Avatar, le dernier maître de l’Air (Livre I et II)
11 février 2008 | Par Zak | Publié dans Critiques | 1 Comment | lu 1 426 fois
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S’il existe bien une série animée de nationalité américaine qui fait parler d’elle en ce moment, c’est bien Avatar : The Last Airbender (le dernier maître de l’Air chez nous) de Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko. Produite par Nickelodeon, la série débuta dès 2005 et compte au total trois saisons (la dernière est encore en cours de diffusion aux Etats-Unis) dont deux ont été diffusées en France dans l’émission TF! Jeunesse sur TF1. Inspirée par les séries japonaises, Avatar rivalise sans problème avec les shônen du moment avec un plus non négligeable : une technique qui enfonce celle des Naruto et autres Bleach. Prenez-en de la graine Studio Pierrot et consorts !
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Prisonnier d’un iceberg depuis un siècle, Aang, un garçon d’une douzaine d’années, est libéré des glaces par deux jeunes membres de la Tribu de l’Eau du pôle sud, Katara et Sokka. Aang a une destinée hors du commun : il est l’Avatar, l’élu chargé de garantir l’équilibre entre les maîtres des quatre éléments. Ceux-ci sont répartis en quatre civilisations: les Tribus de l’Eau, le Royaume de la Terre, la Nation du Feu et les Nomades de l’Air. Toutefois, sa tâche se complique lorsqu’il découvre que la Nation du Feu a profité des cents ans passés pour semer la guerre et la destruction. Et ce, pour étendre son emprise sur les trois autres peuples. Aang est le seul à pouvoir rétablir l’ordre au sein de l’univers. Néanmoins, il doit commencer par apprendre à maîtriser tous les éléments. C’est le seul moyen d’accomplir sa destinée… Comme cet article se basera sur les deux premières saisons de la série (soit 40 épisodes sur les 60 au total), ce ne sera pas un jugement définitif sur la série. La troisième et dernière saison fera l’objet d’un article à part qui fera office de conclusion. Conçu comme une variante américaine des shônen japonais, Avatar se déroule dans un univers fortement influencé par la culture asiatique. La série mélange par exemple les différents mythes, philosophies et religions. Ainsi, le concept même de l’ »Avatar » est tiré de la mythologie hindoue, tandis que les Nomades de l’Air évoquent les bouddhistes tibétains. Les arts martiaux tiennent une place prépondérante puisque chaque nation utilise des techniques inspirées de véritables styles de combat (Tai-chi-chuan pour les maîtres de l’eau, Shaolin pour les maîtres du feu…). Enfin, bien qu’étant une œuvre de pure fantasy, l’univers visuel de Avatar reste tout à fait crédible car s’inspirant de différentes sociétés orientales et plus généralement asiatiques.
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Alors que les shônen ciblent principalement un public adolescent (trop violent pour les enfants et pas assez « complexe et recherché » pour les adultes), Avatar se destine à tous les âges. La série se distingue de ses modèles japonais en évitant nombre poncifs du genre. Pas question par exemple d’étirer les intrigues et les combats en longueur. Les épisodes sont souvent indépendants les uns des autres, tout en gardant toujours un lien avec la quête principale. Les personnages sont en perpétuelle évolution, aussi bien physiquement que psychologiquement (on regrettera en revanche que les pouvoirs de Katara augmentent trop rapidement pour être crédibles). Zuko, le fils de l’Empereur de la Nation du Feu, est sans nul doute le personnage le plus dense et le mieux écrit de la série. Défiguré et renié par son propre père, puis ensuite banni de son pays, Zuko ne pense plus qu’à capturer l’Avatar et ainsi retrouver son honneur perdu. Une quête qui se transforme rapidement en obsession et sans la présence et le réconfort de son oncle Iroh, Zuko sombrerait assurément dans les méandres d’une folie destructrice. Malgré son arrogance, Zuko reste un personnage très attachant du fait de l’ambigüité qui le caractérise (va-t-il finir par aider l’Avatar au final ?). Aang est en revanche un héros profondément positif, disposant d’une psychologie finalement assez sommaire dont la naïveté et la bonne humeur communicative rappelle beaucoup le Goku de Dragon Ball. De plus, ses exceptionnelles capacités martiales donnent lieu à des séquences d’actions souvent renversantes. Sokka assure le spectacle humoristique avec ses sarcasmes et sa maladresse, tandis que Katara et Toph jouent les personnages féminins consistants, bien loin des « pots de fleurs » ou autres « demoiselles en détresses » que l’on retrouve habituellement dans les shônen.
