Casshern
10 août 2006 | Par Orochimaru | Publié dans Critiques | lu 32 fois
Film japonais de science-fiction signé Kazuaki Kiriya, sortie le 24 juin 2004. Avec Yusuke Iseya (Tetsuya Azuma/Casshern), Kumiko Asou (Luna Kozuki), Akira Terao (Kotaro Azuma), Kanako Higuchi (Brai), Fumiyo Kohinata (Midori Azuma), Hiroyuki Miyasako (Dr. Kozuki ), Mayumi Sada, Jun Kaname, Hidetoshi Nishijima, Mitsuhiro Oikawa, Susumu Terajima, Hideji Otaki, Tatsuya Mihashi, Toshiaki Karasawa. Réalisation, scénario, montage : Kazuaki Kiriaya. Production : Toshiaki Wakabayashi, Hideshi Miyajima. Direction artistique : Yuji Hayashida. Effets spéciaux : Toshiyuki Kimura. Costume : Michiko Kitamura. Son : Masato Tano. Musique : Shiro Sagisu. Distributeur : CTV International. Editeur DVD : Studio Canal Vidéo.
50 ans après la seconde guerre mondiale, le monde est divisé en deux zones se livrant une guerre sanglante et sans merci : nous avons le côté Ouest ou de l’Union Européenne et le côté Est ou la Grande fédération d’Asie voulant détruire et conquérir le reste de l’Eurasie. Après des années de combats acharnées et sanglantes ayant décimé plusieurs peuples, la Grande fédération d’Asie gagna la guerre. Dans cette ambiance de guerre et de sang, le docteur Azuma Higaishi découvrit des cellules, appelées les néocytes, capable de régénérer n’importe quel autre cellule dans le corps humain. Azuma présente ses travaux pour créer un Homme Nouveau, capable de résister aux maladies dues à la pollution (héritée des ravages de la guerre) dont souffre sa femme agonisante Midori et seuls les néocytes peuvent la sauver.

Lors d’une assemblée, le docteur Azuma tente de convaincre le gouvernement de financer ses recherches mais en vain. Seul l’armée fut intéressé et finança le docteur. Parallèlement, son fils, Tetsuya, veut absolument partir la guerre pour remplir son devoir de citoyen de la Grande fédération d’Asie alors qu’il va se marier avec la jeune et belle Luna Kozuki. Le jeune homme y voit l’atrocité de cette guerre rageuse et commet un acte horrible. Mais en sauvant un enfant, Tetsuya meurt.

Durant les longues recherches de son père, accidentellement, un éclair de pierre vient frapper la cuve où baignaient les néocytes. C’est alors que les membres disparates se rassemblèrent et formèrent alors des hommes qui se levèrent et marchèrent. Mais ils furent tous éliminés par l’armée, apeurée par cet incident à l’exception de quatre dont Brai, le premier à être reconstitué, sera le chef de l’armée des robots destinés à détruire la Grande Fédération d’Asie. Tetsuya mort au champ de bataille fut ramené à son père, et ce dernier, bouleversé par la mort de son fils et prochainement de sa femme ne put le supporter et fit tremper son fils dans la cuve de ses expériences. Le jeune garçon revint à la vie mais il était différente désormais : plus fort, plus rapide. Grâce à l’aide du père de Luna, Tetsuya eut une combinaison de combat lui permettant de rester en vie et combattit les mutants. Le nom de ce nouveau héros naissant fut Casshern, dieu protecteur du peuple du district 7. Le réalisateur Kazuaki Kiriaya nous offre un film haut en couleurs et en effets spéciaux. Venant du milieu musical, il s’agit de son premier film avec des artistes en provenance de l’animation, du manga et d’une utilisation fantastique est rare des effets numériques. Ce film est plus qu’une prouesse technique car le scénario nous transmet des sentiments très forts et très bien retranscrits comme à la haine, la joie comme la tristesse ; du romantisme entre Tetsuya/Luna et Kotaro Azuma/Midori et on voit très clairement le but du réalisateur à nous faire parvenir un message fort et pur à travers cette réalisation. Il est indéniable que l’univers très particulier de Casshern demandait l’utilisation intensive des effets spéciaux numériques. Néanmoins, et c’est là que Casshern réussit son pari : les effets spéciaux sont au service du film, d’une conception de l’image, et non d’un simple outil dont l’usage abusif est agaçant à la longue. Ils apportent véritablement une dimension nouvelle et surtout, définissent un nouveau type de cinéma, à la fois grand public et résolument novateur.


