Chiko, l’héritière de Cent-Visages
9 mars 2010 | Par Zak | Publié dans Critiques | lu 517 fois
Quelque peu éclipsé par le mastodonte Soul Eater en 2008, Chiko, connue sous son titre original Nijû Mensô no Musume (22 épisodes) est aussi une production Bones (disponible chez Kaze). Donc forcément une série qui attisera la curiosité des fans d’animation japonaise. Après tout ce studio domine depuis quelque temps déjà les séries TV nippones et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Toutefois, Chiko est à mettre au niveau d’un The Skull Man, soit un titre mineur. La série est coproduite par Telecom Animation Film, studio qui travaille en sous-traitance pour Bones (Fullmetal Alchemist : Brotherhood, Darker than Black : Gemini of the Meteor) mais auquel on doit aussi des animés comme Futakoi ou Tide-Line Blue. C’est d’ailleurs le réalisateur de Futakoi, Nobuo Tamizawa qui se charge de l’adaptation du manga éponyme de Shinji Ohara (8 volumes entre 2003 et 2007). Avec son charme rétro et son histoire mystérieuse, Chiko avait tout pour sortir du lot. Dommage que la série s’essouffle rapidement après un départ pourtant tonitruant.

Chizuko Mikamo, orpheline et héritière d’une grosse fortune, est une jeune fille timide et tourmentée. Prisonnière de sa belle famille envieuse de son héritage, Chiko sait que sa belle-mère essaye de l’empoisonner pour se débarrasser d’elle. Elle parvient à s’enfuir aux côtés d’un voleur légendaire et distingué appelé Cent-Visages. Progressivement, elle devient membre de sa troupe de bandits au grand cœur et accompagne Cent-Visages dans sa quête mystérieuse de justice… Une chose est sûre, Bones a mis les moyens pour pondre le script de la série avec pas moins de cinq scénaristes. Pas des moindres en plus car la plupart ont déjà de sacrés CV comme Michihiro Tsuchiya (FMA : Brotherhood, Major, Cross Game ou Scrapped Princess), Natsuko Takahashi (Bleach, FMA, Gundam Seed Destiny ou School Rumble) ou encore Reiko Yoshida (D.Gray-man, Jyu Oh Sei, K-ON! ou Dragon Ball Z). Cela fait beaucoup de monde pour une histoire assez simple finalement qui contient, certes, son lot de rebondissements, mais qui a franchement du mal à garder un rythme constant sur la durée. En effet, Chiko démarre comme beaucoup de séries Bones. Soit une jeune héroïne qui voit son quotidien morose complètement bousculé par une bande de pirates au grand cœur (Mars Daybreak, Eureka Seven, Xam’d: Lost Memories…). Il s’ensuit une période d’intégration où Chiko doit faire ses preuves pour se faire accepter dans sa nouvelle famille. On s’attache très rapidement aux personnages avec en tête le charismatique Cent-Visages. L’animé est alors très rythmé dans son déroulement, ce qui permet de passer outre du design général assez pauvre (on sent que le budget n’est pas le même que sur Soul Eater). Le scénario prend même une tournure inattendue et surtout plus sombre dès le sixième épisode. Un coup de poker scénaristique typique de chez Bones, qui permet souvent de transcender une série.

Sauf que Chiko accuse une baisse de régime dès que son héroïne quitte la bande de voleurs pour retourner auprès de sa belle famille. Il s’ensuit alors des histoires secondaires peu passionnantes et l’arrivée de nouveaux personnages assez horripilants (Shunka et la Maid Tome). L’intrigue concernant la tante et ses plats empoisonnés est vite évincée alors, trop glauque sûrement. Au lieu de cela, on tombe dans une banale histoire de savant fou mégalomane voulant détruire de monde. On en vient à regretter que l’univers ne soit pas assez exploité. On apprend certes le passé de Cent-Visages (par le biais de flashback pas souvent bien intégrés) mais rien sur la récente guerre et ses conséquences. Dommage car Chiko avait les moyens au départ pour être plus qu’un « petit titre ». On notera pour l’anecdote que Cent-Visages s’appelle dans la version originale Vingt-Visages. Il en a gagné 80 en arrivant en France, allez savoir pourquoi !