Blassreiter
16 novembre 2008 | Par Zak | Publié dans Critiques | 7 commentaires | lu 1 215 fois
Il faut avouer que l’on espérait plus voir le studio Gonzo nous ébahir. Si les diverses adaptations sont généralement réalisées avec soin, dès qu’un concept de série sort de la cervelle d’un ou plusieurs scénaristes, c’est le vide intersidéral. Mais ça, on ne cesse de le répéter. C’est là que Blassreiter vient surprendre son monde alors que personne ne misait un copeck dessus. Pourtant, il suffisait de regarder le staff impliqué pour se dire que cet animé de 24 épisodes ne pouvait pas être un ratage. Après Gantz en 2004, Ichiro Itano, ex-animateur de génie passé depuis à la réalisation, trouve ici son nouveau terrain d’expérimentation visuel. Attendez-vous à une utilisation accrue de la 3D. Pas juste pour décorer mais vraiment comme un choix artistique au service de la mise en scène. Et quand en plus, l’histoire réserve de sacrées surprises, difficile de ne pas sortir emballer par une telle réussite !

Allemagne, dans un futur proche, le XAT (Xenogenesis Assault Team) lutte contre les Amalgames, des créatures d’origines inconnues terrorisant la population. Ces “démoniaques”, comme on les appelle, peuvent assimiler les machines pour ne faire plus qu’un avec elles. C’est dans ce climat d’angoisse qu’Hermann Saltza et Amanda Werner essayent de sauver des vies au sein de leur unité d’élite du XAT. Gerd Frentzen est le meilleur ami d’Hermann et un ex-champion de moto déchu à cause d’un grave accident. Un jour, il reçoit la visite d’une mystérieuse femme qui peut lui redonner la possibilité de reprendre la compétition grâce à un médicament miracle. Gerd accepte sans broncher non sans savoir qu’il vient d’acquérir les pouvoirs des Amalgames. Désormais, il va devoir lutter entre son humanité et celle d’un monstre qui pourrait prendre totalement le dessus… Blassreiter marque la collaboration entre Gonzo et Nitro+, un éditeur de visual novel auquel on doit des titres comme Phantom ou Fate/Zero. C’est d’ailleurs Gen Urobuchi, scénariste des deux jeux vidéo précédemment cités que vient l’idée de départ. Le scénario étant l’œuvre du productif Yasuko Kobayashi (Claymore, Witchblade, Death Note, Guyver : The Bioboosted Armor et prochainement le film Trigun). Première bonne nouvelle, c’est vers un public adulte que Blassreiter se destine, comme le souligne le superbe chara design de Naoyuki Onda (Gantz, Ergo Proxy) et un niveau de violence assez haut pour une production TV. Sans être trash comme certains des visual novel Nitro+, la série est parfois très dure à encaisser où l’injustice peut pousser au meurtre ou au suicide. Seconde bonne nouvelle : le script, très surprenant, alors qu’il part d’un postulat de base archi rebattu.

On pense tout de suite à Guyver, pour le côté “super soldat” et l’armure qui ne fait qu’un avec le corps. Mais alors que le scénario aura pu se cantonner à une succession d’affrontements contre des ennemis toujours plus forts, Urobuchi et Kobayashi misent sur des partis pris audacieux. L’histoire ne présente par exemple aucun véritable héros principal. On est clairement de l’ordre de l’œuvre chorale puisque si au début l’intrigue est centrée sur le trio Gerd/Joseph/Hermann, on part rapidement dans toutes les directions (avec un reboot général en plein milieu !). Un choix délibérément osé pouvant vite mettre le désordre dans le script. Ce qui n’arrivera, ô miracle, jamais. Bien que Joseph Jobson, alias Blue, ait l’étoffe d’un héros principal, il reste quasiment tout le temps au second plan. Aussi discret que son caractère. Ce fonctionnement permet ainsi de se débarrasser plus facilement d’un personnage. Ne vous attachez pas trop à eux car la mort guette souvent dans Blassreiter. À ce titre, on se souviendra encore du formidable épisode 12 au climax digne d’une fin de série (avec Brad et Alvin en mode héroïque) ! Malgré la quantité de protagonistes injectés au fur et à mesure dans l’histoire, ils sont tous utiles à l’évolution de celle-ci (Les Cavaliers de l’Apocalypse notamment). Et même si la relation amitié/haine liant Joseph et Xargin (mixte du Suitengu de Speed Grapher et de Ashley Dinks de Solty Rei), est un grand classique de l’animation japonaise, cela fonctionne une nouvelle fois ici grâce à des flashbacks savamment distillés. Parmi les points originaux, on retiendra le lieu où se situe l’action : une petite ville allemande. Elle donne un cachet géographique unique à l’ensemble (cela change des mégalopoles futuristes), d’autant plus que l’époque est un mélange entre un futur proche et le 19ème siècle (voir les passages lacrymaux digne des Misérables de Victor Hugo).

