mecha et plus de geass)
“pourquoi CC était dans un réceptacle au debut de la S1″
C’est clovis et son chef des armée barthley qui ont capturée c.c car il ont decouvert qu’elle était immortelle. Il l’ont mis dans un receptacle, simplement pour la maitriser. Il comptait l’offrir à l’empereur mais ce qu’il ne savait pas, c’était que l’empereur connaissait déja son existence. D’ailleurs, on nous le dit, par l’intermeiaire de barthley, à l’episode 14 de la saison 2.
26 octobre 2008 Ã 12:02 (#)
Trop bon cette série, découverte purement au hasard. Malgré une légère préférence pour la saison 1, la saison 2 m’a vraiment tenu en haleine jusqu’au bout du dernier épisode, de la dernière minute de la dernière seconde. Ça faisait longtemps que je n’avais pas ressenti ça!! On s’y perd un peut de temps en temps dans les combats mais tout s’éclaire à la fin, vraiment surprenante et intense!!! Enjoy!!
4 novembre 2008 Ã 09:56 (#)
il faut savoir en même temps qu’ils ont du faire tenir le scénario sur une cinquantaine d’épisode et qu’ils ont dû obligatoirement faire des choix et virer quelques trucs.
Ca se ressent clairement lors de la destruction du culte qui nous tombe sur le nez sans prévenir.