Bokusatsu Tenshi Dokuro-chan
11 mars 2006 | Par Zak | Publié dans Critiques | lu 42 fois
Bokusatsu Tenshi Dokuro-chan est un ovni, un vrai, un authentique, le genre d’animé qui passe difficilement inaperçu parmi les nombreuses sorties chaque année. Ces 8 OAV de 13 minutes chacun, produit par le studio Hal Film Maker (Pretear), sont l’œuvre de Tsutomu Mizushima, réalisateur qui s’est déjà fait remarqué avec le déjanté Haré+Guu et dernièrement le film XXXHOLiC. Tiré du manga de Masaki Okayu (6 volumes actuellement), Bokusatsu Tenshi Dokuro-chan est une comédie trash et irrévérencieuse, parodiant avec une certaine férocité les Gakuen Mono (histoires quotidiennes d’adolescents qui ont généralement pour cadre le lycée) et les Magical Girls. Attention ça va saigner !

Dokuro est un ange envoyé sur Terre pour tuer Sakura. En effet, ce jeune lycéen va découvrir dans le futur la source de l’immortalité et l’utiliser pour bloquer la croissance des femmes. Ainsi, celles-ci auront toutes l’apparence de jeunes filles de 12 ans. C’est pourquoi Dieu, qui n’aime pas que l’on touche à sa création, envoie ses anges dans le passé pour qu’ils éliminent Sakura avant qu’il ne commette l’irréparable. Dokuro, la première envoyée, est touchée par sa cible et décide de vivre avec lui pour trouver un moyen de modifier le futur tout en évitant de le tuer définitivement. Seul problème, Dokuro est très susceptible et constamment elle tue le pauvre Sakura avec sa massue géante à pointes avant de le ressusciter et de s’excuser de son geste. Mais, un autre ange arrive dans le passé, prêt à exécuter les ordres sans sommation… Jouant à fond sur le gore (une mort violente = un fou rire assuré), Bokusatsu Tenshi Dokuro-chan est tout sauf subtil. Le scénario est mince, voir inexistant, mais qu’importe ! Le délire est de mise, nous ne sommes pas là pour parler des problèmes de la société nippone, mais plutôt pour voir Dokuro exploser, torturer, décapiter ou que sais-je encore son ami Sakura. Seule ombre au tableau, les OAV ont du mal à se renouveler au fil des épisodes et finalement les gags sont rapidement éculés (pour preuve, la série supporte difficilement un second visionnage). On retiendra néanmoins la métaphore guerrière symbolisant l’érection de Sakura, la diarrhée brutale des anges, les missiles d’eau de Dokuro et la serviette meurtrière de Zakuro. Enfin, coup de chapeau aux seiyuu qui arrivent à débiter des dialogues à tout bringue sans fourcher la langue (notamment Reiko Takagi qui double Sakura, c’est impressionnant).

La réalisation est soignée et Mizushima nous offre même quelques digressions graphiques amusantes. Le design enfantin des personnages rappelle fortement celui de Haré+Guu (après tout, Dokuro n’est qu’une version trash de ultra violente de la petite Guu). Au final, on obtient un objet hybride à la fois complètement absurde et décalé mais décevant quand même (la fin est convenue et presque énervante). Je me demande si cela intéressera un éditeur français…