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Non seulement Avatar évite les clichés inhérents des shônen, mais en plus la série dispose d’un aspect technique quasi irréprochable. Les décors changent à chaque épisode et fourmillent de détails. L’animation n’est pas en reste puisque rares sont les moments où ça ne bouge pas à l’écran. La maîtrise des arts martiaux se voit réellement chez les personnages. Ce qui donne des affrontements à la fois réalistes et fantaisistes. Notamment grâce à l’utilisation des pouvoirs issus des quatre éléments, offrant ainsi des possibilités quasi infinies en termes de techniques de combat (l’interaction avec le décor est récurrente par exemple). Certaines séquences d’action sortent du lot comme le combat dans les arbres entre Aang et Jet ou celui contre le Roi Bumi dans le Livre I. Sans oublier bien évidemment tout le climax au pôle Nord, faisant littéralement référence à la bataille de Hoth dans L’Empire contre-attaque. Le Livre II n’est pas en reste avec l’introduction de la sœur de Zuko, Azula et sa maîtrise de l’électricité. Le duel à trois entre Aang, Zuko et Azula dans le village abandonné évoque au début Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone avant de virer à la baston acrobatique tout droit sorti d’un film de Tsui Hark. Ainsi, les péripéties du second Livre vont encore plus loin et repoussent les limites atteintes dans le premier Livre (la bataille contre la foreuse aux remparts de la capitale Royaume de la Terre est tout simplement exceptionnelle). Malheureusement, la condition d’œuvre « tout public », voir de « destiné aux enfants » rattrape Avatar et l’empêchera inexorablement d’être un futur classique dans son genre. Notamment sur le fait que nos héros paraissent trop forts et jamais en réel danger. Les situations ne sont jamais déstabilisantes pour le spectateur et lorsqu’il y a un mort à déplorer – ce qui arrive très rarement – c’est généralement un personnage secondaire que l’on aura oublié cinq minutes plus tard. On suit alors les épisodes sans jamais être bousculé émotionnellement, ce qui laisse tout de même un méchant arrière goût de coquille vide.
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Quoi qu’il en soit, Avatar reste une série très ludique, spectaculaire, incroyablement bien réalisée et dotée de personnages hauts en couleurs. Le perfectionnisme apporté à la création d’un univers solide et crédible mérite aussi d’être souligné. Reste la grande question en suspens : est-ce que la dernière saison conclura la série en beauté ? La fin du second Livre s’est avérée assez décevante comparé au reste. Le choix de Zuko de suivre sa sœur paraît complètement stupide alors que celle-ci l’avait trahi auparavant. On finit l’épisode avec la nette envie de lui en coller deux dans la tronche. Malgré cela, la bataille finale s’annonce épique et on attend déjà de pied ferme de voir Aang foutre une raclée à l’Empereur du Feu. Rendez-vous bientôt sur TF1 pour la suite… Comme quoi, entre deux dessins animés niaiseux, les chaînes de télévisions françaises sont encore capables de proposer des programmes de qualité pour enfants (et les plus vieux). Gageons que d’autres titres du même genre suivront la marche…
17 décembre 2010 à 01:11 (#)
Wonderful article, i wish can know significantly details About it.