Black Lagoon
21 janvier 2007 | Par Zak | Publié dans Critiques | 7 commentaires | lu 310 fois
Des mercenaires, des gros guns, des explosions, des mafiosos timbrés et un employé de bureau perdu au beau milieu de tout ça, voici le menu de Black Lagoon, adaptation du manga éponyme de Rei Hiroe (dont le 6ème volume est en cours) par Madhouse Studios. À la réalisation (et au scénario) on retrouve Sunao Katabuchi, ex-collaborateur de d’Hayao Miyazaki (il fut scénariste sur Sherlock Holmes et assistant réalisateur sur Kiki, la petite sorcière) et récemment auteur du long-métrage Princess Arete. Initialement composé de 12 épisodes (diffusés d’avril à juin 2006), la série s’est vue rallonger d’une saison supplémentaire (The Second Barrage) seulement quatre mois plus tard. Le succès et la popularité de la série en étonnèrent plus d’un. La recette de cette réussite : de l’action, de l’action et encore de l’action…

Rokurô Okajima est un jeune diplômé travaillant comme employé de bureau dans une grande entreprise nippone. Menant une vie paisible et sans histoire, il va voir son existence bouleversée lorsque le bateau dans lequel il se trouve est attaqué par une bande de pirates des mers. Leur cible : un disque que Rokurô est censé livrer pour son employeur. Emmené de force sur le Black Lagoon, le vieux torpilleur des pirates, Rokûro apprend rapidement que son employeur désire plus récupérer le disque que sa personne. Abandonnant sa vie monotone de “salary man”, il devient Rock, le nouveau membre du Black Lagoon. Avec l’aide de Dutch, Levi et Benny, il va se retrouver propulsé dans un monde d’aventures dont il ne soupçonnait pas l’existence… Découpé en petites histoires indépendantes de plusieurs épisodes, Black Lagoon ne suit aucun véritable fil rouge (hormis peut être l’intégration de Rock au sein de l’équipage). L’animé prend place à Roanapura, la cité du vice des mers d’Asie du Sud-Est (en Thaïlande exactement). Un lieu de perdition, dominé par les groupes mafieux, rappelant fortement la ville de Gungrave. En effet, on s’aperçoit rapidement que les deux séries partagent de nombreux points communs. Tout d’abord, ils sortent tous deux du même studio. Ensuite, il n’est donc par étonnant de voir parmi le staff technique le chara designer Shino Masanori et le directeur de l’animation Toshiyuki Sugano (qui était passé par Trigun auparavant aussi). Enfin, le directeur artistique Hidetoshi Kaneko s’inspire fortement du travail d’Hideyuki Ueno et Tomoyuki Shimizu pour la création de l’univers visuel de l’ensemble : ville sale et peu accueillante, chaleur étouffante et omniprésente et un cadre balnéaire.

Les séquences d’action renvoient aussi à Gungrave et donc au cinéma de John Woo (Chan, un des parrains mafieux, est un clone du Chow Yun-Fat du Syndicat du crime). Levi, la flingueuse de la bande est surnommée “Two Hands” pour les deux pistolets qu’elle utilise au combat. Les gunfights sont le plus souvent opératiques, spectaculaires (celui de l’épisode 2 avec le lance-grenades !) et au final diablement jouissif. On a d’ailleurs encore droit à une balle coupée en deux par un sabre (rappelez-vous de Bear Walken dans Gungrave). Mais la comparaison avec Gungrave s’arrête ici. Black Lagoon n’est pas une saga mafieuse aux consonances lyriques mais plus un divertissement primaire très second degré. Les punchlines sont légions (“Tu veux que je te montre comment fumer par le front”) et rappellent fortement un certain cinéma d’action américain des années 80 (d’ailleurs Levi semble fan de ce cinéma). Ainsi, nos héros croisent un panel de personnages délurés comme ces nonnes trafiquantes d’armes (dont la mère supérieure arbore un bandeau à la “Snake Plissken”) ou cette servante indestructible aussi balèze que le T-1000 de Terminator 2 (portnawak !). Avec sa “fuck you attitude”, Levi ridiculise Lara Croft à plate couture (difficile de ne pas y penser…). Si le personnage en lui-même est finalement assez stéréotypé (Jo de Burst Angel était totalement identique sauf au niveau du tour de poitrine !), il est difficile de ne pas apprécier le jeu très inspiré de Megumi Toyoguchi (Winry dans Fullmetal Alchemist dans une registre très éloigné). Rock, quant à lui, est en quelque sorte le point de vue du spectateur. Même s’il évolue au cours de l’histoire, il reste droit et s’implique rarement dans les affrontements (normal, vous me direz). Plutôt inutile, Rock fait la morale à longueur de temps (en particulier à Levi à cause de ses penchants meurtriers) et s’avère finalement énervant (car politiquement correct). Quant à Dutch et Benny, ils jouent parfaitement leur rôle respectif de boss et d’expert en informatique même si lors de la seconde saison ils se cantonnent uniquement à de la figuration. En revanche, les épisodes de la deuxième saison mettent plus en avant - à juste titre - le personnage de Balalaika, ex-militaire défigurée et actuelle patronne de la mafia russe.

