Baccano!

8 mars 2008  |  Par Zak  |  Publié dans Critiques  |  11 commentaires  |  lu 1 975 fois

baccano_logo.jpgÉté 2007, un véritable OVNI débarque sur les écrans nippons dans une indifférence quasi générale. Il s’agit de Baccano!, nouvelle production du studio Brains Base (Kamichu!, Innocent Venus) et adaptation d’une série de romans populaires de Ryohgo Narita. 13 épisodes dirigés par Takahiro Omori, réalisateur prolifique enchaînant titre sur titre pour des studios différents depuis 2004 (Gakuen Alice, Koi Kaze et dernièrement les deux saisons de La Fille des Enfers chez Studio Deen). Il retrouve ainsi une bonne partie du staff de Koi Kaze : Makoto Yoshimori à la musique, Takahiro Kishida au chara design et surtout Noboru Takagi, un des scénaristes de série animée les plus doués en activité (si Jigoku Shôjo Futakomori est si bon comparé à la première saison, c’est notamment grâce à lui).

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En 1711, des alchimistes en route pour le Nouveau Monde, obtiennent du Démon un élixir de vie qui leur confère la vie éternelle. Peu après, certains d’entre eux sont décimés dans l’ombre par l’un des leurs, qui reste impossible à identifier. Pour garantir la pérennité du plus grand nombre, le groupe décide alors d’un commun accord de se disperser aux quatre coins du monde. Quelques siècles plus tard, dans l’Amérique de la Prohibition, les immortels se retrouvent de nouveau. Mais les circonstances ne sont plus les mêmes, la ville est désormais le repère des gangsters et plusieurs centenaires ont fait leur nid dans la mafia… Baccano! est, sans conteste, la surprise de l’année 2007. Personne n’attendait un tel degré de réussite venant d’une aussi petite structure que Brains Base. Néanmoins, il faut s’accrocher pour emmagasiner toutes les informations délivrées par les premiers épisodes. Aussi déconcertant que jouissif, Baccano! présente un nombre incalculable de trames et de personnages. La narration, éclatée et déstructurée, alterne entre les époques (1930, 31 et 32) au sein d’un même épisode tout en restant totalement cohérente. Si l’histoire principale se déroule dans le Flying Pussyfoot, un train reliant Chicago et New York, on bascule fréquemment vers d’autres intrigues n’entretenant aucun rapport avec celle-ci. Ainsi, on assiste à une guerre de pouvoir entre les clans mafieux de New York (Gungrave n’est pas loin), tandis qu’un alchimiste convoite la formule d’un élixir d’immortalité, une jeune femme recherche son frère disparu, sans oublier les aventures et mésaventures d’un couple de voleurs excentriques… Il n’est pas étonnant non plus de suivre une même scène selon différents points de vue, changeant ainsi totalement la perception que l’on avait de celle-ci auparavant.

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Outre la complexité narrative évidente, la grande force de Baccano! est aussi sa galerie de personnages tous plus délurés les uns que les autres : Jacuzzi, le pleurnichard qui, dans les moments critiques, est capable de devenir un véritable héros ; Ladd, le tueur à gages amoureux de son métier, qui prend un plaisir non dissimulé à tuer ceux qui se croient le plus en sécurité ; Firo, le nouveau membre de la mafia au style de combat exceptionnel ; Czeslaw, le gamin immortel complètement paranoïaque, qui a vécu les pires tortures possibles et inimaginables… Vous l’aurez compris, on est loin, très loin, des clichés habituels. Malgré son chara design de shônen, Baccano! est une œuvre ultra violente, décomplexée, graphique voir carrément malsaine par moment… Tout en restant indéniablement fun tout le long. Il suffit de voir Ladd se débarrasser de plusieurs adversaires armés avec le sourire aux lèvres et finir par défoncer, au sens propre du terme, la tête du dernier débout… Pour ensuite s’amuser à faire parler son cadavre ! La trame principale de Baccano! fonctionne sur un whodunit. En effet, derrière la multitude de sous-intrigues se déroulant à l’intérieur du Flying Pussyfoot, un mystérieux “fantôme”, le Rail Tracer, sème la terreur. On pense alors à une version sous acide du Crime de l’Orient Express mélangé avec un pur récit horrifique bien vénère. Encore une fois, on frôle le génie dans la caractérisation de ce personnage dont je ne dévoilerai évidemment pas l’identité. Seul bémol dans tout ce joyeux foutoir : sa trop courte durée. Tous les protagonistes ne bénéficient pas de la même attention et certains sont clairement sous-exploités (Firo par exemple).

