Burst Angel
25 janvier 2006 | Par Zak | Publié dans Critiques | lu 86 fois
Burst Angel ou Bakuretsu Tenshi pour prendre le titre original, est une série de 24 épisodes faisant partie de la cuvée 2004 des séries Gonzo (avec Samurai 7 par exemple). À l’instar de Gantz, l’animé a subi les foudres de la censure lors de sa diffusion à la télévision nippone (pas de manière aussi virulente tout de même). En effet, Burst Angel vise un public plutôt adulte car la violence graphique est omniprésente. Seulement voilà, “adulte” ne rime pas forcément avec “maturité”. Si la série se révèle divertissante, remplissant sûrement ainsi son maigre cahier des charges, on va le voir au fil des épisodes qu’il manquera plus d’un élément pour en faire quelque chose de marquant.

Nous sommes en l’an 20XX à Tokyo. Des firmes étrangères ont commencé à s’établir en corrompant des hommes d’affaires japonais. Elles commencent à monter leurs propres milices équipées de robots armés de gros calibres. Le chaos s’installe au cœur même de la ville et les quartiers de Shibuya, de Roppongi et d’Akihabara deviennent rapidement des zones de non droit. Les grosses corporations y font la loi et font payer un lourd tribut à la population locale. Si la police ne semble pas leur faire peur, ils paraissent redouter par dessus tout une bande de 4 jeunes femmes adeptes de gunfights et d’explosions en tous genres. Aidées d’un puissant mécha, elles affrontent les gangs et détruisent tout sur leur passage. Leurs motivations et leur façon d’opérer sont encore inconnues. Pourtant, elles manquent cruellement d’une chose très importante : un cuisinier à temps plein… Autant le dire tout de suite, Burst Angel est un animé très mineur, réalisé sans grand génie et au scénario extrêmement mince. Quoi qu’il en soit, la représentation utopique de la ville de Tokyo a de quoi faire froid dans le dos. L’univers dans lequel se déroule la série rappelle fortement celui de Robocop. Dans le film de Paul Verhoeven, la ville est dirigée par une gigantesque multinationale qui a la main mise sur toutes les institutions. La police ne pouvant plus lutter contre une criminalité qui ne cesse d’augmenter, la firme est obligée d’avoir recours à la répression la plus brutale (d’où l’introduction d’un robot policier invulnérable). Ici, c’est à peu près la même chose, le RAPT, une force armée contrôle la ville et utilise tous les moyens de violence pour rétablir l’ordre au sein de la cité.

Dans cette ville où tout pourrait éclater d’un moment à l’autre, vivent 4 jeunes femmes intrépides. Ce sont des chasseuses de primes et chaque membre possède sa propre fonction. Nous avons Jo, la guerrière, au passé inconnu. Avec son look d’Alice Prospero (héroïne des films Resident Evil), elle en impose et les auteurs n’hésitent jamais à l’iconiser au moyen de poses frimeuses. Sa plus proche amie se nomme Meg. C’est un peu la gourde de service, celle qui se fait tout le temps kidnapper et qu’il faut sauver. La plus jeune est Amy, la spécialiste en hacking. Enfin, la leader et la plus âgée du groupe est Sei. Telles des anges sans Charlie, elles combattent le crime dans la ville. Seulement voilà, aucune n’a de compétence pour faire à manger, alors elle engage Kyouhei, un jeune étudiant cuisinier qui sera le souffre-douleur de service. Les premiers épisodes, un brin répétitifs (Meg se fait kidnapper, Jo l’a sauve), présentent succinctement les différents protagonistes. Le scénario se met ensuite lentement en place avec cette histoire de cerveau vert contrôlant des méchas et foutant le bordel en ville. Il est fort regrettable qu’il faille attendre les tous derniers épisodes pour que celui-ci soit pleinement exploité car on ne peut pas dire que les intrigues secondaires soient passionnantes (hormis celle des origines de Jo). Meg et Kyouhei sont censés êtres les deux moteurs humoristiques de la série. Pourtant, ils se révèleront tous deux insupportables et au final absolument pas drôles. Les auteurs s’en rendent même compte à la moitié de la série. Le jeune cuisiner sera carrément oublié de l’histoire (à part pour un très bon épisode avec le cyborg) et Meg arrêtera ses gamineries. Ouf.

Burst Angel est un animé d’action tout ce qui a de plus basique mais pas non plus vide de toute substance. Une des forces de la série vient de son atmosphère qui empreinte au western : Jo et son look de pistolero, Meg et son chapeau de cowboy, les divers couchés de soleil ou encore Jango, le mécha dont le nom vient du film Django de Sergio Corbucci, un western italien datant de 1966. La bande originale signée Masara Nishida reste parfaitement dans l’inspiration westernienne (avec des consonances rock et techno, le mélange est détonant). Petit détail amusant : lors de l’épisode 9, Jo regarde un Mondo à la télévision, c’est-à-dire un film de cannibales. Ce genre, très en vogue en Italie à la fin des années 70 et début des années 80, a eu un énorme succès au Japon à l’époque. La référence est sympathique et prouve que les auteurs aiment décidément bien le cinéma bis italien. Il est dommage que la réalisation de Koichi Ohata (auteur du mecha design de Gunbuster) abuse de tics visuels énervants car très tendances actuellement. Je parle bien sûr du bullet time, instauré au cinéma par Matrix. Celui-ci est omniprésent, voir carrément envahissant et ne servant absolument pas la mise en scène (voir le travelling circulaire de l’épisode 17). Production Gonzo oblige, l’animation est impeccable, hormis un passage à vide pour les épisodes 16 et 17 (manque de budget ou manque de temps ?) et un léger changement de chara design à partir de l’épisode 15 (les poitrines deviennent surdimensionnées, merci le fan-service). On regrettera aussi que certaines scènes de combat entre méchas manquent de fluidité (ceux-ci étant en 3D).

Burst Angel est sans conteste la déception 2004 des productions Gonzo. Réalisé sans enthousiaste avec pour seul but de nous offrir un animé d’action, les ambitions étaient minces et indignes d’un studio aussi coté. Le scénario anémique, le manque de profondeur des personnages et la mise en scène tape à l’œil font de cet animé une œuvre irrémédiablement mineure et rapidement oubliable. Heureusement, l’ambiance westernienne, l’OST de qualité et quelques scènes qui dépotent empêchent Gonzo de se ridiculiser totalement.