Blood : The Last Vampire
19 juin 2009 | Par Zak | Publié dans Critiques | 3 commentaires | lu 1 460 fois
Pour le moment, le bilan des adaptations live d’animé/manga par les occidentaux est plutôt mitigé. En effet, même si Speed Racer est une vraie réussite, le film fut un échec total au box-office international. Dommage, car les frères Wachowski ont su transposer les codes visuels du dessin animé pour au final livrer une œuvre aussi jubilatoire qu’expérimentale. Contrairement à Dragonball Evolution, hors sujet sur toute la ligne, mais dont le succès en Asie lui a permis de rembourser sa mise de départ (et ce malgré l’énorme bide aux USA). Aujourd’hui, c’est au tour de Blood : The Last Vampire de débarquer sur les écrans de cinéma. Les studios américains n’étant pas dans le coup, on était en droit d’espérer un certain respect du matériau de départ. Ainsi, le film est coproduit entre la France, Hong-Kong, le Japon et l’Argentine (qui a accueillit une bonne partie du tournage) et réalisé par un français, Chris Nahon, dont c’est le troisième long-métrage après le rigolo Baiser Mortel du Dragon (2001) et le nul L’Empire des loups (2005).

À la veille de la guerre du Vietnam, une base américaine est infestée par d’étranges créatures démoniaques à l’apparence humaine. Une jeune fille répondant au nom de Saya est envoyée sur place par une organisation gouvernementale secrète dans le but de les éliminer. Pour mener à bien sa mission, elle adopte alors l’identité d’une écolière et intègre le collège de la base… Malgré une mythologie amplement développée via les divers mangas et la très bonne série animée, Blood+ (2005), le script préfère uniquement se référer au film original (2000). Première erreur d’une longue liste car le moyen-métrage d’Hiroyuki Kitabuko (50 minutes, on le rappelle) était avant tout une démonstration technique dont la minceur du scénario était palliée par un visuel sublime et des scènes d’action virtuoses. Le film reprend donc les grandes lignes de l’intrigue générale (la chasse aux démons dans la base militaire), en y injectant en plus une adolescente américaine, des flashsbacks sur Saya et un ennemi final en guise de big boss. Autant ne pas y aller par quatre chemins, Blood : The Last Vampire est une catastrophe intégrale. Pourtant, les intentions de départ étaient louables, notamment dans la création d’un univers glauque assez proche du film original (hôtel sordide, ruelle sale, métro peu éclairé). On appréciera aussi l’hommage au chambara lors d’un flashblack où le maître de Saya affronte une armée de ninjas. Mais voilà, le film est plombé d’entrée par un scénario, très mal écrit (mais vraiment), qui semble avoir été commencé un soir de beuverie puis finalisé sur le tas, en plein tournage. L’ajout du personnage d’Alice aurait pu donner une bonne idée à la manière de Kai dans la série animée Blood+. Mais au lieu d’être le garde-fou qui maintiendrait la part d’humanité de Saya, c’est juste un boulet qui sert de point d’identification pour les spectateurs ados. Heureusement, la petite coréenne, Jun Ji-hyun (devenue Gianna pour l’international, c’est moins compliqué pour le bouseux), s’avère crédible dans le rôle de la chasseuse de démons. Au moins une qui semble y croire.

Les péripéties s’enchaînent alors, sans aucun liens ou quelconques cohérences. Ainsi, on passe brusquement de la chasse dans la base militaire à une sombre histoire de vengeance où Saya doit se confronter au super démon Onigen (la belle Koyuki) qui a tué son père. C’est vers la saga – déjà pas bien reluisante – Underworld que Chris Nahon va ensuite chercher son inspiration, avec au passage une scène copier-coller du second opus (l’attaque du camion). Quant aux enjeux de la fameuse guerre entre humains et démons, on les cherche encore… Malgré les 30 millions de dollars mis sur le tapis, le réalisateur français semble totalement dépassé. Si bien que son long-métrage ne semble pas avoir été finalisé (on attend le patch 1.1). Des rumeurs évoquaient des problèmes de post-production au niveau des effets spéciaux. Cela se confirme à l’écran avec des maquillages en plastoc digne de Buffy contre les vampires, des cascades câblées bien trop visibles et des CGI qui auraient peut-être fait fureur au début des années 90. À ce titre, la première transformation en démon d’un humain est un grand moment d’humour involontaire. Tout comme les passages avec les membres de l’organisation secrète (mention spéciale aux nettoyeurs Dupont et Dupond). Et les combats au sabre dans tout ce joyeux bordel ? On veut bien excuser les effets spéciaux pourris, le script inexistant, l’interprétation foireuse mais au moins, Nahon aurait pu torcher ses scènes d’actions avec un minimum de classe. Manqué… Les affrontements sont systématiques surdécoupés, rendant le tout incompréhensible pour le commun des mortels. On en vient alors à s’ennuyer fermement alors que Saya dérouille des dizaines de démons à l’écran. Fallait le faire… À défaut d’avoir de grosses ambitions, Blood : The Last Vampire aurait pu être une série B régressive et brutale. Au final, on n’obtient qu’un navet indigeste. Une insulte envers son matériau d’origine qui n’était pourtant pas bien compliqué à adapter. Je tiens pour finir à présenter mes excuses envers les exécutifs de la 20th Century Fox sur ce que j’ai pu dire dans mon papelard sur Dragonball Evolution, car on vient d’en trouver des plus incompétents qu’eux. Chapeau bas les gars !
19 juin 2009 à 10:58 (#)
c’est normale que le film soit pourri,c’est un français qui le réalisé.
20 juin 2009 à 06:28 (#)
Bon, ben j’irai pas le voir, je devais y aller la semaine prochaine…
bon weekend
21 juin 2009 à 11:57 (#)
C’est bien dommage que l’intrigue soit aussi fade par rapport à celle de l’anime (Blood+) et puis c’est vrai que les effets spéciaux laissent vraiment à désirer (non mais oh ils le font exprès ou quoi !). Mais bon, perso je ne m’attendais pas à grand chose après avoir vu la bande annonce.