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Cependant, Brains Base ne va pas s’arrêter là puisque des épisodes supplémentaires sont prévus en DVD. Malgré le timide succès de la série, le jeune studio compte bien satisfaire les nombreux fans qui restent. Tant mieux car Baccano! est aussi jubilatoire que du Tarantino sur péloche (on pense beaucoup à Pulp Fiction), doublé d’une œuvre jazzy (l’opening est un délice), conceptuelle et pirandellienne quasiment inédite en japanimation. Comment ça, aucun éditeur français n’est dessus pour l’instant ?

Commentaires

  1. Gekkou dit :

    11 mars 2008 à 10:19 (#)

    Je me prononcerai sur la série quand je la regarderai, mais j’ai écouté l’opening et j’adore !

  2. Alex! dit :

    13 mars 2008 à 09:29 (#)

    Pour moi, c’est la surprise de 2007 (devant TTGL, si si). Plus qu’à espérer une seconde saison ou qu’un (bon) éditeur récupère la licence.. ou les deux, soyons fou.

  3. PR dit :

    23 mars 2008 à 10:02 (#)

    Ca faisait longtemps que j’avais pas vu un anime aussi jouissif. A découvrir de suite …

  4. shinta_ dit :

    10 avril 2008 à 02:24 (#)

    J’ai fini l’anime il y aune semaine et je le trouve frantastico et la musique est terrible !

  5. Aki Elric dit :

    24 avril 2008 à 10:19 (#)

    que dire d’autre ? Baccano! est un anime que j’ai connu par le biais d’une amie de l’étranger et je ne regrette pas ! Au départ, je galèrais avec les noms des personnages mais on s’habitue ! Puis c’est vraiment drôle tout en traîtant un sujet type historique. Avant, je détestais le jazz, ça n’est plus le cas ô_ô A recommander à tout prix ! Et à quand la licence française :p

  6. Meristeme dit :

    14 juillet 2008 à 07:48 (#)

    Une série dans la veine de cowboy bebop, exceptionnel! Une qualité rare : musique, dessin, scénario, charisme des personnage; rien a redire. Vivement la licence pour avoir les DVD. J’espère que nous aurons l’occasion d’avoir d’autre anime dans cette veine prochainement.

  7. Zak dit :

    14 juillet 2008 à 08:30 (#)

    A noter que 3 épisodes en plus sont sortis avec les éditions DVD au Japon (pas encore vu par contre).

  8. Koukishin » Baccano! 01 dit :

    16 juillet 2008 à 08:21 (#)

    [...] Via [...]

  9. //Seryth dit :

    29 août 2008 à 08:42 (#)

    Baccano est pour moi un chef d’oeuvre, on pourrais écouter et voir l’intro facilement une vingtaine de fois sans s’en lasser, et les pitreries d’Issac et Maria m’on données le sourire pour au moin la fin de ma vie. Je le recommande vivement !

  10. yue dit :

    6 février 2009 à 10:39 (#)

    Franchement, Baccano! est rentré dans mon top 5 des animes en moins de 3 épisodes. Bien que la narration est difficile a suivre, quand on a vu tout les épisodes, on a un déclique sur ceux qu’on a vu avant et au final, j’ai trouvé que la façon de présenté des scènes a certains moments permet une certaine logique pour que l’on ne les oublis pas en route (ou a le droit a un énième flashback… =_= )
    Le seul point négatif que j’ai trouvé dans cet anime est dans le 1er épisode: l’introduction, assez gavante.

  11. markese dit :

    19 février 2009 à 07:05 (#)

    peu connu du grand public, Baccano reste quand meme phenomenale!
    je le recommande a tout le monde.

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