On remarque aussi rapidement que la religion à une importance capitale dans le récit. Il faut voir le nombre ahurissant de symboles christiques disséminés un peu partout de façon plus ou moins subtile. D’ailleurs beaucoup de séquences se déroulent aussi dans des églises. Le XAT a même élu domicile dans l’une d’elle. Il est aussi question d’apocalypse (lancé par Xargin) et d’Élu (Joseph, dont le prénom n’est pas anodin). Mais quel est le but de la manoeuvre ? Tout d’abord, d’installer une vraie mythologie via ces références. Après, il est toujours délicat de mettre en avant les diverses croyances spirituelles, surtout quand il s’agit de questionnement sur l’existence de Dieu, sur la foi. Au fur et à mesure que nos héros deviennent simples témoins ou victimes des horreurs de la guerre dans laquelle ils se retrouvent embarqués, ils perdent peu à peu l’espoir, et donc leur foi. Et si la série finit sur une note d’espoir, ce qui pourrait nous faire conclure que Blassreiter est une série clairement pro cléricale, les auteurs évitent tout manichéisme. Ainsi, ils n hésitent par à pointer du doigt l’extrémisme que les croyances religieuses peuvent engendrer. Ainsi, la Zwölf, groupuscule religieux luttant contre les Amalgames apparaît comme à peine meilleur que les créatures qu’ils combattent. Mais rassurez-vous, Blassreiter est loin d’être aussi ennuyeux qu’un sermon de curé (blasphème !) puisque c’est avant tout une pure série animée d’action. Ichiro Itano pousse encore plus loin l’utilisation de la 3D afin de proposer des séquences d’un dynamisme ahurissant tout en gardant une lisibilité exemplaire (le storyboard est sacrément réussi). Ainsi, Blassreiter propose des mano à mano aussi immersifs et spectaculaires que les combats aériens de Macross Frontier (qui avait déjà placé la barre très haute). Il faut juste s’habituer aux CGI, qui prennent une place très importante (les personnages, mais aussi le décor) et qui ne sont pas toujours bien intégrés au reste.

Qu’importe, ce n’est pas tous les jours qu’une série propose des séquences aussi jubilatoires que le combat Joseph/Béatrice ou la bataille en chute libre des Cavaliers de l’Apocalypse. Blassreiter, série bourrine, mais loin d’être idiote aussi. Oubliez les récents ratages du studio Gonzo, on tient là, la surprise de 2008.
17 novembre 2008 à 12:11 (#)
J’ai adoré cette série !
Elle évolue et nous entraine doucement vers un apothéose.
Génial
17 novembre 2008 à 10:26 (#)
perso j’ai regardé les 3 premiers eps et j’ai trouvé cette série vraiment mauvaise.
cela n’engage que moi évidemment
18 novembre 2008 à 03:05 (#)
Ce n’est pas du tout le genre d’anime que je regarde habituellement, mais je vais peut-être y jeter un coup d’oeil…
25 novembre 2008 à 03:23 (#)
J’ai vu les 7 premiers épisodes et j’adore.
On ne peut pas juger la série “mauvaise” quand on s’est contenté de regarder que 3 épisodes.
25 novembre 2008 à 06:25 (#)
Tout a fait d’accord cette série est vraiment sympathique. L’histoire est intéressante ; les personnages charismatiques et les combats sont dignes et aussi époustouflants qu’un KARAS.
5 décembre 2008 à 09:54 (#)
salut^^moi je le bien aime^^
et j’ai une question,dans l’épisode 16 quand herman prend la moto (triple 6) quelqu’un c me dire le titre de la muss elle cartonne
12 décembre 2008 à 11:15 (#)
Avis purement personnel.
Le début commençait très bien avec une histoire de pseudo-vampire mécanique mais au bout de la moitié de l’anime comme beaucoup de production gonzo ça devient fade et on nous ressort tous les gros clichés insipides sur fond d’apocalypse.
Les quelques japonais de l’anime qui se déroule dans une sorte d’allemagne sont béatifiés au maximum (shido et joseph).
Bon ok on a compris qu’il fallait présenter les japonais comme des super héros vu que l’histoire ne se déroule pas au Japon.
Sinon côté technique c’est du très bon.
C’est rare de voir des images de synthèse aussi bien utilisé.
La BO est entrenante.
L’animation très fluide.