L’univers de Casshern décrit un monde dirigé par un gouvernement de type stalinien (inscriptions en russe, portraits géants, industrialisation à outrance, culte de la personnalité, dictature luttant contre des “terroristes”) qui va bientôt affronter une menace équivalente à la menace nazie de la seconde guerre mondiale (le logo de l’armée de Play est une référence à peine voilée à la svastika nazie). Retournement ironique s’il en est, la race rebelle étant finalement la Race Nouvelle que les humains voulaient créer. Le premier thème du film est la violence de la guerre, la vengeance inutile et cruelle entre et contre les hommes, la perte soudaine et violente d’un être cher et aimé.



Ce thème est largement bien traité et on le comprend dès les premiers moments du film : Casshern m’a fait penser à des films américains du même genre comme Platoon, Apocalypse Now et qui se ressemblaient aux films montrant la cruauté de la guerre du Vietnam. L’autre thème du film est un discours messianique tendance mystique. Ainsi lorsque l’éclair s’abat sur le laboratoire, difficile de ne pas y voir une intervention divine. Un Dieu de la technologie à défaut d’un Dieu théologique. Il est l’intervention divine lorsque l’homme tente lui-même de jouer à se prendre pour Dieu comme pour les punir de ce sacrilège. De plus, difficile de ne pas rapprocher Brai d’une sorte d’antéchrist, d’ange déchu, réprouvé et écoeuré par l’humanité qu’il a fait naître, venu alors pour “détruire” l’humanité. Et en opposition, nous avons le bienveillant Casshern, son alter ego humain, sa némésis. Il est le Messie (il ressuscite et subit un baptême) venu quant à lui “sauver” l’humanité. Casshern, est un film d’action, d’héros, de combat, d’amour, de science-fiction partielle très nombreuse et très magiques effets spéciaux. Classique par son genre mais efficace, il sait nous faire réfléchir (du moins en ce qui me concerne) par ces thèmes et ses messages clairs et précis. Les audaces visuelles et les partis pris de Kazuaki Kiriya permettent à Casshern de basculer du côté de la réussite. En refusant le compromis (il plonge tête baissée dans le numérique), Kazuaki Kiriya a certainement fait le meilleur choix qui pouvait être. D’autant qu’il intègre des parties qui font référence à du cinéma plus conventionnel : chambara (les combats), superhéros (la tenue à la Actarus de Casshern), guerre (avec des images en noir et blanc pour renforcer l’aspect documentaire/réalisme), fresque baroque et épique (l’assaut du château), conte (La Belle au Bois Dormant avec la belle Midori), mais aussi comédie dramatique ou bien sûr science fiction, tout cela réunit sous la bannière du tout numérique. Ce film nous en est plein les yeux pour notre plus grand bonheur et nous enchante grâce à des musiques en harmonie avec le film (d’ailleurs, pour les fans de Bleach, vous retrouverez la musique lorsque Ichigo doit faire face à une grave situation, preuve supplémentaire d’un mélange subtil entre le film est le manga.) Étant fan de films science-fiction et mangas, ce film m’a séduit par ses effets visuels comme vous aurez compris, son histoire, les sentiments qu’il dégage, ses messages, sa réalisation dynamique et époustouflante, ses nombreuses références dans divers domaines. Ceci n’engage que moi, mais Kazuaki Kiriaya a réussi haut la main son premier film par sa grande expérience dans le monde de la publicité dont le but est de viser un public précis en délivrant un message précis.