La qualité des différents segments est loin d’être constante. Si le remake avoué de Assaut de John Carpenter est un monument d’action débridée (Levi doit se battre contre un pyromane, une tarée notoire fan de Leatherface et d’autres psychopathes attirés par l’appât du gain), les autres histoires sont loin d’être irréprochables. Celle avec les néo-nazis tournent rapidement à la gaudriole (malgré quelques bonnes répliques : “Salue le Führer de ma part”). Le segment avec le gamin kidnappé est peu passionnant (hormis la course-poursuite avec la servante). De même, la toute dernière histoire (clôturant le 5ème volume du manga) manque singulièrement de rythme malgré quelques fulgurances (l’attaque du bowling et le combat final) et une localisation des voix appréciable (Levi parle anglais et Rock fait office de traducteur). Inversement, l’histoire tournant autour des deux gamins serial killer (avec une belle référence à Monster) mérite à elle seule la vision de la série. On en arrive même à avoir pitié d’eux, malgré toutes les horreurs qu’ils ont commises. C’est très déstabilisant. Au final, Black Lagoon s’avère plutôt décevant dans l’ensemble même si les épisodes passent comme une lettre à la poste. Les différents segments sont inégaux, certains personnages intéressants trop vite écartés (Dutch) et on reprochera surtout à la série d’être trop simple (du bourrinage et puis… c’est tout). À contrario, la bonne humeur communicative du quatuor de héros, les scènes d’actions explosives, la violence graphique omniprésente (pas d’édulcoration, ouf, cela devient pourtant une sale habitude dans les séries actuelles), la qualité irréprochable de l’animation et le meilleur opening de l’année passée nous rappelle rapidement que nous sommes devant un titre bien au-dessus de la moyenne. Light up the fire, right on the power !
12 avril 2007 à 06:44 (#)
Particulièrement je ne trouve pas cet anime décevant bien au contraire.
Je trouve qu’il sort du train train quotidien de tout les animes de "gros flingues" et autres. Pour une fois le spectateur ne peut pas véritablement se comparer à un des personnages (en considérant que la majorité des personnes regardant des animes sont entre 12 et 24 ans selon les sondages que j’ai eut l’occasion de lire).
Pour ma part j’ai trouvé très amusantes les réactions que les personnages pouvaient avoir en fonction de la situation.
Je dois aussi avouer que le personnage de Levi ne sort pas de l’ordinaire; il revoit totalement l’image de la femme donnée dans la majoritée des animes (du moins de ceux que j’ai pu voir).
Il est certain que beaucoup de scène sont bien plus qu’exagérées mais cela donne le contraste avec la réalité qui m’a particulièrement plût.
Pour finir cet anime m’a laissé sur ma faim comme beaucoup de personnes à ma connaissance qui attendent toujours une suite dont je ne pense pas qu’elle verra le jour.
30 août 2007 à 07:11 (#)
J’ai complètement accroché dès le premier épisode, beaucoup d’action, des dessins vraiment magnifiques, y’a tout pour me plaire.
En plus, on s’attache beaucoup aux personnages, je trouve.
1 septembre 2007 à 10:38 (#)
Moi j’ai craqué il est dément cet Anime et je parcours le web à la recherche de sites qui en parlent et à chaque fois je fais le meme constat : Et la relation entre Rokurô et Levy ? Je ne parle pas du syndrome de l’otage mais plutot de cette relation <<impossible>> entre deux personnages qui me font carrement penser aux deux faces d’une piece et bien je trouve ça grandiose.
2 septembre 2007 à 10:36 (#)
Ce n’est pas comme si c’était quelque chose de nouveau… Ce genre de relation "je t’aime moi non plus" doit bien exister depuis un quart de siècle au cinéma (ah la grande époque de L’Arme Fatale…). De toute façon, Black Lagoon n’a rien apporté de nouveau, c’est juste du divertissement décérébré (heureusement ça fonctionne bien de ce côté là).
2 septembre 2007 à 09:56 (#)
Oui on est d’accord mais là il s’agit de deux personnes qui n’ont rien en commun un peu comme si l’un representait le bien et l’autre le mal et pourtant une relation nait ce qui est pour moi different des protagonistes habituel qui ne peuvent pas se pifrer enfin voilà j’avais trouvé ça interessant.
3 novembre 2007 à 01:27 (#)
Je ne trouve pas la série décevante, bien au contraire, je ne me suis jamais ennuyée en regardant un épisode, et comme il n’a pas vraiment de trame principale, c’est pas prise de tête…
La série dispose d’une gallerie de personnages tous plus sympas les uns que les autres, des histoires plus ou moins poignantes (plus particulièrement celle des jumeaux… T^T), de l’action à gogo, et de très bons génériques. La seule chose qui pourrait manquer serait la musique, assez discrète et pas de thèmes remarquables…
C’est donc un anime que je conseille vraiment (à l’exception des âmes sensibles ^^").
J’attends avec (grande) impatience une troisième saison, pour voir comment le relation Rock-Revy va tourner… <3
7 décembre 2008 à 11:56 (#)
Black lagon est un bon divertissement.
On ne peut pas vraiment dire que cet anime à un scénario très travaillé (quoi que…), en revanche on prend plaisir à le regarder car même si il n’y à pas de grande intrigues les scènes d’actions et les dialogues entre personnages sont intéressant(e)s.
Pour conclure c’est un bon anime selon moi.